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    Jour 9: Le bouleversant «La vie d’Adèle» est «ma» Palme d’or

    La révélation du festival Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux méritent par ailleurs le prix d’interprétation pour leur formidable prestation dans cette torride passion homosexuelle magnifiquement mise en scène par Abdellatif Kechiche..

    Publié le 
    23 Mai 2013
     par 
    Edmée Cuttat

    Contrairement aux stars américaines, le réalisateur franco-tunisien et ses deux sublimes héroïnes n’ont pas rameuté la grande foule en conférence de presse, Et pourtant ce sont bien eux qui nous ont procuré jusqu’ici la plus belle émotion du festival en racontant la plus bouleversante des histoires d’amour vues au cinéma depuis longtemps. Un joyau de trois heures qui passent comme un éclair. 


    Coup de foudre se muant en liaison puis en rupture sur fond d’éducation et de transmission, ce film toujours vrai, juste, sous tension érotique extrême, montre la platitude de certains autres prétendants à la Palme d’Or. Il est librement inspiré de la bande dessinée de Julie Maroh, Le bleu et une couleur chaude. 


    On y suit Adèle, une très jolie fille de 17 ans. Exaltée par la lecture de La vie de Marianne de Marivaux, elle sort avec des garçons, mais n’est pas très emballée par une brève aventure avec  l’un d’eux. Sa vie de lycéenne bascule alors en rencontrant dans un bar lesbien Emma, un peu plus âgée qu’elle. Adèle succombe follement à cette jeune femme aux cheveux bleus qui veut devenir peintre et lui fait découvrir le désir.


    Terrassées, toutes les deux se laissent emporter par l’ivresse et la violence irrépressible des sentiments qui culminent dans de sulfureuses scènes sexuelles, mais dont le côté sculptural des corps et la grâce des visages font oublier la crudité. Un total don de soi de la part des deux actrices, avouant non seulement leur confiance aveugle en Abdellatif Kechiche, mais également leur grosse envie de travailler avec lui.


    Adèle Exarchopoulos a parfois oublié la caméra tant elle se sentait libre. Ce n’est pas vraiment le cas de Léa Seydoux qui entretient un rapport particulier avec l’objectif. "On a tourné très longtemps et il nous arrivait d’avoir des fous rires. C’était un challenge". Rappelant un rôle osé, elle évoque sa fébrilité à l’idée de voir ces scènes dans la grande salle de l’Auditorium Lumière. «Cela s’est fait dans des conditions particulières, c’était assez éprouvant et cela va provoquer c’est sûr ».


    De son côté, le cinéaste dédramatise en évoquant la notion de jeu. «En plus de la beauté de l’acte en soi, c’est amusant pour des acteurs de jouer quelque chose qui ne leur appartient pas». Facile à dire quand même, quand on n’a pas à payer à ce point de sa personne…


     

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