santé

    Quel lait a le meilleur bilan écologique?

    Certaines informations contradictoires ont attisé récemment les controverses autour du lait sur Internet. Si celui de vache est critiqué par les nutritionnistes, celui d'amande serait un désastre écologique. Pas si sûr...

    Publié le 
    26 Novembre 2015
     par 
    Valérie Fournier

    Les controverses autour du lait n’ont pas fini de nous barbouiller. Boire du lait de vache à l’âge adulte serait une aberration selon certains nutritionnistes, notre estomac n’étant pas fait pour le digérer. En réalité, le nombre de personnes intolérantes au lactose en Europe oscille entre 15 et 25% de la population. Plus subtile que l’intolérance au gluten, ce désagrément atteint les gens à des degrés divers, et il n’est pas forcément obligatoire de renoncer complètement aux produits laitiers. Les fromages à pâte dure n’en contiennent pas ou peu, et leur apport en calcium est bien plus intéressant qu’un simple verre de lait (environ 900 mg pour 100 gr de fromage, contre 120 mg pour 100 ml de lait).

    Malgré la riposte plutôt bien documentée des producteurs de lait, les divers trends autour du bien manger ont rendu les laits végétaux très populaires. Ceux de riz ou d’amande, notamment, meilleurs au goût que le lait de soja. Or, ces modes ont des effets pervers, car ils font augmenter la demande et donc la production de certaines matières premières. Ce fut le cas par exemple des sushis, peu connus hors du Japon il y a 20 ans, omniprésent aujourd’hui  à l’heure de déjeuner sur le pouce. Conséquence: la surpêche et la menace de certaines espèces comme le thon rouge.

    Des chiffres à prendre avec des pincettes

    Dans le cas du lait d’amande, l’article d’un site américain (repris par Slate avant de corriger le tir) avait mis le feu aux poudres en annonçant qu’il fallait 4 litres d’eau pour faire pousser une seule amande. Or, 80% de la production mondiale d’amande provient de Californie, état frappé par de grandes sécheresses. De plus,  les laits végétaux n’ont de lait que le nom, ils sont en réalité fait d’eau à laquelle on ajoute de la farine de riz (environ 14%) pour en faire une boisson au riz, ou de la pâte d’amande (seulement 8%) pour en faire une boisson à l’amande, pour être plus juste dans l’appellation.

    Pour mettre les choses en perspectives, il faudrait peut-être rappeler le coût en eau « virtuelle » d’autres aliments quotidiens: 12 litres pour une tomate, 50 pour une orange, 70 pour une pomme, 130 pour un œuf, 140 pour une tasse de café, 11'000 litres pour un jean, 15'000 pour un kilo de bœuf… Des calculs qui donnent le vertige dans la grande consommation.

    Un bilan 4 à 5 fois moins élevé

    Revenons en Californie, où la culture d’amandes est le fruit à 90% d’exploitations familiales de petite taille très soucieuses d’optimiser leurs ressources. L’installation de système d’irrigation et de récupération a permis de réduire de 33% en 20 ans ces besoins en eau, pour arriver à une empreinte carbone quasi neutre!

    Quoi qu’il en soit, le bilan écologique du lait d’amande reste quatre à cinq fois moins élevé que celui du lait de vaches, l’élevage étant régulièrement mis en cause dans le réchauffement climatique à cause des émanations de gaz des bovins eux-mêmes. Et pour faire un geste de plus pour la planète, on peut aisément fabriquer son propre lait végétal en achetant de la poudre à  mélanger avec de l’eau, ou en investissant dans un appareil type Soyarella qui permet de concocter son jus à base de fèves de soya ou d’amandes. Et tout le monde est content.

    A lire également
    pains et viennoiseries
    Aucun bénéfice à adopter ce type d’alimentation si l’on n’est pas intolérant.
    O
    Voyage
    Le froid, la neige… la météo nous donne envie de nous téléporter sous des cieux plus cléments. C’est le moment idéal pour booker nos futures vacances
    O
    News loisirs
    Pour inviter le soleil dans notre assiette, en découvrant des saveurs venues des quatre coins du monde!
    O
    Cuisine
    Des plats sains, beaux et surprenants: voilà les exigences des foodies du moment.
    O