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Sortie grandie du chômage
Employée auxiliaire (…) depuis plusieurs années, je pensais que s’il m’arrivait quelque chose, j’étais assurée d’une perte de gain jusqu’à mon rétablissement, ce qui n’a pas été le cas. En effet, mon employeur avait une clause qui précisait que trois mois d’indemnités étaient versés en cas d’arrêt maladie. Pour une opération du dos, c’est juste ironique! (…) Je ne savais vraiment plus quoi faire. (En plus, je devais verser 10% des frais hospitaliers et je n’avais plus de revenu). Ne pouvant pas non plus bénéficier du chômage, car j’étais en incapacité de travail. (…) Le médecin a prévu un retour au travail d’ici à un an. Impossible! De quoi vais-je vivre? Que faire? (Et on est en Suisse!) A ce mo ment-là, trois choix s’imposaient: le suicide, une rente à vie, ou une nouvelle formation (un apprentissage) à 32 ans. Ce sont des choix bien difficiles. Mais comment faire? A qui en parler? Alors j’ai appelé l’ORP de Vevey, mon interlocutrice était des plus charmantes, elle a pris le temps de m’écouter, puis m’a expliqué les démarches à effectuer (…). Ils m’ont fixé un premier rendez-vous avec une conseillère extraordinaire, malgré le fait que je ne pouvais toujours pas reprendre une activité (pas apte au placement). On a parlé des possibilités de reconversion, elle a cru en moi, malgré mon parcours scolaire minimal (Option). Ce n’est pas moins de 150 offres d’emploi que j’ai envoyées durant les deux mois suivants. Ma conseillère a pris la peine de corriger mon CV, ainsi que ma lettre de motivation (même si je n’avais toujours pas droit au chômage). (…) Voilà mai qui arrive enfin, je suis apte au placement (…) et là tout s’enchaîne. Je trouve une place d’apprentissage d’employée de commerce (…). La conseillère m’a obtenu le droit à une formation avec une indemnité plus que correcte. Elle m’a aussi soutenue pendant mes quatre ans d’apprentissage (…). J’ai ensuite trouvé un travail. (…) Ma grand-mère avait une parole bien sage: «Quand on veut, on peut». Merci donc à toutes les personnes qui ont voulu, avec qui j’ai pu.
Marielle Durgniat
Un minimum de considération...
J’ai vécu une situation identique à Léa. Mon conseiller m’a pénalisé d’un mois d’indemnités pour avoir refusé de faire un cours de dessin assisté par ordinateur alors que je n’avais que des bases de Word et d’Excel. J’avais à l’époque 50 ans. (…) J’espère que nos merveilleux conseillers se retrouveront un jour de l’autre côté de la barrière (…).
Gérard
Attitude scandaleuse
Je suis outré (…) de l’attitude du conseiller de Léa. Ne même pas savoir le nom de la personne avec qui il a rendez-vous, ne pas fermer la porte lors de l’entretien, ne pas avoir son dossier (…). Toute personne doit être respectée, quelle que soit sa situation. C’est déjà assez difficile comme ça. Un conseiller n’est pas tout-puissant (…). Je peux comprendre que Léa ait perdu confiance (…). Je lui souhaite plein succès dans son travail et bravo pour son courage d’avoir témoigné. Moi-même, je suis au chômage et j’ai une superconseillère qui m’a donné la possibilité de suivre des cours. (…)
Nom connu de la rédaction
Il faut se battre!
J’ai été (…) confrontée au chômage et au diktat des ORP qui n’ont, à mon sens, aucune compassion. (…) J’avais 42 ans et la dernière de mes filles quelques semaines. Je me suis présentée avec la poussette et mon bébé. Je crois que le conseiller n’a pas très bien saisi le contexte… A mon âge, je ne pouvais pas avoir un enfant si petit, donc il a eu des propos outranciers: pourquoi j’étais une fainéante, je ne faisais pas d’efforts pour trouver du travail, etc. Je lui ai répondu du tac au tac que je n’avais pas besoin d’un énergumène de ce genre pour savoir ce que j’avais à faire. J’ai parlé plus fort que lui et il n’y a eu aucune sanction. Tout l’étage se souvient de notre entrevue. (…)
Josiane Jacquey
Injustice partagée
J’ai vécu (…) une expérience très similaire à celle de Léa. Tout en espérant qu’il ne s’agisse que de quelques cas isolés. Cadre au bénéfice d’une expérience professionnelle d’une dizaine d’années, je me suis inscrite au chômage alors que je rentrais de l’étranger (où j’exerçais une activité à plein-temps). J’ai touché les allocations chômage pendant deux mois (…) avant de retrouver un emploi. Chacune de mes visites, heureusement peu nombreuses au final, se soldait par un moral en berne, l’impression de ne rien valoir et de profiter outrageusement du système… Système pour lequel je cotisais depuis une dizaine d’années (…). Comme Léa: suppression de jours d’indemnités pour des raisons douteuses (…). Comme Léa: je me suis sentie une moins que rien (…). Le conseiller me présentait des emplois «junior» qui, de plus, signifiaient une baisse de salaire significative «vous allez bien devoir travailler de toute façon, donc vous n’allez pas faire la difficile»… Entendre cela à votre deuxième rendez-vous à l’ORP me semble simplement choquant, comme si je profitais du système depuis des mois (…). En outre, exerçant un métier très spécialisé, à mon avis, mon conseiller ne savait même pas ce dont il s’agissait… Ce qui rendait son rôle des plus compliqués. (…) Nous avons la chance en Suisse de pouvoir être soutenu lors d’une période de chômage. Il est regrettable que certains conseillers s’octroient le droit de traiter leurs «clients» comme des «inférieurs» et je me demande si eux-mêmes sont contrôlés. Ont-ils tous les capacités pour occuper ce poste? (…) Selon mon expérience, mon interlocuteur n’avait rien d’un «conseiller»… Je préfère penser qu’aucun système n’est parfait et que le cas de Léa et le mien restent des exceptions… mais en parler en évite certainement la prolifération.
Nom connu de la rédaction
Vos réactions à «Au chômage, j’ai été punie par mon conseiller ORP», Femina du 24 janvier 2009
























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