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    Monnayons nos névroses! Ou comment joindre l’inutile au désagréable

    Chaque semaine, Sonia Arnal, la rédactrice en chef de Femina, croque dans son édito le quotidien, avec humour et ironie. Ce 24 juin 2018, elle reste pantoise face à cette tendance écolo de ramasser les déchets en groupe.

    Publié le 
    24 Juin 2018
     par 
    Sonia Arnal

    Il se passe un truc bizarre avec nos déchets.

    Je comprends bien la logique du pollueur-payeur, même si, avec mon sac taxé, j’ai plutôt l’impression d’être dans une logique de pollueur-deux-fois-payeur (une fois comme contribuable, une fois quand j’achète mon rouleau de dix sachets). Mais enfin, le principe se défend. Pour d’autres concepts, j’ai plus de peine à saisir la cohérence. On organise par exemple d’innombrables journées pour que des bénévoles ramassent des déchets (dans le lac, les champs, les cours d’eau, les parcs, les rues). Après quoi on se félicite de la quantité d’objets trouvés et plus encore de leur incongruité. Ainsi, le caddie, le vélo et le frigo arrivent-ils en bonne place dans le palmarès du fourbi qu’on se vante d’avoir sorti du caniveau, alors qu’il me semble que c’est de ne rien trouver qui devrait nous réjouir, non?

    Un thermoplongeur en cuisine? L’appel du plastique oui!

    Le civisme, aujourd’hui, celui qui nous vaut l’admiration de nos pairs, ce n’est donc plus seulement de jeter nos déchets dans une poubelle idoine, comportement très généralement partagé par les gens sensés bien avant que l’écologie ne soit à la mode, c’est, condition nécessaire, de consacrer une journée tous les mois à nettoyer des espaces publics. Pire, la chose est en passe de devenir un sport: le plogging. En gros, il s’agit de faire son jogging un sac-poubelle à la main et de ramasser ce qui traîne.

    On cumule ainsi deux névroses de notre formidable époque, la santé et l’écologie, en un seul geste absurde, tout en joignant l’inutile au désagréable.

    Les objets veulent ma peau!

    Courir en s’arrêtant tous les deux mètres ne sert à rien et lancer des escouades de sportifs en trainings moulants ne va pas franchement calmer les imbéciles qui jettent leurs ordures sur le trottoir. Pensez à vos ados: quand vous passez l’aspirateur dans leur chambre à leur place, sont-ils – grâce à ce dévouement – plus sensibilisés qu’avant à l’ordre et à la propreté? Vous voyez, vous aussi vous riez!

    Débordée par mes poubelles

    On a atteint un nouveau degré de comique avec une initiative hollandaise: on nous propose une croisière écolo sur les canaux d’Amsterdam, avec pour but de ramasser le plus de plastique possible. Prix: 25 euros. Une façon géniale de monnayer notre pathétique envie de passer pour des gens biens, des bobos à la pointe du trend. Moi, je dis bravo.

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