santé

    10 choses à savoir sur le cholestérol

    On fait le tri entre le vrai et le faux avec le Dr François Jornayvaz, médecin responsable de la consultation des lipides du CHUV de Lausanne.

    Publié le 
    24 Octobre 2016
     par 
    Anne Laure Gannac

    Le cholestérol est une molécule hautement nocive

    FAUX C’est un lipide qui nous est nécessaire car il participe à la constitution des membranes cellulaires. Il est indispensable à la synthèse des hormones (notamment les hormones sexuelles) et de certaines vitamines comme la vitamine D.

    Le cholestérol est exclusivement d’origine alimentaire

    FAUX Selon les critères utilisés, les études considèrent qu’entre 50% et 80% du cholestérol est d’origine endogène, c’est-à-dire fabriqué par le corps, plus précisément par le foie. Seul 20% à 50% serait d’origine exogène, c’est-à-dire alimentaire.

    Il y a le bon et le mauvais cholestérol

    VRAI Il est important de distinguer les HDL des LDL. Les HDL («High Density Lipoproteins») jouent le rôle d’éboueurs des artères: elles ramènent le cholestérol en excès vers le foie où il est transformé puis éliminé. D’où leur surnom de bon cholestérol. Les LDL («Low Density Lipoproteins») ont pour fonction de transporter le cholestérol depuis le foie jusqu’aux cellules. Présentes en excès, elles s’accumulent dans les vaisseaux et forment des plaques qui peuvent boucher les artères. Le risque s’accroît alors de développer des maladies cardiovasculaires telles qu’infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ou insuffisance artérielle des membres inférieurs. D’où leur surnom de mauvais cholestérol.

    En moyenne, le taux de cholestérol ne cesse de grimper dans la population

    VRAI Notre sédentarité et notre alimentation riche en viande, en sucres et en plats précuisinés participent à la hausse du nombre de personnes concernées par des taux de cholestérol élevés. Toutefois, les autorités scientifiques et médicales revoient régulièrement à la baisse les limites dites acceptables du cholestérol. D’où une tendance à la hausse qui serait moindre si les critères officiels ne changeaient pas.

    Le mode de vie joue sur le niveau de cholestérol

    VRAI Le stress semble avoir une influence, comme il en a sur tant de maladies. En outre, tabagisme et sédentarité sont clairement connus comme des facteurs aggravants. De même que l’obésité, le diabète et l’hypertension. Inversement, l’activité physique et l’arrêt du tabac font monter le taux de HDL-cholestérol, le bon cholestérol.

    Il faut arrêter de manger gras

    VRAI ET FAUX Tous les gras ne sont pas néfastes, au contraire. Les acides gras saturés d’origine animale sont à limiter car ils augmentent le taux de LDL. Par contre, les acides gras insaturés, présents dans les poissons, les huiles végétales telles que l’huile d’olive ou l’huile de colza, les oléagineux, sont indispensables à la santé et, surtout, réduisent le mauvais cholestérol.

    Par ailleurs, la lutte contre les acides gras saturés ne doit pas faire perdre de vue le combat contre un facteur de risque de maladies cardiovasculaires au moins aussi puissant: le sucre. Une étude parue en 2014 montre que les personnes dont 10 à 25% de l’énergie totale quotidienne provient du sucre ont un risque de maladies cardiovasculaires 30% plus élevé que celles dont cet apport est inférieur à 10% (Etude Jama Intern med: «Added sugar intake and cardiovascular diseases mortality among US adults»).


    A lire aussi:
    Intolérance au gluten: les enfants nés au sud et au printemps plus à risque
    25 recettes à base de tofu
    Les oméga-3 pourraient stopper le déclenchement du lupus


    On peut faire baisser son taux de cholestérol naturellement, en changeant son alimentation

    VRAI Jusqu’à un certain point. Il est tout à fait possible de voir son taux de cholestérol chuter en réduisant les acides gras saturés, en favorisant les huiles végétales de qualité et en optant pour une alimentation plus riche en fibres qui réduisent l’absorption du cholestérol. D’où l’importance des fruits, des légumes et des aliments à base de céréales complètes. Par ailleurs, l’activité physique régulière est indispensable. Mais tous ces changements doivent être adoptés de façon durable pour avoir de l’effet.

    Et ils peuvent ne pas suffire. Seul votre médecin peut déterminer, grâce à une prise de sang, si votre taux de lipides sanguins constitue un risque cardiovasculaire. Si c’est le cas, un traitement médical devient nécessaire. Mais quels médicaments prendre? Pour le Dr François Jornayvaz, du service d’endocrinologie du CHUV, «seules les statines ont fait leurs preuves». Décriées dans certains médias et données un peu hâtivement par certains généralistes, «ces substances, dont la prescription doit être strictement encadrée, sont toutefois nécessaires aux personnes ayant déjà souffert d’infarctus ou dont le risque cardiovasculaire en pose l’indication. Dans ce cas, on peut optimaliser l’alimentation et l’activité physique puis refaire des tests pour voir si une statine est toujours indiquée».

    Les œufs et la viande sont très riches en cholestérol

    VRAI Ce sont en effet les produits les plus riches en cholestérol dit «mauvais». Cependant, plutôt que de poser des limites quantitatives précises, de type «pas plus de trois œufs par semaine» ou «de la viande seulement deux fois par semaine», la tendance actuelle est de limiter l’apport alimentaire en graisses saturées plutôt que de se focaliser sur le cholestérol.

    Le cholestérol touche exclusivement les plus de 45 ans

    FAUX Toutes les populations peuvent être touchées: les femmes, les hommes, les personnes âgées et même les enfants. Dans ce dernier cas, le plus souvent, il s’agit d’une hypercholestérolémie familiale, qui nécessite en général un traitement médical. Comment la détecter? Dans une famille, lorsqu’un adulte présente des niveaux très élevés de cholestérol ou souffre de maladies cardiovasculaires, il est conseillé de faire une prise de sang aux enfants vers la puberté.

    On ne peut pas être maigre et avoir du cholestérol

    FAUX Certes, l’obésité augmente le risque de souffrir de maladies cardiovasculaires et, en cas d’excès de cholestérol, la perte de poids sera prescrite. Cependant, on peut avoir des taux de cholestérol problématiques et être maigre, comme on peut souffrir d’hypertension et sembler mou ou au contraire être très nerveux sans être hypertendu. D’où l’importance de faire régulièrement des prises de sang, afin d’établir son bilan lipidique.

    Mauvais cholestérol? 3 aliments à adopter

    La pomme: sa pectine freine l’absorption des lipides. A condition d’en manger au moins 3 par jour.

    Le soja: en lait, en céréales ou, mieux encore, sous forme de lécithine en paillettes à verser sur ses plats, le soja normalise les lipides sanguins.

    Les stérols végétaux: on les trouve dans les huiles d’argousier, de maïs, de soja, les noix de cajou, amandes, graines de sésame, cacahuètes, fruits et dans les légumes frais… Mais chez les personnes ayant des taux très élevés de mauvais cholestérol, les suppléments enrichis en phytostérols sont recommandés.

     

    A lire également
    Des chercheurs ont souligné l'importance d'utiliser une bonne crème solaire cet été... et rien d'autre!
    O
    Selon un médecin britannique, il suffit de se poser quatre petites questions pour identifier cette discrète dépendance.
    O