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    Ruth Bader Ginsburg, la juge qui rend fou Donald Trump

    Biopic, docu et gadgets en tout genre à son effigie: à 85 ans, Ruth Bader Ginsburg, la doyenne de la Cour suprême américaine, est devenue l’incarnation de la lutte féministe et des droits civiques.

    Publié le 
    17 Octobre 2018
     par 
    Saskia Galitch 

    A l'affiche d'un documentaire, Ruth Bader Ginsburg, rabaptisée «Notorious RBG», 85 ans, est une figure emblématique du féminisme et de la lutte pour une justice égalitaire. © Ruth Bader Ginsburg official SCOTUS

    C’est qui?

    Doyenne de la Cour suprême américaine, où elle a été nommée en 1993 par Bill Clinton, Ruth Bader Ginsburg, 85 ans, est une figure emblématique du féminisme et de la lutte pour une justice égalitaire. Il faut dire que Notorious RBG, comme on la surnomme plaisamment, née en 1933 à Brooklyn, a elle-même souffert de sexisme.

    Pendant ses études, on lui demande par exemple: «Mais pourquoi voulez-vous donc prendre la place d’un homme?» Cela dit, dès les années 70, mariée à Martin, «le seul homme qui a considéré mon intelligence avant mon look», et mère de deux enfants, elle devient la première professeurE de droit à l’Université Columbia et, habile à jouer des failles juridiques du système, remporte de nombreux combats contre l’inégalité.

    L’une de ses plus belles victoires: avoir manœuvré pour obtenir, en 2009, le Lilly Ledbetter Act, une loi en faveur des droits des femmes dans le monde du travail… ce qui lui a valu de devenir une icône pop. En plus d’une apparition dans Les Simpson et d’une multitude de gadgets imprimés à son effigie, elle a son propre personnage dans l’émission Saturday Night Live.

     

     

    Pourquoi on en parle?

    Comme le rappelle la presse depuis quelques semaines, la nomination de l’ultraconservateur Brett Kavanaugh à la Cour suprême, malgré des accusations d’agressions sexuelles, fait de Ruth Bader Ginsburg la dernière personnalité occupant un poste important à pouvoir s’opposer à la politique trumpienne.

    Un rôle de barrage que la juge a bien l’intention de jouer. Ouvertement pro-IVG, favorable au mariage pour tous ou à #MeToo, entre autres, elle n’entend en effet pas accepter de renoncer aux droits acquis. Elle a d’ailleurs profité de la présentation du documentaire RBG (à voir en Suisse depuis le 10 octobre) et de l’annonce de la sortie en décembre 2018 du biopic «On The Basis Of Sex» pour confirmer ses intentions combattantes. Ce qui rend fou de rage Donald Trump, qui la jetterait volontiers dehors. Elle s’en moque:

    «Si je ne le contre pas, qui le fera? Je resterai tant que j’en aurai la force. Et pour l’instant, c’est le cas. D’ailleurs, je fais encore mes 20 pompes par jour sans problème!»

     

     

     

     

    Qu’est-ce que les autres en disent?

    Si les conservateurs surnomment RBG Le zombie et que Trump la traite en substance de «vieille schnock qui devrait partir à la retraite», la juge récolte en revanche beaucoup d’éloges par ailleurs. Ainsi, son coach sportif, Bryant Johnson, qui dit adorer l’entraîner: «Elle est merveilleuse. En plus, elle est capable de mettre son ego de côté: quand elle ne sait pas quelque chose, elle demande, elle écoute la réponse et elle apprend!»

    De même, Barack Obama, qu’elle trouve «sympathique», lui voue une grande admiration. Il admet même: «Elle est vraiment remarquable et j’ai vraiment un gros faible pour elle!» Tout comme Bill Clinton, qui déclarait:

    «J’aime sa vision progressiste, sa sagesse, son sens du consensus et sa capacité à garder des opinions équilibrées en toutes circonstances. Et, évidemment, je respecte profondément son travail de pionnière en faveur des femmes de ce pays!»

     

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