santé

    Comment réussir sa détox?

    Anne Ghesquière partage avec nous ses secrets pour un mode de vie plus sain, joyeux et plein de vitalité. Auteure du guide «Happy Détox», elle répond aux questions «alimentation» que l’on s’est toujours posé sur la détox.

    Publié le 
    19 Février 2016
     par 
    Muriel Risse

    FEMINA Chacun peut-il se lancer dans une détox?
    Anne Ghesquière
    Pour moi il s’agit d’un mode de vie détox plutôt que de se «lancer» dans une cure. Mais sauf contre-indications particulières, tout le monde peut faire une saine détox. Je n’aime pas les méthodes radicales. Sauf dans le cadre de pathologies et si elles sont effectuées de manière encadrée, ou pour des personnes averties.

    J’ai de très mauvaises habitudes alimentaires… Quelles astuces mettre en place pour bien commencer sa détox?
    D’abord, posez-vous la question: qu’êtes vous prête à changer dans votre vie? En avez-vous envie? Avez-vous conscience que votre corps n’est pas une poubelle? Qui décide à l’intérieur de vous? J’aime bien revenir sur ces questions de notre rapport profond à l’alimentation, car sans conscience, difficile de changer nos habitudes sur le long terme…
    Mais revenons à votre question pratique. Au démarrage, faisons le point sur les substances néfastes dont je peux me passer dans ma vie quotidienne: gluten, viande à outrance, laitages, sucres, produits industriels (fabriqués par des firmes plutôt soucieuses de leurs profits que de nourrir vos cellules), cuissons agressives? Commencez par réduire significativement tous ces apports. Par exemple, lancez-vous un défi: cette semaine je remplace le pain par du Pain des fleurs (au sarrasin), pas de viande rouge et pas de laitages de vache. Ensuite, introduisez des supers aliments qui vont régénérer puissamment votre corps comme le jus d’herbe de blé/orge (en poudre), les graines germées, les baies, les amandes et un jus de citron pressé tiède à jeun tous les matins. Facile, non? Puis, associez des légumineuses régulièrement: les lentilles ou pois chiches sont les plus accessibles pour démarrer.
    Enfin, prenons conscience que nous avons besoin de nous dépenser physiquement. Une vie sédentaire n’est pas envisageable. Et bouger est tellement kiffant pour notre santé physique, émotionnelle et mentale.

    Une fois la détox réussie, y a-t-il un moyen de ne pas retomber dans ses travers?
    C’est pour moi le problème des détox radicales, soudaines et sans conscience. On cherche un résultat rapide mais c’est plutôt une réaction de l’ego affolé! Pour ne pas retomber dans ses travers, ce que je propose dans mon livre est d’opter pour un mode de vie Happy Détox qui comprend des choses «bof» à éviter et pleins de trucs «super happy» à adopter… à vie! Ainsi plus de problème de retomber dans ses travers ou alors ce sera fait avec une autre conscience.


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    Qu’est-ce que la détox a changé dans votre vie?
    Le mode de vie Happy Détox a profondément transformé ma vie, mais progressivement. J’ai boosté ma vitalité, décuplé mon énergie. J’ai un poids stable et agréable, je suis très sportive. Je suis rarement malade, je dors bien et mes enfants sont en pleine santé. Je pense que ce mode de vie Happy Détox est un mode de vie naturel. Je ne crois pas aux manières excessives de se nourrir. Pour moi, l’alimentation doit être plaisante et non soumise aux diktats. Elle doit être une ode au vivant, aux écosystèmes et à l’harmonie avec la nature. Elle est une danse avec son corps. Comme je le dis dans mon livre: donneriez-vous un soda à votre chat? Non! Alors pourquoi le faisons-nous avec nos enfants?

    Détox = ingurgiter des jus verts 3 fois par jour. D’accord ou pas d’accord avec cette interprétation?
    Oui, prendre des jus verts est excellent pour la santé surtout si les légumes choisis sont bio et de saison. Mais se tourner vers de telles boissons d’un seul coup alors que le reste de l’année l’alimentation n’est pas en conscience me semble étrange… J’aime bien aussi cette idée de ne pas boire plus de jus verts que ce que nous aurions pu manger sous une forme solide. Cela nous ramène, une fois de plus, au bon sens. Mais nous en avons besoin, car question alimentation, l’Occident marche sur la tête…

     

     

    Je fume et j’aime bien boire quelques verres de vin le week-end. Est-ce vraiment incompatible avec une détox?
    Déguster un bon verre de vin bio vaudois qui est produit en biodynamie est excellent! C’est un plaisir délicat. Mais aussi… qu’entendons-nous par quelques verres de vin? Il faudrait définir le «quelques». De plus, les vins contiennent tous des sulfites, donc imaginez-vous en train d’ingurgiter une pipette de sulfites, cela vous passera peut-être l’envie de trop boire? J’ai vu ce test mis en pratique lors d’une conférence, personne dans la salle n’était candidat au verre de sulfites… Tout est question de modération. Plaisir immédiat (voir compulsif) versus bien-être profond. De quoi avons-nous besoin réellement? A chacun de répondre à cette question et d’interroger son histoire.
    Fumer est encore autre chose… J’ai fumé 15 ans et je sais de quoi je parle, je suis une ex-droguée du tabac. J’ai arrêté il y a 16 ans. Mon corps, ma tête et mon cœur étaient prêts à passer à une autre étape. J’ai ressenti le besoin de quitter cette béquille émotionnelle et cette intoxication mortelle. C’est un choix de vie et il appartient à chacun de cheminer avec son histoire, sans jugement. Si pour vous, fumer ne semble pas toxique et que cela vous fait plaisir: alors continuez! Si vous fumez, ne fumez pas dans la peur, ce serait le pire.

    Pourquoi le café est-il proscrit?
    En grande quantité, le café est une substance addictive et nocive. De plus, trouver du café de qualité et sans additif est devenu rare. Sans compter l’impact sanitaire et environnemental potentiel des capsules en aluminium. En revanche, si boire un café (bio et éthique) par jour de très grande qualité vous met en joie: ne vous privez pas! C’est aussi la dose qui fait le poison. Moi je préfère la chicorée bio au café (plus douce) et j’adore le Rooïbos, cette tisane appelée «thé rouge» qui n’a rien d’un thé mais tout d’une substance bonne pour la santé et qui contient du fer.

    Perd-on du poids en faisant une détox?
    Un mode de vie Happy Détox ne cherche pas à perdre du poids, car il n’en prend pas ou peu. En adoptant cette façon de vivre, on va revenir à son poids idéal. C’est un régime au sens noble du terme «régime alimentaire». Tout est question d’harmonie et d’équilibre du vivant.

     

     

    Pourquoi ne peut-on pas faire la même détox à chaque saison?
    On peut faire la même détox à chaque saison, comme par exemple opter pour une monodiète de riz ou de compote de pomme 3 soirs d’affilés. Mais l’idéal pour les papilles, notre corps et la planète est de consommer des légumes de saison qui correspondent à l’énergie de notre organisme à cette période précise. Par exemple au printemps, vous pouvez opter pour les asperges, puis cerises ou fraises. Les jus verts bio de la belle saison sont aussi excellents: kale, fenouil, céleri branche, concombre et pomme. Miam!

    Eviter les desserts, ce n’est pas une punition?
    Moi je ne prends pas ou peu de desserts à la maison, c’est sorti de ma routine. C’est une mauvaise habitude alimentaire assez récente, probablement pilotée -en partie- par l’industrie agroalimentaire qui surfe sur l’appétence de notre cerveau pour le sucre… Nous sommes bien co-responsables. En revanche, quand je vais au restaurant, j’aime me faire plaisir et prendre un dessert. J’aime le crumble sans gluten ou la panna cotta végétale. Je suis sûre qu’en Suisse, il existe de délicieux restaurant avec des desserts healthy! A la maison, je cuisine aussi des gâteaux sains pour les enfants avec des farines sans gluten comme châtaigne, riz, coco et avec de l’huile d’olive ou de la margarine végétale. C’est gourmand et surtout plus facile à digérer. C’est très amusant de varier les farines. Et les enfants adorent!

     

     

    Entre les légumes et fruits bio, les algues, le matériel adéquat, les produits sans gluten… Une détox, ça coûte très cher, non?
    Au contraire: un mode de vie Happy Détox allège son portefeuille de produits non grata qui font faire des économies. Par exemple: très peu d’alcool, pas de tabac, peu de viande, pas de plats industriels, peu de pain, pas de sodas, peu de desserts. Alors ces «économies» servent à investir dans d’autres ingrédients. Il peut y avoir un investissement de départ comme le cuit-vapeur (dont je ne peux plus me passer) ou un bon blender, voir même un extracteur de jus. Un joli cadeau d’anniversaire en perspective?

    Quand faut-il commencer sa détox?
    Le signe pour commencer à avoir un mode de vie Happy Détox, c’est lorsque l’on a conscience que notre vie est une intox. Votre corps ne suit plus ou votre tête vous fait vivre un enfer: maux divers, insomnies, fatigues, manque d’entrain, déprime etc. Alors, prête pour la Happy Détox?

    Anne Ghesquière, «Happy Détox», éditions Eyrolles.

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