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    Les Jeux Olympiques menacés d’extinction?

    Alors que de plus en plus de villes retirent leur candidature pour les prochains JO, la menace se fait sentir: et si le coût désormais exorbitant de l’olympisme finissait par le tuer?

     

    Publié le 
    3 Décembre 2015
     par 
    Nicolas Poinsot

    Ils ont longtemps symbolisé la capacité des nations à s’unir pour la beauté du geste, hors des tensions et des conflits. Mais voilà: mettre tous les peuples main dans la main, aujourd’hui, cela coûte cher. Et les Jeux Olympiques prennent sérieusement du plomb dans le javelot.

    Après des années de budgets pharaoniques souvent dépassés et jamais vraiment rentabilisés, des finances publiques qui couinent sous le poids des milliards engloutis, un climat de crise qui pousse à épargner pour l’avenir plutôt qu’à jeter des wagons de billets par la fenêtre, l’événement planétaire aux cinq anneaux ne semble plus faire rêver les contribuables. Dimanche dernier, les citoyens de Hambourg ont en effet dit «Non» à la candidature de leur ville aux JO d’été de 2014. Un verdict tranchant certes mal accueilli par les responsables de la cité hanséatiques, mais qui est loin d’être un caprice isolé.

    Déjà en 2013, la population d’une autre métropole allemande, Munich, avait rejeté les ambitions olympiques des autorités bavaroises, qui s’imaginaient bien accueillir la flamme des jeux d’hiver 2022. Quoi, les habitants de la patrie de Goethe seraient-ils des rabat-joie antisportifs? Ce serait oublier un peu vite que sur l’autre rive de l’Atlantique, la ville de Boston a, elle aussi, récemment jeté à la corbeille son beau projet pour les JO 2024 en découvrant le manque de soutien populaire à l’initiative.

    Un prix qui fait peur

    Et lorsqu’on creuse un peu plus le passé proche, le nombre des marches arrière finit par impressionner. Les Jeux d’hiver 2022 ont ainsi perdu en route les candidatures d’Oslo, Cracovie, Stockholm, de même que celles de Saint-Moritz et Davos en Suisse, ne laissant qu’Almaty et Pékin en lice. Un casse-tête posé au Comité olympique international vis-à-vis de la règle de l’alternance des continents, non-écrite mais censée être respectée. L’hécatombe se poursuit autour des JO estivaux de 2020: un tantinet étranglée par les restrictions budgétaires, Rome s’était désistée en 2012.

    Bref, la prestigieuse tenue des jeux fait désormais peur aux populations comme aux décideurs des pays occidentaux. Un peu moins à ceux des BRIC manifestement, le Brésil, la Chine et la Russie paraissant être les rares pays à souhaiter mordicus accueillir les JO sur leur sol. Mais qu’est-ce qui fait tant hésiter de nos jours? Sûrement le coût économique d’un tel événement, dont le bénéfice en termes de retombées sur l’emploi et l’image est de plus en plus remis en doute.

    C’est que depuis 1984, les dépassements de budget ont été la norme. Au point de battre des records: l’augmentation atteint 127 % pour les JO d’été de Londres en 2012, et carrément 1130% pour ceux de Pékin, en 2008. En pleine ère post-crise, on comprend dès lors les réticences à miser gros sur les jeux dans les Etats occidentaux, souvent confrontés à une économie morose et à la nécessité de chouchouter les finances.

    Epée de Damoclès au-dessus les stades

    Se pose alors légitimement la question de la pérennité des JO à moyen terme. Si les conditions économiques se dégradent aussi pour les géants des BRIC et que la prudence continue d’influencer les décisions des pays européens ou nord-américains, qui sera assez en forme pour oser organiser des jeux au-delà de 2030?

    Par chance, le problème ne se posera peut-être pas si l’univers olympique consent à quelques réformes et à revenir à des formules plus modestes. La ville de Rio de Janeiro, hôte des JO d’été de 2016, annonçait ainsi en juillet dernier un coût total de «seulement» 9,8 milliards de francs. Bien loin des 35 milliards de Sotchi en 2014… Leonardo Gryner, vice-président du comité local d'organisation, s’en félicitait: «Nous allons démontrer qu'il est possible de faire d'excellents jeux à un coût compatible avec les possibilités de la ville. Et cela incitera d'autres villes à organiser les JO dans le futur.»

    Ambitieux tout en demeurant proche des réalités, le Brésil aurait-il donné naissance à un nouveau modèle pour les jeux du futur?

     

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