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    #JobDeRêve tattoo shop manager: «Il faut avoir cette passion dans les tripes»

    Créer un salon de piercings et de tatouages: Chris l’a fait. Seule. Depuis 20 ans, elle s’est installée dans ce monde masculin où, de plus en plus, la concurrence fait rage.

    Publié le 
    29 Septembre 2016
     par 
    Muriel Risse

    En rêvait-elle depuis toute petite? «Non, pas exactement. Mais j’ai toujours su que j’aurais un métier atypique et créatif.» Après son diplôme de dessinatrice en bâtiment (un job qu’elle n’exercera jamais), une opportunité s’offre à elle: devenir pierceuse dans un shop de tattoo. «Sans trop réfléchir, j’ai accepté. Selon moi, il n’y a pas de hasards dans la vie.»

    Alors que, depuis ses 13 ans, elle adorait feuilleter de vieux magazines de tattoos américains, Chris est passée pour la première fois sous l’aiguille à 17 ans. «A l’époque, cela détonnait: nous n’étions que deux à avoir les bras tatoués à Lausanne.» Mais son truc à elle, c’est le piercing. «Je suis très impatiente: réaliser la même chose durant 4 heures, ça n’est pas pour moi.» Avec cet art de la transformation corporelle, elle entre dans l’intimité de ses clients. «J’ai ainsi rencontré des gens que je n’aurais jamais connus autrement, c’est une magnifique aventure humaine.»

    En 20 ans de métier, la Lausannoise de 45 ans a vu le tatouage évoluer, se transformer. «Alors que c’était très underground, le tattoo est devenu un art à part entière. Aujourd’hui, il y a beaucoup de compétition, j’ai la chance d’avoir été parmi les premières à me lancer. En tant que femme, cela n’a pas toujours été évident de me faire une place. En même temps, ça m’a évité de connaître des affrontements directs dans ce milieu très masculin.»

    Depuis un an, Chris a passé le flambeau et engagé un pierceur pour sa boutique, Dropin. Ce qui l’a fait vibrer, désormais, c’est de gérer 5 tatoueurs et de veiller au bon fonctionnement de sa «famille», comme elle les appelle. «Être manager, c’est un peu être maman, explique-t-elle. J’ai cherché des artistes avec des styles et des univers artistiques différents, mais j’attache également énormément d’importance au côté humain des gens. Nous sommes incroyablement soudés les uns avec les autres.»

     

     

    Mais la vie professionnelle de Chris ne s’arrête pas au Dropin. A 45 ans, elle fourmille plus que jamais d’idées et de projets. Elle lancera prochainement une marque de vêtements inspirés du tatouage (quelques modèles sont déjà proposés dans sa boutique) et prévoit d’ouvrir un bar. Parallèlement à ses activités, Chris a une formation de professeure de yoga. «Je tire également les cartes à mes proches. Ce côté spirituel et ésotérique contribue à mon équilibre: s’il n’y avait que le tatouage, je saturerais.»

    Diriger un salon de tatouage, est-ce un job de rêve? «Oui, complètement. Je fais ce que j’aime. Lorsque je me lève, j’ai envie d’aller bosser.» Pour autant, Chris combat l’étiquette «métier cool» qu’arborent les tatoueurs. «C’est terriblement exigeant, il faut être très rigoureux, avoir de la discipline. Je considère davantage cela comme un art de vivre plutôt qu’une profession: on est dedans tout le temps. Pour être bon et durer dans ce domaine, il faut avoir le tatouage dans les tripes.»

    Expo événement à ne pas manquer

    Pour ses 20 ans de métiers, Chris a convié 15 artistes tatoueurs à décorer des decks de skate. Filip Leu, Raf Vo, Dorios, Xoil et bien d’autres ont répondu présent. L’exposition est à voir jusqu’à la fin de l’année au Drop In Shop, Maupas 7, Lausanne.


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