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    Et si mon chat ne m’aimait plus?

    Chaque semaine, Sonia Arnal, la rédactrice en chef de Femina, croque dans son édito le quotidien, avec humour et ironie. Ce 2 septembre 2018, elle culpabilise un peu de laisser Jean-Claude (c’est son chat) en pension: et s’il préfère finalement le camp de vacances plutôt que la maison?

    Publié le 
    2 Septembre 2018
     par 
    Sonia Arnal

    Pour la première fois, Jean-Claude part en colo.

    Je me demande s’il va aimer la nourriture, si la maison va lui manquer, s’il va se faire des copains, comment prendre de ses nouvelles en douce.

    JC, c’est le chat, donc.


    © Sonia Arnal

    Il a 9 mois, il est toujours un peu fragile de l’estomac – il ne supporte que les croquettes à deux balles vendues dans les grandes surfaces.

    Il est né dans une ferme à Moutiers, alors il est pas du genre bobo sous-gare à se la péter avec des croquettes bio véganes vendues en vrac.

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    Il aime l’industriel qui tient au ventre. C’est un rural le JC, d’ailleurs il a des paluches de travailleur, d’un seul un coup de patte il t’arrache la tête du canari. Ça me change de Loulou-dit-Jésus, un aristocrate abyssin allergique à tout, un brin chichiteux, qui ne posait son corps délicat que sur les oreillers en pure plume d’oie, artistement enroulé sur lui-même. Le Jean-Claude il fait la sieste de tout son long à même le béton du balcon, les jambes bien écartées – un adepte du «catspreading». Le genre de chat qu’on imagine bien regarder le Tour de France, avachi en liquette sur le canapé du salon. D’ailleurs je ne voudrais pas accuser sans preuves, mais j’ai des cannettes qui disparaissent.


    © Sonia Arnal

    Donc, bientôt, je pars en vacances, aux mêmes dates que ma fille, sa «catsitter» attitrée.

    Je me suis mise à la recherche d’une pension pour la bête. Alors la bonne nouvelle, c’est que c’est beaucoup plus facile à trouver que les camps d’été quand on a de la marmaille à caser et que toutes les mères du canton s’arrachent les rares semaines mises à disposition.

    C’est aussi nettement moins cher – OK, y a pas wakeboard ni tennis, mais JC n’aime pas les sports de gosses de riche, de toute façon. Par contre, les exigences sanitaires sont nettement plus élevées: jamais je n’ai dû prouver aux organisateurs, carnet de vaccination à l’appui, que mes enfants avaient eu toutes les piqûres et rappels réglementaires. Alors que pour le chat, c’est drastique: il te manque un vaccin, tu n’entres pas.

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    La mauvaise nouvelle, c’est qu’on développe comme propriétaire le même syndrome que le parent «outsourçant» la prise en charge des petits: on culpabilise, alors on s’inquiète de tout, nourriture, amis, humeur… une culpabilité qui est la justification officielle de toutes ces craintes qu’on avoue, voire revendique publiquement.

    Mais l’angoisse, la vraie, c’est qu’au fond ce soit beaucoup mieux à la colo qu’à la maison, et surtout, surtout, que JC préfère l’animatrice à sa maman.

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