Poils aux aisselles!

La belle Jeanne porte haut ses poils sous les bras. Et les hommes, que pensent-ils de ce détail soyeux?

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Par Marie-France Rigataux

 

Rompant avec les codes de la bienséance cosmétique, la belle Jeanne porte haut ses poils sous les bras. Et les hommes, que pensent-ils de ce détail soyeux?

 

C’est une grande et jolie fille aux yeux pétillants. La petite trentaine. Si elle se laisse facilement aller à la confidence, Jeanne n'est en revanche pas du tout dans la provocation. Ce n'est qu'au détour d'une phrase lâchée en fin de soirée que vous apprenez que, depuis quelques mois, la belle technicienne de son a renoncé à s'épiler sous les bras. «Je trouve que la chasse aux poils va trop loin, dit-elle, j'en ai pris conscience un jour où je discutais avec une jeune ado de mon entourage littéralement obsédée: elle s'enlève même totalement les poils du pubis! Comme une actrice de film porno. Là, je me suis dit: trop, c'est trop.» Par hasard, au même moment, elle tombe sur une photographie noir-blanc des années 50 qui révèle une femme plutôt belle, avec les dessous de bras touffus. Et Jeanne se surprend à penser que non, ce n'est pas du tout vilain. Sa décision est prise: si elle continuera à se raser les jambes, elle n’interviendra plus, en revanche, sur ses aisselles. Mais elle offre tout de même un droit de veto à son copain. Qui dit: «Essaie et on verra.» Depuis, la cause est entendue. «Au fond, je me suis demandé si je n'avais pas commencé à me raser parce que tout le monde le faisait, en fonction de critères esthétiques imposés. Des obligations féminines qui me gonflent: chaque mois se faire tirer les poils, toutes les six semaines aller chez le coiffeur pour les mèches, fréquenter une manucure, une pédicure, etc. De toute façon, je ne trouve pas qu'un dessous de bras est beau, même épilé!» Féministe sans excès, Jeanne refuse de camoufler cette initiative derrière un vague prétexte de rébellion et, surtout, ne fait pas de prosélytisme. Du reste, certaines de ses amies ne se gênent pas de lui dire combien elles trouvent ça moche! Mais d'autres ont très envie de la copier... «A voir comment fonctionnent les phénomènes de mode, je ne serais pas étonnée que le poil retrouve sa légitimité dans quelque temps. D'ailleurs, prenez Asia Argento: cette fille rock’n’roll ne craint pas de se laisser photographier duvet sous le bras.»

Ce qu'en disent les hommes

POUR

Loïc, 29 ans, écrivain en couple

Faire la chasse aux poils revient à nier notre part animale. A l'ère du «tout lisse», ne pas s'épiler sous les aisselles est un signe de manque de propreté, pense-t-on. Mais cet excès de propreté a tendance à tuer l'érotisme! Une jolie aisselle un peu velue peut être magnifique. La découvrir, très excitant. Il faut sortir de la tyrannie du corps glabre. La présence de poils a une raison d'être. Il faut accepter l'idée que ce coin du corps peut révéler un secret. Et, pourquoi pas, évoquer le sexe?

Fabien, 36 ans, musicien célibataire

J'aime bien, et je regrette que cela reste rare. C'est quelque chose de très sensuel. Ce qui apparaît comme un acte de rébellion pour certains me semble au contraire très naturel. Mon premier amour était une fille assez poilue, et inconsciemment cela doit me rappeler cette époque. J'aime les vraies femmes, pas les petites filles, et pour moi celles qui n'ont plus de poils s'y apparentent.

Max, 45 ans, instituteur marié

Cela me laisse assez indifférent. Et, après tout, pourquoi imposerions-nous à nos compagnes des codes hygiénistes qu'on ne respecte pas forcément nous-mêmes? Mais il faut que ce soit impeccablement entretenu. Ne pas être synonyme de laisser-aller. Surtout ne pas ressembler à une forêt vierge!

CONTRE

Jérôme, 30 ans, make up artist en couple

Répugnant! Bon d'accord, le qualificatif est exagéré, mais franchement je ne trouve ça ni esthétique ni très hygiénique. Autant j'aime un triangle du pubis fourni et dru, autant je déteste les poils aux jambes et aux aisselles. Cela dit, je ne suis pas sectaire. Une de mes amies milite pour la pilosité. C'est naturel, dit-elle, il n'y a aucune raison de s'épiler. Comme elle a la peau mate et des poils foncés, on ne passe vraiment pas à côté! Mais on l'aime comme ça.

Nicola, 34 ans, dans la finance, en couple

Les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont «disgracieux», «rebutants». Cela m'évoque surtout les bus encombrés, l'été, avec des dessous de bras qui se révèlent lorsque les femmes se tiennent à la rampe. Pour certaines, ce peut être un retour aux sources, mais je ne trouve pas ça sensuel du tout, et ce serait même tout à fait dissuasif pour entamer une relation.

Pierre, 33 ans, avocat en couple

Je pourrais additionner tous les adjectifs négatifs. Je trouve même ça repoussant, et je peine à comprendre celles qui justifient leur démarche sous couvert de revendication féministe ou baba cool. Non, je n'aurais jamais pu être attiré par une fille dont on aperçoit les poils des aisselles!

 

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