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    #FeminaOpinion: Ma charge mentale m’a mise K.O

    Cahier des charges à remplir picobello d'ici la fin 2017, santé à maintenir irréprochable (sous peine de passer pour une personne qui ne prend vraiment pas soin d'elle), frigo à pourvoir de légumes de saison, plombier à contacter pour cet évier bouché... Et si la petite liste qui hante perpétuellement nos pensées pouvait s’alléger en demandant plus d'aide aux hommes; ça nous aiderait, non?

    Publié le 
    30 Octobre 2017
     par 
    Juliane Monnin

    «Dans mon canapé je ronge mes doigts et ce qui cerne mes yeux c’est le noir que je broie (…) j’essaye de comprendre le comment du pourquoi» chante le duo Izia Orelsan dans «Les ennuis». Honnêtement, il faut bien avouer que c’est ce que ressent en cette fin d'année votre auteure, et apparemment toujours une bonne majorité des femmes qui, malgré la course éreintante vers l’égalité homme femme des tâches ménagères et professionnelles, ne semblent pas voir la lumière au bout du tunnel… Zut, on y croyait un peu tout de même!

    Le «travail invisible», le nouveau bizutage des femmes

    Car l’actualité de cette fin d’année 2017 nous rappelle amèrement la situation. Les recherches de Rebecca Erickson, professeur de sociologie à l’Université d’Akron, se sont portées sur une thématique encore tabou: le travail «invisible» des femmes. L'étude souligne le fait que ce sont toujours les employéEs qui se coltinent les petites choses désagréables à faire dans l’entreprise. Cela peut aller d’accueillir le nouveau petit stagiaire (on parie que vous l’avez déjà vécu) à veiller à ce qu’il y ait toujours des verres en carton vers la machine café. C’est évident, on est bien contentes de se «charger» davantage la tête.

    Dangers et conséquences de la charge mentale

    A la maison, le topo psycho n’est pas plus brillant: on n’a pas fini d’avoir l’esprit façon œufs brouillés. Comme le rappelle le magazine «Marie Claire» dans son édition d’octobre 2017, la charge mentale (une expression canadienne) ou la liste constante des préoccupations (qu’elles soient familiales ou professionnelles) tournent toujours autant en boucle dans la tête des femmes. Et désolées Messieurs, mais cela n’a rien de cliché de le dire, car les chiffres sont bien là: les femmes passent deux fois plus de temps à faire le ménage et à s’occuper des enfants (Source Insee «Enquête emploi du temps 2009-2010).

    Attendez, ce n’est pas tout. Publiée à l’été 2017, l’étude OpinionWay pour la Boulangère montre que 88% des femmes se sentent responsables de l’élaboration du repas contre seulement 62% des hommes. Et quand 90% des femmes pensent au ménage, juste 57% des hommes se le remémorent. Une cure d’Omega 3 peut-être?

    Le danger? Des conséquences directes et indéniables sur la carrière professionnelle de chacun. L'ensemble des femmes interrogées pense que les hommes peuvent du coup, accorder plus de temps à la bonne réussite de leur carrière. 2017 vous dites? La préhistoire, oui!

    L'étude met également en évidence les tensions provoquées par ce déséquilibre dans le couple: près de 35% des interrogées les ont déjà ressenties. D’ailleurs, la meilleure photographie de ce fléau contemporain est probablement la géniale bande dessinée «Un autre regard» (le tome 2 vient de sortir) de l’illustratrice française Emma qui résume à la perfection la charge mentale des femmes et le déséquilibre qu’il engendre par exemple, dans les relations amoureuses.

     

    Une aide souhaitée

    Autre point révélé par le sondage OpinionWay, une femme sur deux en couple interrogée estime qu’un soutien masculin plus conséquent dans les tâches domestiques améliorerait nettement leur bien-être mental et physique.

    Alors on entend déjà les plus méthodiques dire: «La clef? Une meilleure communication dans le couple», «il faut faire des listes/déléguer/mieux s’organiser», «Il existe des livres de développement personnel pour faire disparaître sa charge mentale». Les plus féministes: «Il faut demander davantage de l’aide des hommes», «Ces inégalités ont assez duré». Les plus parfaits – à l’instar des époux Mathilde et Bertrand, 31 et 32 ans, invités par «Marie Claire» à comparer leur «to do list» quotidienne: «Nos listes montrent qu’on est un couple plutôt égalitaire». Juste avant de glisser l'air de rien que Bertrand est plutôt du genre «à cacher le bazar dans les tiroirs»… C'est un peu moche Mathilde! Mais comme quoi, même quand on se considère comme un exemple de charge mentale free, on peut toujours rêver de mieux.

    Allez les gars, soit on entonne cyniquement le refrain d’Izia et d'Orelsan; «Et la vie suit son cours, chacun demain à son histoire», soit on appelle, ensemble, à un vrai changement de société. Basique. Simple.


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