Hot, les Brésiliennes, mais qui sont-elles?

Elles sont exotiques, féminines, dynamiques, chaleureuses. Des qualités que les Suisses recherchent...

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Par Valérie Fournier

 

Elles sont exotiques, féminines, dynamiques, chaleureuses. Des qualités que les Suisses recherchent puisqu’ils les épousent… Et elles, qu’est-ce qui les attire? Rencontre avec quatre Brésiliennes pour qui Suisse ne rime pas seulement avec amour.

 

Surprise! Au hit-parade des nationalités dans les mariages mixtes des hommes suisses, les Brésiliennes arrivent en deuxième position, après les Allemandes au niveau national, et les Françaises au niveau romand. Elles devancent ainsi les Thaïlandaises, les Italiennes, les Marocaines, les Russes et les Ukrainiennes. En comparaison, les Suissesses ont des affinités beaucoup plus «classiques», épousant des Italiens, des Allemands, des Serbes ou des Monténégrins. Les hommes assumeraient donc jusqu’à l’officialiser leur goût pour l’exotisme? Au-delà des clichés, les Brésiliennes ont effectivement tout pour séduire: féminines, fonceuses, sensuelles avec leur peau ambrée et leur chevelure de lionne, elles ont une façon piquante d’appréhender la vie, entre force de caractère et décontraction.

Proportionnellement, les Brésiliens ne sont pourtant pas surreprésentés dans la population étrangère: 50 000 si l’on prend les chiffres de l’association Ciga Brasil, qui intègre les sans-papiers et les détenteurs d’un passeport européen, 14 500 si l’on considère le nombre officiel des résidents permanents… Il y aurait 60% de femmes et 40% d’hommes. En comparaison, la communauté italienne, la plus importante communauté étrangère de Suisse, compte environ 292 000 personnes. Les Allemands sont 203 000, et les Serbes ou Monténégrins 188 000.

Le Suisse qui tombe amoureux d’une Brésilienne n’a souvent pas d’autre choix que d’épouser sa dulcinée. Il y a cependant autant de cas de figure que de couples, comme en témoignent les femmes que nous avons rencontrées.

Une longue histoire

La Suisse et le Brésil sont liés historiquement. De nombreux Suisses ont fui les famines au début du XIXe siècle pour reconstruire une vie au Brésil. Ils ont fondé par exemple Nova Friburgo. Ainsi beaucoup de Brésiliens ont-ils un ancêtre suisse ou tout au moins européen, puisque les immigrants ne sont pas venus que de notre pays, mais de l’Europe entière et du Portugal bien sûr, avec lequel il partage la langue. Il est bien connu qu’on obtient plus facilement un permis d’établissement en Suisse en ayant déjà un passeport européen.

En Suisse, l’immigration brésilienne a trouvé accueil et ouverture d’esprit. «Il y a des nationalités plus difficiles à porter, nous, nous sommes en général assez bien vus, notre nationalité n’est pas associée à la délinquance», explique Lenise, en Suisse depuis treize ans. La Suisse fait certes rêver, mais les Brésiliens ne cherchent pas à fuir leur pays au péril de leur vie, à l’image de ces Africains victimes de la guerre civile et de la pauvreté extrême qui tentent de traverser la mer sur des radeaux de fortune. «Dans le quartier de Fortaleza d’où je viens, les gens sont très pauvres mais ne s’en plaignent pas. Ils ont leur bistrot, le soleil, la plage, le foot, ils sont aussi très croyants et se disent qu’il y a une raison si leur place est ici», analyse Vanessa, arrivée en Suisse avec sa mère à l’âge de 4 ans.

Une fois en Suisse, Brésiliennes et Brésiliens s’intègrent facilement mais perpétuent aussi leurs traditions au sein de communautés très actives. A Genève par exemple, l’association Raízes œuvre depuis treize ans pour faire vivre la culture brésilienne. En Suisse depuis trente-cinq ans, mariée depuis vingt-sept ans et mère de trois enfants, Beatriz de Candolle en a été membre fondateur et est la présidente actuelle. «L’idée est venue de nous, mères brésiliennes, qui trouvions dommage que nos enfants perdent la langue et la culture de notre pays. Nous avons donc mis sur pied des cours de portugais du Brésil, qui est différent du portugais classique, donné dans les écoles. Nous avons obtenu que les notes soient reconnues officiellement, en Suisse et au Brésil, pour des équivalences de cursus.» Raízes dispense également des cours de français pour faciliter l’intégration des lusophones. Elle organise le carnaval brésilien, des conférences autour d’écrivains, des ateliers de musique, des concerts, etc. Comme beaucoup, Beatriz s’insurge contre les clichés liés au Brésil: «Le Brésil, ce n’est pas que la samba, le carnaval et les filles en minibikini sur les plages. C’est un pays très riche et très varié au niveau culturel.»

Richesse culturelle

Une richesse que défend aussi Jacques Bornand, ancien président de l’association Suisse-Brésil Tropicalp et directeur de l’agence de voyages Promobras. Pendant treize ans, cette association a organisé de nombreux événements dans la région de Lausanne: quinzaine cinématographique, cours de capoeira, repas traditionnel avec la feijoada, conférences, carnaval aussi, évidemment. Jacques Bornand organise aujourd’hui des circuits découverte au Brésil, un pays qu’il connaît parfaitement, selon que l’on cherche de la nature authentique, des plages ou des réalisations architecturales. Il pose aussi son regard malicieux sur les rapports hommes-femmes au Brésil. «Là-bas, la société est un peu machiste, et il est normal quand une femme aime un homme qu’elle lui donne un enfant. Mais le mariage n’est pas courant, car les couples se font et se défont tout aussi facilement, et c’est plus simple.» Il est donc assez courant d’avoir plusieurs enfants de pères différents. Les femmes n’en sont pas moins travailleuses, elles ont une force de caractère qui donne à la société brésilienne un air matriarcal. Ce sont elles qui soutiennent financièrement leur homme et qui dirigent la cellule familiale. Celles qui vivent en Suisse n’ont pas oublié les leçons de leur mère et conservent leurs habitudes. A l’instar des femmes qui nous ont raconté leur parcours, elles vont toujours de l’avant sans perdre leur légendaire joie de vivre et leur positivisme.

 

Où faire la fête et manger brésilien

Au Montreux Jazz: Brasil Tropical Boat, les 11 et 12 juillet sur le lac. Carnaval Olinda-Recife, concerts gratuits au parc Vernex et sur les quais samedi 11 juillet dès 14 h, www.montreuxjazz.com

A Lausanne: Au Oba-Oba, av. de Provence 82, Restaurant et discothèque Au Copacabana, spécialité de rodizio (10 sortes de viandes grillées), rue de Montheron 63, Cugy.

A Genève: A la Fumisterie, rue des Noirettes 21 à Carouge, roda de samba tous les lundis dès 18 h, music live.

A Sierre: Churrascaria do marché, rue du Marché 23.

Au Brésil! Circuit découverte sur mesure, écotourisme, etc., chez Promobras, rue du Petit-Chêne 28bis, Lausanne, www.promobras.ch

 

Top Tens des nationalités
que les Suisses épousent

Top Tens des nationalités
que les Suissesses épousent

1. Allemandes
2. Brésiliennes
3. Thaïlandaises
4. Italiennes
5. Serbes/Monténégrines
6. Françaises
7. Russes
8. Ukrainiennes
9. Turques
10. Marocianes

1. Italiens
2. Allemands
3. Serbes/Monténégrins
4. Turcs
5. Français
6. Portugais
7. Macédoniens
8. Tunisiens
9. Espagnols
10. Bosniaques

 

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1 commentaire

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Cristina Nascimento | le 29 juin 2009 à 12:09

Les clichés liés à la femme brésiliennes sont loin de disparaître et votre reportage tombe, elle aussi, dans ce piège. Si d’un côté les femmes interviewées habitant en Suisse se plaignent du regard helvétique trop concentré sur les attributs carnavalesques de la culture du pays du foot, elles ne font que confirmer ce stéréotype en revenant sur un discours ayant comme toile de fond le natif dans leur habitat naturel avec « leur bistrot, le soleil, la plage, le foot ». J’aurais aimé que vous donniez la parole à des femmes brésiliennes capables de produire un discours cohérent qui échappe à ces clichés et que j’en suis sûre sont, comme moi, nombreuses à vivre une toute autre réalité sur les terres romandes. Des femmes plus concentrées sur leurs réalisations professionnelles et sur leur insertion dans le marché de travail suisse. Des femmes qui dépasse l’exotisme de leur origines pour évoluer dans des divers domaines comme la recherche scientifique ou encore les organisations internationales. Il n’y a aucun sens en vouloir savoir pourquoi les hommes suisses préfèrent les femmes brésiliennes. C’est donner trop d’importance à l’homme, à « son » choix. Et dire que les Brésiliens sont les machos… Pourquoi donc ne pas donner la parole à ces « dulcinées » pour qu’elles racontent leur choix ? Peut-être parce que ces dulcinées n’ont pas de choix et qu’on essaie de faire un sorte qu’elles en ont un en écrivant un article qui les ridiculise davantage : « Hot, les Brésiliennes ! ».

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