news société

    #ThisIsNotConsent: l'Irlande furieuse, après que le string d'une ado violée soit déclaré comme «preuve de consentement»

    Le 6 novembre 2018, un Irlandais accusé de viol se trouvait acquitté par le tribunal, à la grande surprise de l'opinion publique. La raison de cette clémence inattendue? Le string en dentelle que portait sa victime, une adolescente de 17 ans, a été utilisé comme «preuve de consentement» par son avocate. Sur les réseaux sociaux, des centaines d'internautes s'insurgent. 

    Publié le 
    19 Novembre 2018
     par 
    Ellen De Meester

    «Elle portait un string avec de la dentelle.» Voilà le fin mot du procès. L'accusé, un homme de 27 ans poursuivi pour viol, se retrouve acquitté. La victime, une adolescente de 17 ans, doit accuser le coup, condamanée à regretter son choix de sous-vêtements pour le restant de ses jours. 

    L'Irlande, elle, refuse d'accuser le coup. Scandalisés par l'issue de cette affaire, des centaines de manifestants ont crié leur colère dans les rues de Dublin, Limerick et Cork. Sur les réseaux sociaux, des milliers de femmes partagent le hashtah #ThisIsNotConsent (ceci n'est pas un consentement), afin de rappeler que le port d'un string n'excuse absolument pas un abus sexuel, quel qu'il soit!

    En signe de protestation, des dizaines de culottes en dentelle ont été déposées sur les marches du palais de justice de Cork, afin de faire réagir au plus vite.

    Les propos tenus par l'avocate Elizabeth O'Connel ont également fait le tour du Web. Ainsi que le rapporte le «Telegraph», elle aurait décrété que l'accoutrement de la victime suggérait que celle-ci était «attirée par l'individu» et «ouverte à une rencontre»:

    «Vous auriez dû voir comment elle était habillée... Elle portait un string en dentelle!»

    Après 90 minutes de procès, le juré composé de huit hommes et de quatre femmes tranchait en faveur de l'accusé... et cela de façon unanime! En réaction, une internaute outrée s'est empressée de réagir via son compte Twitter:

    «La plupart de mes sous-vêtements ont de la dentelle. Cela ne signifie pas que j'ai envie d'être violée. Peu importe comment je m'habille, non c'est non!»

    Violée à 11 ans, elle est jugée «consentante» pour avoir subi sans se débattre

    «Cela peut sembler gênant de montrer un sous-vêtement ici...»

    Le 13 novembre 2018, alors que le hashtag approchait les 10 000 occurences sur Instagram, la députée Ruth Coppinger décidait d'aborder le sujet au parlement. En plein débat, elle faisait subitement apparaître un string bleu, sous les yeux ébahis de l'assemblée. 

    «Cela peut paraître embarrassant de montrer un string ici, a-t-elle déclaré. Comment pensez-vous qu'une victime de viol ou n'importe qu'elle femme se sent, lorsque ses propres sous-vêtements sont exhibés en plein tribunal?!»

    Le lendemain, Madame Coppinger menait une vive manifestation au-travers des rues de Dublin, et s'étonnait sur Twitter que les caméras s'étaient détournées d'elle, lorsqu'elle avait montré son string bleu aux yeux de tous. «Et dire qu'au tribunal, les victimes voient leurs sous-vêtements passés de main en main et faire office de preuves», rappelle-t-elle. 

    Ainsi que l'indique Noeline Blackwell, responsable du Centre irlandais pour la crise du viol, toujours au «Telegraph»:

    «L'accoutrement, le taux d'alcoolémie et l'absence de cris des victimes sont évoqués très, très régulièrement durant ce genre de procès. [...] Ce genre de stéréotype autour du viol revient encore et encore au tribunal, car la défense se base toujours sur l'argument d'un rapport sexuel consenti. Tout ce qui peut être utilisé pour suggérer le consentement sera utilisé.»

    En attendant, le mouvement #ThisIsNotConsent se poursuit sur la Toile, tandis que des voix furieuses continuent de s'élever en Irlande. Espérons qu'elles crient assez fort pour que la justice les entende. 

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Une publication partagée par just some gays (@hidethegays) le

    #FeminaOpinion: une fois de plus, «Touche pas à mon poste» ne comprend absolument rien au consentement

    A lire également
    Ecoutez bien les étoiles: elles vous révèlent tout ce qui vous attend cette semaine!
    O
    Chaque semaine, Sonia Arnal, la rédactrice en chef de Femina, croque dans son édito le quotidien avec humour et ironie.
    O
    Des chercheurs ont montré qu'un manque de sommeil d'à peine deux heures pouvait diminuer les capacités d'adaptation à certaines situations.
    O
    News société
    L'agresseur de la petite Sarah ne sera jugé que pour «atteinte sexuelle».
    O
    busy philipps actrice dawson chignon blonde tapis rouge février 2014
    News people
    C’est suite au témoignage de Christine Blasey Ford que l’actrice de 39 ans a trouvé le courage de se confier.
    O
    News people
    «Je travaille très dur pour m'assurer que tu ne doives jamais dire "me too"» ❤
    O
    Témoignages
    Menacée de mort par les violeurs qu’elle a dénoncés et battue par ses parents.
    O
    tarte chocolat vegan
    Cuisine
    Pour les gourmands qui ne consomment pas de substances animales, les chefs de l'EHL ont concocté un menu de fêtes 100% végétal!
    O
    News loisirs
    Tous nos coups de cœur de l'année: le doux parfum du vin chaud, de la raclette et des marrons nous appelle déjà!
    O
    News loisirs
    Jusqu'au 23 décembre, la capitale culturelle de la Suisse se transforme en un lumineux village de Noël, situé au cœur de la vieille ville.
    O