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    Comment se lancer sur YouTube (et y rester)?

    Vous rêvez de filmer et de monter des vidéos, de partager votre passion avec des internautes du monde entier? N’hésitez plus et démarrez votre chaîne YouTube, mais avant tout, lisez nos conseils pour éviter les faux pas… et ne pas lâcher.

    Publié le 
    25 Octobre 2018
     par 
    Muriel Chavaillaz

    «Démarrer ma chaîne YouTube». Comme chaque année, Lisa note cet objectif sur la liste de ses bonnes résolutions. «Cela fait 3 ans je crois, confie-t-elle. Mais je n’ai jamais dépassé ce stade! J’ai des idées, un nom de chaîne… et je n’ose pas franchir le pas.» Pourtant, Lisa aurait tout à y gagner. «Si l’on a l’envie, que l’on souhaite partager quelque chose qui nous tient à cœur, il ne faut pas hésiter», note Eléonore Maugeais, coordinatrice de projet pour Les Internettes, un collectif français qui encourage et valorise les créatrices de vidéos.

    Un seul moteur: la passion

    Et cela doit rester la motivation principale. Car si l’on se fixe un nombre de followers à atteindre ou que l’on vise la célébrité sur la Toile, on fait fausse route, comme l’explique Bertrand Saillen, directeur artistique du Royaume du Web, festival suisse consacré aux stars du web: «En se lançant, l’idée ne doit pas être d’accumuler un maximum de vues. On est alors dans une vision opportuniste qui ne fonctionne pas. Le moteur doit être la passion.

    «Aujourd’hui, les algorithmes font qu’il est de plus en plus difficile d’avoir une chaîne qui se développe. À une époque, des vidéos réalisées par des YouTubeurs peu connus pouvaient soudain engendrer des millions, voire des dizaines de millions de vues. Ce n’est plus le cas actuellement.»

     

     

    Ce qui fonctionne? Rester soi-même. «Les gens qui percent sont ceux qui ont une image et un caractère différents, qui traitent un contenu avec un angle différent de ce qui a déjà été fait, poursuit le spécialiste. C’est ainsi qu’ils se démarquent.» Laure, 18 ans, a lancé sa chaîne «Ruedelor» il y a 4 mois. «Je ne me concentre pas sur les statistiques, je me fais plaisir, témoigne la jeune femme. J’ai mon univers, mes idées, et tant mieux si cela plaît. Si non, ce n’est pas grave!» Pour elle, pas question de se focaliser sur un domaine «facile d’accès»: «Si on tourne une vidéo pour plaire aux autres, ça se ressent immédiatement. Il faut faire quelque chose auquel on croit.»

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    Se remettre en question et évoluer

    Valentine Caporale, la «Reine des tartines», comme on la surnomme sur la Toile, a ouvert sa chaîne il y a un an. «Je n’avais pas suffisamment de marge de manœuvre sur Instagram, j’avais besoin de plus d’espace pour m’exprimer», confie-t-elle. Mais pas question pour autant de se lancer les yeux fermés: story-board, plan de parutions des vidéos, ligne éditoriale… Valentine a tout imaginé avant de cliquer sur «publier». «Je ne pense pas que ce soit forcément nécessaire, il y a des personnes qui ont besoin de plus de spontanéité que d’autres. Mais cela m’a bien aidé, même si la chaîne ne cesse d’évoluer en fonction de ma vie, de mes envies et de ce que ma communauté apprécie ou pas.»

     

     

    C’est peut-être là l’une des clés pour durer: savoir se remettre en question et ne pas se cantonner à un seul domaine. «La grande force de YouTube, c’est sa spontanéité, relève Bertrand Saillen. On peut tout à fait avoir une chaîne de cuisine et réaliser des vlogs et des vidéos traitants d’un tout autre objet.» Se fixer une ligne directrice tout en osant aborder des sujets variés? Banco!

    «L’erreur serait de faire quelque chose qui s’éloigne de sa personnalité et de ses envies, détaille Eléonore Maugeais. Il faut également se détacher de l’objectif d’en faire un métier: il y a un mythe autour des personnes qui vivent de leurs vidéos.»

    Quel matériel choisir?

    Est-il nécessaire d’investir dans du matériel? «Pas forcément dans un premier temps, répond la coordinatrice de projet. On peut commencer par se faire prêter une caméra, un micro et regarder ce qui nous convient.» Laure note que l’on peut tout à fait «filmer avec son smartphone étant donné que le contenu prime sur la forme». Pour Valentine, l’idéal est de tourner dans un lieu calme, insonorisé, bien illuminé «et, pourquoi pas, d’investir par la suite dans un bon micro ou une caméra». Bertrand Saillen nuance ces propos: «Un investissement matériel est une évidence. Être présent sur Instagram ou sur YouTube, ce n’est pas du tout la même chose, il faut une certaine maîtrise technique et compter 1000 fr. pour débuter. Avec cet argent, on peut s’offrir un bon appareil photo, un trépied, une lumière led et un micro. C’est le minimum.»

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    Une fois la chaîne lancée, pas question de lâcher. C’est pourtant l’épreuve qui guette Lisa et toutes les petites nouvelles qui répondent déjà aux abonnés absents après quelques mois seulement. «Réfléchir à un concept, tourner et monter sont des activités chronophages, explique Bertrand Saillen. Avant de mettre en ligne la première vidéo, il est nécessaire d’en avoir 3 à 4 en réserve, car pour percer, il faut publier très régulièrement. Par ailleurs, cela permettra de prendre davantage de temps pour réaliser les suivantes.» Et même si le nombre de vues n’est pas à la hauteur des espérances, on ne se décourage pas pour autant:

    «Mettre en place une chaîne ne se fait pas facilement, poursuit le spécialiste. Il faut de la persévérance. L’erreur serait de se comparer à des chiffres gigantesques: l’audience ne doit pas être un but en soi. Il faut avant tout se faire plaisir, être fier de ce que l’on a réalisé.»

    Un dernier conseil? «Osez vous lancer, vraiment, répond Éléonore Maugeais. Trop de femmes n’osent pas, c’est dommage. On se met souvent trop de barrières alors qu’on n’a rien à perdre.» Laure, elle, n’a pas hésité: «Si l’on a des choses à dire, il faut le faire et arrêter de penser que c’est trop difficile: il y a de la place pour tout le monde sur YouTube!» Y compris pour Lisa, pour vous et pour nous.

     

     

    4 astuces pour faire connaître sa chaîne

    Mettre en place des vidéos croisées

    L’idée? Faire appel à d’autres YouTubeurs pour réaliser des vidéos en commun. Cela permet de croiser les deux communautés et d’accroître son audience. C’est souvent par le biais de ces collaborations que de nouvelles chaînes parviennent à décoller.

    Ne pas négliger les réseaux sociaux

    Twitter, Facebook et Instagram sont des outils essentiels pour diffuser le contenu de sa chaîne. Cela permet également de faire vivre cette dernière entre deux vidéos publiées. Les Stories et leurs célèbres «Swipes» sont parfaites pour amener l’audience directement sur la nouvelle vidéo.

    S’inspirer de la plateforme

    «Je conseille à tout le monde de passer du temps sur YouTube, s’enthousiasme Valentine Caporale. C’est tellement riche, c’est une source de découvertes sans fin et un outil d’avenir.»

    Réseauter

    «En passant par Les Internettes, par exemple: nous avons pour but de valoriser les femmes vidéastes en partageant leurs contenus, précise Eléonore Maugeais. Nous avons aussi créé un groupe Facebook pour permettre des échanges entre les créatrices. Il est également capital de s’entourer de personnes bienveillantes telles que la famille et les amis: ces derniers vont pouvoir nous faire des retours sur les vidéos publiées et nous aider à progresser.» Le collectif a également mis en place «Internettes Explorer», un site qui répertorie toutes les chaînes créées par des femmes francophones. À ce jour, plus de 1300 YouTubeuses y sont inscrites.

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