santé

    Affronter l’hiver avec la médecine chinoise

    Selon le calendrier chinois, le 7 novembre marque le début de l’hiver. Et l’arrivée des petits maux qui vont avec. Les conseils de Prune Hu, acupunctrice.

    Publié le 
    9 Novembre 2015
     par 
    Fabienne Rosset

    Associé à l’acupuncture et à la médecine traditionnelle, l’arsenal de la pharmacopée chinoise est un véritable allié contre les petits bobos de l’hiver. Mieux, c’est un rempart pour passer les mois les plus froids presque sans tousser ni même renifler. Ou en tout cas pour limiter les dégâts. Car c’est le principe même de la médecine traditionnelle chinoise: prévenir plutôt que guérir. Là-bas, les médecins ne sont d’ailleurs rémunérés que lorsque leurs patients sont sains. Dès qu’ils tombent malades, ils ne sont plus payés. «Cette façon de faire se base sur une vision globale de l’être humain. La vie est considérée comme étant un équilibre en perpétuel mouvement de deux forces opposées, complémentaires et interdépendantes, le yin et le yang. Lorsqu’elles sont en harmonie, l’individu est en bonne santé. Lorsque l’un ou l’autre prend le dessus ou faiblit, le déséquilibre survient, et la maladie apparaît», explique Prune Hu, thérapeute et acupunctrice diplômée ASCA/RME, installée à Lausanne depuis 2010. Un petit rhume, un microdéséquilibre, et il faut intervenir pour donner le signal au corps de se battre. C’est – en gros – ce que fait l’acupuncteur lorsqu’il manipule et implante ses fines aiguilles à divers endroits.

    Après avoir posé son diagnostic, le spécialiste intervient en envisageant l’homme en accord avec l’univers qui l’entoure pour lui faire retrouver son équilibre. En complément, toute une batterie de petites plantes, onguents, tisanes et autres mixtures est utilisée pour viser à ce rééquilibrage global. Mais un certain nombre de préparations typiquement orientales sont la plupart du temps difficiles à trouver dans nos pharmacies helvétiques. D’où la démarche de Prune Hu qui, dans son cabinet lausannois, opère un savant mélange entre médecine traditionnelle, acupuncture et phytothérapie occidentale. Si elle travaille sur les méridiens dans la plus pure tradition chinoise pour établir son diagnostic et pratiquer l’acupuncture, elle utilise en complément des plantes et des racines que l’on trouve chez nous. En fonction des pathologies présentées par ses patients, cette herboriste passionnée concocte sur mesure de véritables potions pour affronter les petits maux saisonniers. Elle nous livre ici quelques-unes de ces recettes, inspirées par l’Empire du Milieu et adaptées à la sauce d’ici.

    Une tisane pour se drainer

    Pour drainer son corps sans fatiguer l’organisme, se tonifier et se réchauffer, on opte pour une tisane à base de serpolet, cynorrhodon, aiguilles de pin, écorce de cannelle, sureau, eucalyptus et gingembre à quantité égale. On en boit un litre par jour, pendant 21 jours (210 g au total, soit 10 g par litre). A consommer plutôt durant la première moitié de la journée, vu son effet tonifiant. Pour en optimiser les bienfaits, on met les plantes à imprégner dans l’eau froide avant de les faire bouillir, et on n’oublie pas de récupérer l’eau qui s’est déposée sur le couvercle, pour une meilleure extraction. On filtre à travers une passoire avant de servir.

    Du ginseng pour se booster

    On utilise des plantes adaptogènes, qui aident le corps à s’adapter à des situations de stress. On choisit des extraits de ginseng en comprimés, en trois variantes:

    Le ginseng: Echauffant et tonique (yang), il augmente l’immunité, agit sur le cœur, le poumon et la rate. Idéal pour les personnes dépassées, qui n’arrivent plus à récupérer. A utiliser maximum trois semaines, en cure, car c’est plus efficace.

    L’ashwagandha, le ginseng indien. Aux vertus antistress et antidépressives, en plus d’agir sur l’immunité.

    L’éleuthérocoque, le ginseng de Sibérie, pour l’immunité et la résistance physique.

    L’inhalation sèche contre les rhinites

    En cas d’inflammation des muqueuses nasales, on opte pour des huiles essentielles (HE) en inhalation sèche. Pratique et simple à utiliser, tout au long de la journée. Pour écarter tout risque d’irritation, on évite le contact avec la peau et la muqueuse nasale. On applique 10 à 15 gouttes de ce mélange sur un mouchoir: lavande officinale («Lavandula officinalis») 40%, thym vulgaire à Linalol («Thymus vulgaris linaloliferum») 20%, HE menthe poivrée («Mentha piperita») 10%, HE eucalyptus radié («Eucalyptus radiata») 30%.

    Le gargarisme contre les sinusites

    Pour les sinusites comme pour les maux de gorge, on utilise des plantes à tanin, en gargarisme. On prépare un mélange composé d’aigremoine, de ronces et de cynorrhodon comme une tisane, on s’en gargarise et on le recrache. Pour les enfants qui sont patraques, avec toux et maux de gorge, on en fait une version qu’ils peuvent avaler, soit: fleurs de mauve, coquelicot, camomille romaine (anti-inflammatoire, adoucissant et calmant), fleurs de sureau (fébrifuge), thym (anti-infectieux et expectorant) et tussilage. En boire trois tasses par jour, avec du miel si besoin, pendant quatre jours.

    Le sirop contre la toux

    Sans codéine et concocté avec des plantes suisses récoltées durant l’été par Prune Hu, ce sirop fait des miracles. Sa composition: tussilage (fleurs), mauve, coquelicot, violette, thym, bouillon-blanc (fleurs), eau de fleur d’oranger (calmant), HE d’eucalyptus («Eucalyptus globulus»), eau et sucre. A prendre pendant trois jours, à raison de trois cuillerées à café par jour pour les enfants, et trois cuillerées à soupe pour les adultes.

    acupuncturesuisse.ch

    3 pathologies, 3 solutions

    1. Nez bouché? Le gros intestin est l’un des méridiens qui correspond à cette pathologie. Le point de stimulation ad hoc se situe au niveau du trou du genou, côté externe. On le masse longuement avec la pointe de baguettes chinoises. Radical.

    2. Mal aux reins? Les reins sont l’organe de la saison d’hiver, selon la médecine traditionnelle chinoise. Pour les protéger, on adapte donc son alimentation à la saison: on évite de manger cru ou de boire glacé. On diminue la saveur salée et on privilégie la saveur amère, qui booste l’énergie du cœur.

    3. Fatigue au réveil? On dépose trois gouttes d’huile essentielle d’épinette noire au creux de ses mains, et on masse énergiquement son dos au niveau des surrénales (au-dessus des reins). Ça a le même effet que le café, mais c’est stimulant au lieu d’être excitant. Economique, car une bouteille tient trois hivers, au moins.

     

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