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Pour bénéficier d’une assurance-maladie complémentaire, une femme doit payer davantage qu’un homme parce qu’elle coûterait plus. Il y a de la discrimination dans l’air. Explications.
FEMINA Pourquoi les assureurs disent-ils que les femmes coûtent plus cher au système de santé que les hommes?
BETTINA BORISCH Leur méthode de calcul repose sur l’évaluation des risques. Parmi ces risques figure par exemple la maternité. Ou le fait que les femmes vivent plus longtemps que les hommes et occasionnent donc davantage de frais médicaux sur la durée.
Où est l’erreur?
Il n’est pas logique, par exemple, que les coûts liés à la contraception, à la maternité ou à la stérilité ne soient imputés qu’aux femmes alors que les hommes sont directement concernés par ces questions. Pour se protéger ou pour faire un bébé, il faut être deux! Les frais devraient être répartis.
S’agissant de la longévité des femmes, on ne peut pas tenir le même raisonnement…
On dit qu’elles coûtent plus cher puisqu’elles vivent plus longtemps. Mais en même temps, on passe totalement sous silence les économies que les femmes font faire au système de santé grâce à leur travail bénévole, quand elles prennent soin de leurs enfants et, plus tard, de leurs parents âgés. Ce sont presque toujours les femmes, et non les hommes, qui s’occupent d’un parent âgé. Si l’on comptait leurs heures au tarif d’une nurse ou d’une infirmière, cela représenterait des sommes énormes!
Si l’on se fie aux statistiques, les femmes sont plus souvent malades que les hommes.
Diverses études ont montré qu’en général les deux sexes n’ont pas les mêmes problèmes de santé. La maladie affecte davantage les femmes, alors que chez les hommes, les accidents sont plus fréquents.
Comment l’expliquer?
Les hommes se caractérisent par des comportements à risque, comme l’alcoolisme, la violence, les accidents de la route ou du travail. Or les accidents relèvent de l’assurance accidents obligatoire, et les frais qui en découlent ne sont pas intégrés dans les calculs des caisses maladie. Si c’était le cas, les coûts seraient mieux répartis entre hommes et femmes.
Mais peut-on parler d’un système de santé qui serait discriminatoire à l’égard des femmes?
Ce qui est certain, c’est que personne ne s’est jamais avisé de mener une réflexion de base sur ces questions. Il faudrait cesser de montrer les femmes du doigt et prendre les mesures adéquates. Les femmes qui travaillent ont très peu desoutien. Le congé maternité est court et il n’y a pas assez de places en crèche. Le stress qu’occasionne la nécessité de concilier vie de famille et activité professionnelle se répercute sur leur santé. Tout semble fait exprès pour que les femmes restent au foyer. Et quand elles se consacrent entièrement à leurs enfants tout en s’occupant par exemple d’une association à titre bénévole, leur travail n’est pas pris en compte, notamment par l’AVS. C’est simple: on fait comme si le travail non rémunéré n’existait pas.
Bio Express
Enseignant à l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Genève, Bettina Borisch est aussi présidente d’Europa Donna Suisse, forum qui milite pour que toutes les femmes puissent accéder aux meilleurs dépistages et traitements du cancer du sein.




































2 commentaires
Je trouve aussi que les primes + élevées pour les femmes sont discriminatoires. Par exemple, le prix des complémtenaires est vite exhorbitant ! A chaque fois, les assureurs me répondent que c'est en raison de "risque élevé" de maternité. Je dis : "OK, je ne veux pas d'enfant. Vous excluez toute prestation en cas de maternité, et je paie la même prime que les hommes, OK ?" "Non. Car vous êtes une femme".
Nous le savons tous, les femmes font les enfants sans les hommes... (ironie)
La maternité est le plus souvent très bien vécu et ne nécessite pas une plus grande prise en charge que certains maux. Un suivi est normal dans cette situation, rappelons que nos médicaments nous les payons nous même...
Maintenant dans notre société les femmes doivent être partout à la fois, nous faire croire qu'aller bosser c'est une chance et un bien-être, je n'en suis pas tout à fait sûre... comme l'article le dit: le stress qu'occassionne la nécessité de concilier vie de famille et activité professionnelle se répercute sur leur santé. J'ai choisi de rester à la maison après mon 3ième enfants, je vous garanti que j'apprécie tous les jours d'être sans stress et sans trop de contrainte. Malheureusement notre travail à la maison n'est vraiment reconnu et encouragé, la preuve par la différence des tarifs pour le système de santé, mais aussi pour les impôts: les frais de crèche nous on ne connaît pas et même si il y en avait pas de déductions possible, par contre il faut payer la taxe non-pompier, mais encore pas de déductions d'un troisième pillier car pas de revenu. A tout ceux et celle qui m'entendent, expliqué-moi où est l'erreur, nous voulons une jeunesse plus calme plus encadré mais de l'autre on ne facilite pas aux parents de pouvoir le faire.
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