Comment peut-on encore être homophobe?

Les 4 et 5 septembre, Genève accueillera les premières assises contre l’homophobie...

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Par Marlyse Tschui

 

Comment peut-on encore être homophobe? Les 4 et 5 septembre, Genève accueillera les premières assises contre l’homophobie. Catherine Gaillard, du comité d’organisation, affirme que les préjugés anti-homo restent vivaces.

 

FEMINA Pourquoi organiser ces assises? Les Suisses sont-ils homophobes?

CATHERINE GAILARD La plupart des Suisses ne sont pas homophobes, puisque 58% d’entre eux ont voté pour le partenariat enregistré entre personnes de même sexe. L’évolution des mentalités est incontestable. Mais dans les faits, les discriminations existent toujours.

Par exemple?

Les Chambres fédérales ont refusé d’entrer en matière sur une motion demandant à ce que les insultes homophobes, au même titre que les insultes racistes ou sexistes, soient punies par le droit pénal, comme c’est le cas dans les autres pays.

Les insultes restent monnaie courante?

Oui. L’homophobie ordinaire avance masquée. A l’école ou dans les clubs de sport, les jeunes entendent à longueur de temps des insultes du style «pédé», ou pire encore. Ceux qui les profèrent ne sont même pas conscients de l’impact de tels adjectifs. Mais chez l’ado qui prend conscience de son orientation sexuelle, cela fait des ravages et explique en partie le nombre élevé de tentatives de suicide chez les jeunes homosexuels.

Et qu’en est-il dans les familles?

Des parents peuvent affirmer n’avoir aucun préjugé, mais quand il s’agit de leur propre enfant, ils se demandent souvent si c’est leur faute, s’ils ont raté son éducation, comme si le fait d’être homosexuel était anormal. Certains renient leur enfant. D’autres passent par des étapes d’acceptation. Les parents doivent eux aussi faire une sorte de coming out, cesser de mentir, et dire à la famille et à l’entourage que leur fils n’a pas une copine, mais un copain. Il peut être difficile d’en parler.

Les homosexuels et les lesbiennes rencontrent-ils d’autres obstacles à l’âge adulte?

C’est dans le monde du travail que la crainte de l’homophobie est la plus grande. Peur d’être discriminé, de subir des moqueries ou d’être mis à l’écart. Peur que si son homosexualité est révélée, elle ne soit un obstacle à la carrière. Après la famille et les amis, le milieu professionnel est le dernier endroit où les homosexuels font leur coming out.

Cela nécessite pas mal de courage…

Oui, d’autant qu’on n’en finit jamais de faire son coming out, chaque fois qu’on déménage, pendant les vacances, quand on change de travail ou qu’on se fait de nouveaux amis. C’est lourd.

Pensez-vous qu’il faudrait davantage parler de ces problèmes dans les écoles?

C’est certain. Il y règne encore beaucoup de clichés homophobes. Les enseignants, d’ailleurs, en sont conscients. Ils manquent d’outils pédagogiques adéquats. C’est un point important dont nous débattrons lors de ces assises contre l’homophobiessises. En fait, ce qui manque en Suisse, c’est une politique globale contre l’homophobie.

 

Bio Express

Conteuse de profession, militante féministe par conviction, l’ex-conseillère municipale genevoise Catherine Gaillard est vice-présidente de la Fédération genevoise des associations LGBT (lesbiennes, gay, bi et transexuelles).
www.fedeationlgbt-geneve.ch

 

1 commentaire

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Anonymous | le 13 oct. 2009 à 02:33

Oui je constate souvent que les préjugés contre les homo existent encore

video homo

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