news société

    Après le hygge, on se met au lagom

    Connaissez-vous le lagom? Un lifestyle suédois, basé sur la simplicité et la recherche de l’équilibre? Dans son livre intitulé, «Lagom – Vivre mieux avec moins» (Ed. Dunod), publié en septembre 2017, Anna Brones dévoile les secrets de cette thérapie feelgood. Alors que le spleen automnal nous guette, voici 7 façons d’adopter au quotidien ce bonheur nordique.

    Publié le 
    14 Septembre 2017
     par 
    Juliane Monnin

    Le mot «la-gom» (à prononcer en deux syllabes) tire ses racines du suédois. La légende urbaine dit que le lagom vient d’une vieille tradition viking qui consistait à trinquer avec un verre d’hydromel et de dire «laget om» ou, en bon français, «à toute l’équipe». Une sorte de «santé» en gros.

    Aujourd’hui, selon Anna Brones, le lagom a une place capitale dans la culture suédoise moderne. Souvent traduit par «ni trop, ni trop peu, juste ce qu’il faut», cette recherche d’un équilibre de vie s’applique à tous les domaines de la société (ou presque). Ainsi, on peut, par exemple, manger lagom, boire lagom, travailler lagom… D’ailleurs, pour une amie suédoise de l’auteure, le lagom, «c’est exactement comme on veut que les choses soient». Inspirant vous dites?

    Se concocter une maison misyg

    Les Danois ont le hygge, les Suédois, le mysig. Ce terme signifie accueillant, ressourçant, en particulier dans notre habitation. Dans son ouvrage, Anna Brones rappelle l’importance de se créer un espace à soi, un petit nid qui doit être un «refuge physique et émotionnel». Ainsi, dans notre intérieur, on veille par exemple à soigner l’éclairage afin qu’il ne nous agresse pas. Au salon, dans le but de favoriser les échanges, on oublie le canapé tourné vers la TV. Et comme le lagom déteste l'encombrement de l’esprit ou de l’espace, on garde uniquement les choses qui nous rendent heureux et qui nous servent, façon Marie Kondo. Le proverbe suédois à se rappeler:

    «Ailleurs c’est bien, chez soi, c’est mieux.»


    © Pinterest planete-deco.fr

    S’organiser un dressing durable

    «La fast fashion avec ses prix dérisoires qui poussent à la surconsommation est l’antithèse même d’une garde-robe lagom» décrit l’auteure. A l’image de la déco, pour être en phase avec la religion scandinave, on se pose les bonnes questions: quel style me convient le mieux? Quels vêtements me donnent une belle allure? Ai-je réellement besoin de cinq robes noires? Selon Brones, à l’instar des Suédois, on doit renouveler notre dressing parce qu’il s’use, et non pour suivre les caprices de la mode. (Mémo: on met peut-être davantage de temps pour acquérir des pièces de qualité, mais une fois qu’on les a, on n’a plus besoin d’en acheter d’autres.)

    Avoir une alimentation qui fait du bien à la planète

    Anna Brones le concède: le lagom n’est pas un grand fan de la malbouffe et des mœurs culinaires extravagantes.

    «La cuisine suédoise repose sur l’utilisation d’aliments non transformés, de produits frais et locaux. Adoptez votre garde-manger à la région dans laquelle vous habitez» conseille-t-elle.

    Encore une fois, il ne s’agit pas de se priver, mais d’avoir une alimentation de saison, «sans chichi» et intelligente. On rappelle ici que les Suédois sont un peuple de gourmands, ils raffolent des douceurs sucrées et de l’aquavit, l’alcool national, qu’ils consomment en quantité raisonnable. Evidemment.

    Note: on copie le menu typique de leurs banquets pour nos brunchs d’automne; à nous, boulettes de viande, harengs fumés, concombres marinés à l’aneth, smörgas (tartines beurrées), pepparkakor (biscuits au gingembre), pain de seigle, filmjölk (yaourt-lait caillé) et autre glögg (vin chaud).


    © Pinterest Sweet Paul Magazine

    A lire aussi:
    Anti déprime hivernale: on se met au hygge
    Le gemütlichkeit, le nouveau hygge

    Les 8 meilleures marques de cosmétiques hygge


    Se construire une carrière lagom

    Travailler selon la philosophie lagom consiste à ne pas rechercher la perfection: «Dans nos sociétés actuelles, on ne cesse de nous vanter des buts et des objectifs à atteindre. On nous assène qu’on peut tout avoir (…) L’esprit lagom ne consiste pas à rechercher la perfection, mais la juste mesure» analyse Brones. Ou quand on arrête de mettre la barre trop haut. Et si cela nous évitait stress et burn out?

    Pratiquer la pleine conscience

    L’esprit lagom consiste à vivre le moment présent et oublier une bonne fois pour toutes de se fixer des objectifs irréalisables «qui finissent par nous obnubiler et nous empêcher de vivre». Concrètement, au quotidien, on décharge notre mentale de tout ce qui faire barrage à notre bonheur: colère, regret, jalousie, frustration, déception, etc. L’exercice pratique? Se déconnecter plusieurs heures par jours de nos écrans et des réseaux sociaux pour créer davantage de liens amicaux ou amoureux. La tête qui vacille à l’idée de la tonne de dossiers qu’il nous reste à abattre? On prend un carnet, et on note tout pour ne pas oublier les tâches à faire le lendemain.

    Combler notre manque de vert

    Autre fait inquiétant et intéressant lu dans l’ouvrage «Lagom – Vivre mieux avec moins»: nous souffrons de «trouble du déficit de nature». Un mal qui ne touche pas les Suédois, qui passent, eux, leur vie à l’extérieur. Afin de réparer ce manque, on file se balader dans le jardin près de notre job le midi, on part marcher le week-end, etc. Chic, les belles couleurs d’automne sont bientôt à notre porte. Note: au quotidien, au travail, comme à la maison, on s’entoure de plantes ou de fleurs coupées; un booster de moral validé!


    © Pinterest Frenchy Fancy

    Réduire notre bilan écologique

    «Nous consommons 1,6 fois ce que la Terre est capable de produire», écrit Anna Brones.

    Plus de temps à perdre, on se met au karma «green», et on révise, au passage, certaines règles écologiques de bases telles que réduire nos déchets, recycler davantage, économiser l’eau et l’énergie, etc. Oui, c’est vrai, on entend un peu notre mère nous dire, «coupe le robinet quand tu te laves les dents», mais ces fondamentaux verts sont toujours bons à rappeler. Et il n’est jamais trop tard pour s’opposer au gaspillage et à l’obsolescence programmée de bon nombre de nos objets domestiques. Allez, upcyclez maintenant!

    La phrase de fin? «Vivre lagom, c’est trouver le bonheur non pas dans les biens matériels ou dans la réussite sociale, mais en ayant une existence harmonieuse.»

    D'autres livres sur le lagom

    Envie d’aller plus loin dans l’art du lagom? Réjouissez-vous, l’actualité littéraire sur le sujet est tout simplement foisonnante. Voici les récents ouvrages parus sur le sujet:

    - «Lagom, Le nouvel art de la simplicité suédoise», de Linnea Dunne, éditions Hachette

    - «Le livre du lagom, L’art suédois du «ni trop, ni trop peu», d’Anne Thoumieux, éditions First

    - «Mettez du lagom dans votre vie», de Solveig Berggren, éditions Marabout

    - «Lagôm», d’A. akerstrom Lola, éditions Marabout

    - «Lagom – Le nouvel art de vivre suédois», de Brantmark Niki, éditions Harper Collins France (sortie novembre 2017)

     

    A lire également
    Les applis de rencontre auraient tué le romantisme, seraient envahies par les hommes... on fait le point sur les mythes et vérités de l'amour online.
    O
    La réalisatrice suisse Barbara Miller
    Dans «Female pleasure», la réalisatrice suisse Barbara Miller examine les rapports conflictuels entre les grandes religions et le corps féminin.
    O