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    Ayurvéda: les secrets d’une médecine millénaire

    Ultrapopulaire, l’Ayurvéda reste pourtant souvent méconnu ou simplifiée à l’extrême.

    Publié le 
    9 Mars 2015
     par 
    Anne Laure Gannac

    Diffusé depuis plus de trois mille ans en Inde, l’ayurvéda (littéralement «connaissance de la vie») est autant un système de santé qu’une philosophie. Il se concentre avant tout sur la bonne santé qu’il s’agit de conserver, quand la médecine occidentale se préoccupe de la maladie. Et, pour lui, la bonne santé c’est l’équilibre, d’abord au sein de nos «doshas».

    Les doshas: notre terrain de naissance

    Au cœur de cette sagesse se trouve le concept d’interconnexion: tout ce qui vit est une sorte de microcosme de l’univers. Ainsi, les cinq énergies universelles que sont la terre, l’eau, le feu, l’air et l’éther (l’espace) sont aussi en nous. Cela constitue notre «terrain» qui détermine notre état physique, psychique et spirituel. On parle de «doshas». Vata, associé à l’air et à l’éther, est le principe du mouvement, régissant la circulation du sang et de l’oxygène. Il donne énergie, créativité, liberté de pensée. Mais quand il est en excès, il se manifeste par de l’agitation, de l’anxiété, de l’inconstance, des vertiges, des gaz intestinaux…

    Pitta, associé au feu et à l’eau, est le principe de la transformation, et régit la digestion et le métabolisme. Equilibré, il confère soif de connaissance, ambition, courage. Excessif, il donne colère, possessivité, peur de l’échec… Enfin, Kapha, associé à la terre et l’eau, renvoie à la structure, chargé de la stabilité entre les différentes fonctions de l’organisme. Equilibré, il donne force, stabilité psychique, vive mémoire. Et, en excès, une fatigue, une pesanteur, un caractère égocentrique et possessif. Nous avons tous ces trois doshas, avec, le plus souvent, un ou deux dominants. Ils ne sont pas statiques, mais en constant changement, en fonction du moment de la journée, des saisons, de notre environnement, de nos choix de vie, de notre alimentation, de nos activités, de nos maladies, de notre âge, etc.

    Agni, mala, atma, etc.

    Quoique très connus, on aurait tort de résumer l’ayurvéda aux doshas. Ainsi, lorsque «agni», le «feu» du métabolisme et de la digestion présent dans nos cellules, est insuffisant (en raison d’un déséquilibre doshique), il y a production de toxines (ama) qui, si le déséquilibre est maintenu, vont s’accumuler et obstruer les intestins, le système circulatoire et finalement nos tissus.

    Cette accumulation, du point de vue de l’ayurvéda, est la racine de toute maladie. L’élimination d'«ama» se fait grâce au bon fonctionnement des émonctoires (organes d’élimination). «Tout le but de l’ayurvéda, résume Mireille Currat, naturopathe à Lausanne, est de favoriser l’élimination de ces toxines.» Toxines qui n’échappent pas aux influences de l’âme (atma), des organes de la perception (indriya) et de l’esprit (mana): la santé passerait donc aussi par le contrôle et l’apaisement de ces éléments.

    Vivre en conscience

    Comment tendre vers cet équilibre? «La clé, c’est la conscience, répond Mireille Currat. Avoir une pleine conscience de soi, de sa nature, de ses doshas dominants, mais aussi de ses changements d’état, de l’effet sur soi de son environnement, de ses émotions, ne pas les refouler…

    C’est en développant cette attention que l’on peut, ensuite, prendre les mesures nécessaires pour conserver ou tenter de retrouver son équilibre.» Si l’ayurvéda recommande la pratique de la méditation et du yoga, c’est non seulement pour apaiser corps et esprit, mais aussi pour développer cette attention.

    Une diététique adaptée

    Le premier moyen d’action est la diététique: manger sainement et en accord avec ses besoins, en sachant que certains aliments stimulent plutôt pitta (plats épicés, alcool), d’autres kapha (produits gras, boissons froides) ou vata (fruits secs, orge, seigle, légumes crus), ou encore le feu digestif (notamment le beurre clarifié, dit «ghee», très prisé en ayurvéda).

    Ainsi, si l’on se sent en excès de vata, on optera plutôt pour des aliments qui compensent la nature «sèche et froide» de ce dosha (riz complet, avoine, lentilles, légumes racines, gingembre, et une hydratation chaude), alors qu’en excès de pitta on devra se rafraîchir et privilégier des goûts astringents (fruits et légumes sucrés et amers, orge, riz), et en excès de kapha, une alimentation chaude, légère et sèche (fruits secs, légumes piquants et amers, avoine, millet, riz).

    Huiles, potions et musique

    L’ayurvéda conseille la consommation régulière de préparations (Rasayana) mélangeant fruits, plantes et épices, censés rééquilibrer les doshas et agir sur agni, surtout en cas de fatigue ou de baisse immunitaire. Ils peuvent être achetés dans les boutiques spécialisées et magasins bios. «La pharmacopée ayurvédique est très riche, reprend Mireille Currat. Différentes formes galéniques de plantes, oligo- éléments ou huiles médicinales sont proposées.

    Malheureusement, en raison de la pollution, certaines de ces préparations peuvent contenir des métaux lourds!» Gare à l’origine et au label bio, donc. Parallèlement, les autres «prescriptions» sont la respiration régulière d’huiles essentielles, l’activité physique, et… l’écoute de la musique! Bref, toute une nouvelle routine à installer.

    3 exercices de routine ayurvédique

    1. Avant de vous lever, étirez-vous longuement dans votre lit, bâillez, soupirez et délectez-vous en songeant à une image positive, un paysage qui vous apaise. Puis, devant la glace, souriez-vous sans forcer, juste assez pour vous signifier l’amour que vous vous portez.

    2. Ensuite, grattez-vous la langue, depuis le fond jusqu’au bout, à l’aide d’un gratte-langue, afin de nettoyer les impuretés accumulées durant la nuit. Le mouvement doit être lent et pas trop appuyé, pour ne pas irriter la langue et les papilles gustatives.

    3. A jeun, buvez un verre d’eau chaude, dans lequel vous pouvez ajouter quelques gouttes de citron. Puis faites un bain de bouche à l’huile de sésame pendant une dizaine de minutes. Appelée «gandush», cette pratique détoxifie l’organisme et réveille les énergies vitales.

     

     

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