santé

    L’asthme, une maladie qui coupe le souffle

    On ne le sait pas forcément, mais l’asthme peut survenir à tout âge, et notamment au moment de la ménopause.

    Publié le 
    23 Juin 2014
     par 
    Saskia Galitch

    Très répandu en Suisse, l’asthme touche au moins un adulte sur quatorze. Pourtant nombre d’entre eux ne réalisent pas qu’ils souffrent de ce trouble respiratoire chronique, ignorant que ce mal ne survient pas uniquement pendant l’enfance mais peut se développer plus tardivement. Selon la «Revue médicale suisse», sur 100 000 nouveaux cas annuels, un tiers des diagnostics concernent «des plus de 18 ans», souvent des femmes âgées de 40 à 50 ans. Comment savoir si on est atteint de cette maladie? Le cas échéant, peut-on en guérir? Et peut-on la prévenir? Le point avec le Professeur Thierry Rochat, médecin-chef du service de pneumologie des Hôpitaux universitaires de Genève.

    Qu’est-ce que l’asthme?

    Il s’agit d’une maladie pulmonaire dont on ne sait pas vraiment ce qui la déclenche. Evoluant par crises plus ou moins aiguës, elle peut aussi bien se résorber que durer des années, voire toute une vie. Elle associe un spasme des muscles bronchiques et une inflammation des voies respiratoires avec production de mucus. Ce double phénomène aboutit à un rétrécissement des bronches et, du coup, à la réduction du passage de l’air. Concrètement, on a la même sensation que quand, nez bouché, on respire avec une paille!

    Les allergies sont responsables… ou pas!

    Il existe deux types d’asthme. Ils «fonctionnent» selon un mécanisme identique mais ne sont pas provoqués par les mêmes déclencheurs. Le premier, allergique, est une réaction à toutes sortes d’allergènes (pollens, poussières, gazon tondu, chiens, chats, chevaux…). Il touche particulièrement les enfants. Le second, dit «intrinsèque», représente environ un tiers des asthmes de l’adulte. Il survient à l’occasion d’un rhume ou d’une bête petite infection virale sans qu’il y ait d’allergie quelconque, donc sans raison apparente.

    La ménopause en cause?

    Sachant, d’une part, que 20% des asthmes féminins commencent à la périménopause et, d’autre part, que des bouleversements hormonaux tels une grossesse ou un accouchement peuvent aggraver ou au contraire alléger un trouble existant, on pourrait facilement imaginer que les hormones ont un potentiel de déclencheur asthmatique. Mais non. Car comme l’explique le Professeur  Rochat, le type «tardif» est surtout lié à un déséquilibre du système immunitaire… dont on ne sait pas pourquoi il se dérègle tout à coup!

    Les symptômes d’alerte

    Maladie sous-diagnostiquée et souvent insuffisamment traitée, l’asthme est très «personnel», en ce sens qu’il varie d’un individu à l’autre. Néanmoins, des essoufflements fréquents et sans raison, une respiration sifflante, de longs épisodes de toux, des quintes violentes pendant un exercice physique, des épisodes de bronchite à répétition ou encore des difficultés respiratoires en présence d’allergènes (pollens, poussières, etc.) et de fréquentes sensations d’oppression thoracique sont à prendre au sérieux et doivent amener à consulter. Grâce à divers examens, notamment en mesurant le débit du souffle à différents moments de la journée, le médecin pourra poser un diagnostic et agir en conséquence.

     

    Il y a prévention et prévention

    Un asthmatique ne doit en aucun cas culpabiliser: probablement prédisposé génétiquement à un dérèglement de son système immunitaire, il n’est pas responsable de son état. Et même en menant la vie la plus saine possible, il n’aurait rien pu faire contre la survenue de sa maladie. En d’autres termes, la prévention primaire est impossible. En revanche, une fois l’asthme déclaré, on peut cerner les situations à risques et, partant, faire en sorte de les éviter afin de diminuer le nombre de crises.

    Une maladie qui s’apprivoise

    On peut vivre longtemps et bien avec un asthme… moyennant quelques efforts pour l’apprivoiser. Accompagnée par un médecin de confiance, la démarche peut s’avérer plus simple que redoutée. Concrètement: le premier pas – le plus difficile! – consiste à accepter qu’on est atteint d’une maladie chronique qui peut durer des années, voire toute sa vie. Ensuite, avant d’apprendre à suivre un traitement (ponctuel et/ou de fond), il est important de comprendre comment cet trouble fonctionne en général et sur soi en particulier: est-on sensible à des allergènes, à la fumée ou à des polluants? Les crises surviennent-elles pendant des séances de sport? Quand l’air est froid? Bref, de nombreux paramètres entrent en jeu, dont il faut tenir compte pour adapter son mode de vie et éviter au maximum tous les «asthmatogènes».

    Petits conseils pratiques

    Evidemment, il y a autant d’asthmes que d’asthmatiques. Néanmoins, quelques recommandations sont valables pour le plus grand nombre.

    Eviter la fumée Les cigarettes contiennent de puissants irritants qui, en augmentant l’inflammation et la production de sécrétions, ont tendance à accentuer la fermeture des bronches. Par ailleurs, il est aujourd’hui démontré que la cortisone à inhaler, traitement de base de l’asthme, est moins efficace chez le fumeur.

    Apprendre à contrôler son stress De par les sensations d’étouffement et d’asphyxie qu’elle provoque, une crise d’asthme génère souvent une grande anxiété. Une meilleure connaissance de soi et de la maladie ainsi que la pratique de techniques de relaxation, de yoga ou de sport peuvent aider à mieux gérer le stress et l’angoisse.

    Faire du sport Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les activités physiques sont encouragées… Cela dit, histoire d’éviter la survenue d’une crise due à l’effort – phénomène très fréquent – le sportif devra prendre un bronchodilatateur 10 à 15 minutes avant la course et faire un échauffement.

    Voyager, mais pas n’importe comment Avant le départ, on consulte son médecin et on n’oublie pas d’emporter suffisamment de médicaments. On garde l’ordonnance avec soi (au cas où…) et on ne se refuse pas une assurance de rapatriement sanitaire.

     

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