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    Insultée parce qu’elle portait un short

    Maude Vallet, étudiante de 18 ans vivant à Toulon en France, est choquée. Le 13 juin 2016, dans le bus qui la ramène chez elle en fin d’après-midi, elle a été insultée et menacée par un groupe de filles, parce qu’elle portait un short.

    Publié le 
    16 Juin 2016
     par 
    Lucie Ryser

    Oui, on est en 2016 et une femme peut encore être agressée sous prétexte qu’une trop grande partie de son corps est visible.

    Lundi en fin d’après-midi, dans le bus qui la ramène de la plage à chez elle, Maude a été prise à partie par 5 filles qui jugeaient sa tenue trop courte et indécente. Les tourmenteuses ont généreusement arrosé la victime d’insultes dégradantes, et lui ont craché dessus. La jeune femme ne s’est pas démontée et a tenté de raisonner ses bourreaux mais rien n’y fit.

    «Faut se respecter, sale conne»

    Elle constate douloureusement que «nous sommes en 2016 et je tremble de rage: à la question "pourquoi vous me traitez de pute parce que je porte un short alors qu'un homme peut se balader torse nu en plein centre-ville sans que personne n'y trouve rien à redire?", elles m'ont répondu dans la seconde, les yeux écarquillés, comme si c'était l'évidence absolue: "ben parce que t'es une femme, faut se respecter sale conne." Ah oui. Au temps pour moi, j'avais oublié. Mais merci, maintenant j'ai la très agréable impression d'avoir fait un bond de quelques siècles en arrière.»

    Même lorsqu’elles ont menacé de la frapper, aucun passager du transport public n’a réagi. Sentant que les problèmes ne faisaient que commencer, Maude sort du bus et demande à un passant de l’accompagner dans un magasin car le groupe la suit et continue à l’appeler par des noms d’oiseaux. Elles attendront devant l’enseigne durant 15 minutes que leur victime ressorte, puis s’en iront enfin.

    La rage au ventre

    Pourtant habituée au sexisme et au harcèlement de rue (ce qui est dramatique en soi), l’étudiante a évidemment été ébranlée par cette histoire. Le soir même, la rage au ventre, elle publie un message d’indignation sur Facebook, accompagné d’une photo de la tenue incriminée titrée «Bonjour, je suis une salope».

    Ce qui attriste surtout Maude, c’est d’avoir été agressée par des femmes. Celles-là même qui devraient se battre pour leur liberté et l’égalité entre les sexes. Le «slut-shaming» a malheureusement encore de beaux jours devant lui, et la cause féministe fort à faire, c’est certain.

    La bonne nouvelle (si on peut appeler ça comme ça), c’est que la publication de ce texte sur le réseau social a fait un tel buzz que des témoins de la scène se sont manifestés et que, grâce à cela, Maude envisage de porter plainte.

     

     


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