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    Le Canada a inventé l’homme politique sexy

    Physique de mannequin, féminisme offensif et sens de la répartie, Justin Trudeau, le nouveau Premier ministre canadien, titille autant la libido que les neurones des internautes. Un buzz pas si superficiel qu’il en a l’air.

    Publié le 
    17 Novembre 2015
     par 
    Nicolas Poinsot

    Sur l’échelle de la sexitude des hommes politiques, on connaissait surtout, jusqu’ici, l’extrémité basse, le machistosaure Donald Trump en pole position. Mais à l’autre bout? Ok, on avait eu l’élégant François Barouin en France, le fier et grisonnant Dominique de Villepin, lui-même papa d’une mannequin, toujours en France, ou plus récemment le fringant suisse Bastien Girod, qui avait défilé nu avec abdos solides en prime lors d’une manif. Mais c’est sans doute sur l’autre rive de l’Atlantique que se situe la première place du podium avec, dessus, le nouveau Premier ministre Justin Trudeau.

     

     

    Récemment élu, ce leader libéral du centre-gauche, 43 ans et chevelure au vent à la Highlander, fait le buzz du côté des internautes féminines des cinq continents. En cause? Une plastique tout droit sortie d’un boys band, un caractère de rebelle et, comble du sexy, des convictions féministes assumées qui font s’étrangler les politiciens conservateurs du pays.

    Il a d’ailleurs choisi de composer son gouvernement en respectant une stricte parité. Et quand un journaliste lui a maladroitement demandé en public pourquoi son équipe présentait autant d’hommes que de femmes, Mister Trudeau a tout simplement rétorqué: «Parce que nous sommes en 2015.» A l’entendre, on se dit qu’il n’y avait en effet pas besoin de s’encombrer d’arguments plus sophistiqués pour clouer le bec au sexisme.

    Un adepte des strip-teases au parlement

    Beau, brillant, respectueux des femmes, il n’en fallait du coup pas davantage pour voir soudain déferler une trudeaumania planétaire. Surtout que le nouveau Premier ministre, lui-même fils d’un ex-Premier ministre canadien, a l’art de se faire remarquer. Boxeur de très bon niveau, il a affronté un député conservateur lors d’un match visant à lever des fonds pour la lutte contre le cancer. On l’a également vu exécuter un strip-tease lors d’une soirée en 2011, toujours pour lever des fonds.

    Et lorsqu’il ne démolit pas des mâchoires sur un ring ou ne déboutonne pas chemise et pantalon devant témoins, Justin Trudeau envoie des torpilles verbales peu communes à ses adversaires, telles que «you’re a piece of shit» ou «mon amour». De quoi désarçonner un moment les intéressés surpris en plein direct.

     

     

    Mais ce qui étonne le plus finalement, c’est le regard que portent sur lui les citoyennes. Un regard habituellement dirigé vers les jolies femmes politiques dont, parfois, on scrute l’anatomie davantage que les neurones. Son statut d’homme-objet, le nouveau Premier ministre l’assume. Et en joue, sans perdre de vue sa mission et ses préoccupations.

     

     

    Il faut dire que le Canada, avec son terreau intellectuel féministe installé de longue date, bien plus influent qu’en Europe, constitue un espace propice à un tel renversement. Là-bas, les électrices apprécient sans doute ce politicien qui range au placard son costume de patriarche et ses manières de mâle alpha, préférant gouverner en montrant ses différentes facettes: homme engagé, papa poule, ado blagueur, séducteur sûr de lui, voire bad boy provoquant ses adversaires, tout cela en prônant des valeurs progressistes.

    Un cocktail encore inédit qui certes ne conviendrait pas à toutes les sensibilités politiques autour du globe. Reste que si l’essai réussit et s’exporte à l’étranger, le sniper machiste de fond d’assemblée, qui sévit encore trop souvent sous nos contrées, pourrait bien être classé espèce en voie d’extinction. Merci Justin.

     

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