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    J'ai testé pour vous: organiser une soirée Tupperware

    2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, et des «party managers» par milliers. Bienvenue à mon event Tupperware, le plastic c'est fantastique!

    Publié le 
    17 Décembre 2018
     par 
    Julien Pidoux

    © Sophie Brasey

    Le Turbochef, c’est un peu la Rolls des accessoires de cuisine. Je l’ai appris l’autre soir en organisant une soirée Tupperware dans mon appartement. Homme, quadra, je ne suis clairement pas le cœur de cible de ces événements – les flyers et infos s’adressent aux «hôtesses» et à leurs «amies», reliquats d’un sexisme vintage –, mais je voulais voir à quoi ressemblaient aujourd’hui ces réunions dont la seule évocation fait sourire mes amis.

    En gros, vouer un culte aux plus célèbres des boîtes en plastique est-ce has been? Alors j’ai contacté Désirée Carbonara, l’une des Party Managers de Suisse romande. Ni une ni deux, quelques jours plus tard, j’avais réuni une dizaine d’amis chez moi et Désirée disposait SpeedyBoy, UltraPro et autre pichet MicroCook sur la table de la cuisine avant d’en vanter les mérites, forcément innombrables.

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    Évidemment, on a tout de suite demandé si l’ascenseur à cornichons existait encore, mais nos espoirs ont hélas été vite douchés. L’accessoire tant vanté par Marie-Thérèse Porchet fait désormais partie du passé. Cela ne nous a pas empêchés de passer un bon moment, qu’on se rassure. Ainsi, entre la confection d’un pain d’épices secoué ou d’un tartare saumon-mangue et l’instant solennel des commandes, ces fameuses soirées sont l’occasion de discuter.

    Si, aujourd’hui, ces réunions ont un léger air suranné, elles furent paradoxalement à l’origine un véritable lieu d’émancipation pour les femmes au foyer. C’est ce que montrent deux chercheuses françaises dans un article intitulé «La libération par Tupperware? Diffusion des idées et pratiques féministes dans de nouveaux espaces de sociabilité féminine». Dans les années 60 et 70, ces rencontres permettaient non seulement à certaines de dégager un petit pécule personnel, mais étaient aussi l’occasion d’échanger des idées et de s’éveiller à une conscience féministe. De vrais groupes de parole sous le couvert de petits-fours.

    Ces femmes prenaient «la mesure des possibilités de révoltes individuelles à l’intérieur de la cellule domestique. Les démonstratrices Tupperware apparaissent ainsi constituer un modèle d’identification positif», affirment carrément les deux chercheuses.

    Une hôtesse en or

    Ce soir-là, Désirée et Lucilia Gomes, sa supérieure venue pour l’occasion, ne faillissent pas à la règle et ont chacune une anecdote – touchante – sur la façon dont leur employeur leur a «changé la vie». L’une a souffert d’un burn-out, et organiser ces soirées lui a fait retrouver le sourire, l’autre a pu s’autonomiser financièrement et voler de ses propres ailes. A l’heure du glaçage du pain d’épices, on passerait presque à une ambiance confessions sur canapé.

    Passé l’étape cuisine, on s’installe au salon car, après les arguments de Désirée, le test in situ des accessoires – et quelques coupettes de champagne aidant – c’est l’heure des commandes. En tant qu’hôtesse, j’aurais presque tendance à pousser mes amis à la consommation, car plus le montant des achats effectués ce soir-là est haut, plus je recevrai de Tupperware. Autant vous dire que nos party manageuses aimeraient bien me voir rejoindre les rangs de leur armée de conseillères… tout compte fait, j’ai gagné 23 boîtes en plastique. Je vais devoir m’acheter une nouvelle armoire pour les ranger.

    En bref

    C’est en 1950 qu’a lieu la première réunion Tupperware, aux USA. Toutefois, il faudra attendre 1964 pour voir la marque débarquer chez nous. Selon les chiffres officiels, chaque année entre 25 000 et 30 000  réunions ont lieu en Suisse. Malgré une certaine diabolisation du plastique, la  marque connaît un succès insolent et vient d’atteindre l’année dernière un chiffre d’affaires global de plus de 2 milliards de dollars, car l’autre tendance, celle du vrac, lui a au contraire donné des ailes.

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