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Votre partie de Uno ou de Monopoly est à peine terminée que, déjà, votre fils vous sollicite pour construire une tour en planchettes Kapla. Lassé par son insistance, vous l’incitez à jouer seul. Il se précipite alors… sur sa console de jeux vidéo.

Comment lui donner le goût d’autres activités en solo? Rassurez-le. «Le jeu est une activité spontanée chez l’enfant, rappelle Patrice Huerre (auteur de «Place au jeu! Jouer pour apprendre à vivre», Nathan, 2007), qui lui permet – entre autres – de tisser des liens avec son entourage, pour mieux se séparer ensuite. Généralement, il alterne les jeux en famille et ceux en solitaire, qui l’aident à supporter l’absence parentale (le doudou tient ce rôle les premières années). L’enfant qui sollicite exagérément ses parents a sans doute besoin d’être rassuré sur leur affection: ces derniers sont absorbés par leur travail et peu disponibles; une petite sœur vient de naître et il craint qu’on l’oublie… Le jeu est un prétexte pour vérifier qu’ils tiennent à lui.»

Au lieu de vous forcer, expliquez-lui que vous êtes fatigué, et que votre refus n’a rien à voir avec lui; promettez-lui de jouer plus tard et respectez votre engagement. Peu importe, alors, si vous ne lui consacrez qu’une demi-heure: la qualité compte plus que la quantité. Respectez son tempérament. Sa place dans la fratrie peut aussi expliquer son attitude: un aîné ou un enfant unique sera plus disposé à jouer seul. Son tempérament également: l’enfant imaginatif transforme le moindre objet en personnage et lui invente mille et une aventures; le créatif ou le bricoleur, à l’aise avec le concret, ne s’ennuie jamais lui non plus.


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Le plaisir au bout de l’effort

Si votre enfant préfère la compagnie, invitez plus souvent ses amis ou bien inscrivez-le à une activité sportive. Limitez les jeux vidéo. La surcharge des emplois du temps et l’omniprésence des écrans contribuent à la désaffection des jeux en solo. Les enfants d’aujourd’hui, à l’image des adultes, ne supportent plus l’inactivité. Or, rien ne vaut l’ennui pour encourager les rêveries et se rendre compte que l’on possède en soi les ressources pour s’amuser seul. Et si vous relâchiez un peu le rythme de ses activités et limitiez son temps de jeux vidéo? «Il ne s’agit pas de les interdire totalement, tempère Patrice Huerre, mais de vérifier, en le questionnant sur le scénario, les personnages ou ses émotions, qu’il joue vraiment, c’est-à-dire qu’il conserve une certaine distance, au-delà de l’excitation première.»

Pour qu’il acquière le goût du jeu en solo, encore faut-il qu’il ait déjà éprouvé le plaisir de jouer à deux, surtout lorsque cela nécessite un minimum d’habileté ou de persévérance. Construire avec lui une maison en Lego l’incitera à se lancer seul dans l’entreprise par la suite: il saura ainsi que le plaisir est au bout de l’effort. Et, si vous n’aimez pas jouer, pourquoi ne pas aller ensemble dans une ludothèque (renseignements sur le site de la Fédération des ludothèques suisses)? Il pourra y expérimenter des jeux sélectionnés par des spécialistes de la question et les emprunter, ce qui fera sa joie et, par contagion, peut-être la vôtre.

Rubrique réalisée en partenariat
avec «Psychologies Magazine»
dont le numéro 367
est disponible en kiosque.
A consulter aussi sur psychologies.com

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