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    Interview: Alexandre Jollien et son «Eloge de la Faiblesse» en BD

    Restituer un dialogue entre un philosophe de notre époque et Socrate façon bande dessinée. Un défi que le scénariste Eric Corbeyran et le dessinateur Nicolas Tabary ont accepté de relever. Interview d’Alexandre Jollien réalisée entre Paris et Lausanne.

    Publié le 
    8 Février 2017
     par 
    Hélène Béziat

    Leur source d’inspiration: le premier ouvrage d'Alexandre Jollien publié en 1999, «L’Eloge de la faiblesse». La parade à la complexité du sujet? Un séquençage du livre en tableaux et des dessins aux allures enfantines pour un résultat profond et émouvant, fidèle à l’image que l’auteur a toujours voulu véhiculer au fil de ses ouvrages: la joie. Une illustration de plus que la BD n’a jamais fini d’innover. Nous avons demandé au Suisse de nous raconter ce drôle de projet.

    FEMINA Comment l'idée de mettre votre ouvrage «L'Eloge de la Faiblesse» sous forme de bande dessinée est-elle née?
    Alexandre Jollien
    Au fond, c'est l'idée de l'éditeur Marabout de confier à Eric Corbeyran et Nicolas Tabary le soin de mettre en BD l'histoire de cette vie chaotique qui fait l'éloge de la faiblesse. J'aurais peut-être plutôt eu tendance à oublier cette vie passée qui recèle quelques blessures. Aujourd'hui, je m'aperçois que l'essentiel de «L'Eloge de la faiblesse», c'est vraiment que l'on se construit grâce à l'autre et que nos blessures ne sont pas des obstacles mais qu'elles peuvent devenir fécondes si on les accueille avec légèreté. Elles peuvent conduire à l'intériorité.

    Pourquoi «L'Eloge de la faiblesse» et pas un autre de vos ouvrages?
    A l'institut, j'imaginais, quand je souffrais, de dialoguer avec Socrate en personne. Le livre reflète ce dialogue intérieur qui m'a sauvé de bien des péripéties et du découragement. De là à en faire une BD, il n'y a eu qu'un pas et beaucoup de talent des deux co-auteurs.

    Le choix de collaborer avec le scénariste Eric Corbeyran et le dessinateur Nicolas Tabary vous a-t-il été conseillé, ou est-ce vous qui avez souhaité travailler avec eux? Dans l'un ou l'autre cas, pourquoi ce choix?
    La création de cette BD a été pour moi un saut dans la confiance. En effet, j'ai osé ne pas demander un droit de regard pour découvrir, comme tout le monde, la BD une fois achevée. Au fond, c'est comme un enfant, il s'agit de le laisser «faire sa vie» pour qu'il porte de beaux fruits.

    D'autres projets dans le registre de la BD pour bientôt?
    Pour l'instant, je savoure ce beau fruit. Pour moi, écrire procède d'un acte sacré. Et l'âme a ses saisons, il me faut donc attendre un peu pour la moisson.

    Bande dessinée «L’Eloge de la faiblesse», Ed. Marabout, Collection Marabulles, Biopic et roman graphiques, environ 20 fr.


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