«Comment j’ai laissé mon petit ami flic me pourrir la vie»

Louisa, 30 ans, a vécu cinq ans avec un manipulateur qui surveillait ses moindres faits et gestes...

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Par Julien Burri

 

Louisa, 30 ans, a vécu cinq ans avec un manipulateur qui surveillait ses moindres faits et gestes. Par peur, elle s’est laissé modeler à son image.

 

J’ai connu Sylvain à l’âge de 7 ans

Il était dans la classe de mon frère aîné. A l’époque, j’étais la tête de Turc de toute l’école, on me traitait de «sale Porto», et je rêvais d’être blonde aux yeux bleus, le seul moyen pour avoir la paix! Sylvain, lui, était le seul garçon qui ne m’embêtait pas. Au contraire, il se comportait comme un justicier et prenait ma défense dans la cour de récréation.

Plus grande, j’ai pu accompagner mon frère et son ami dans leurs sorties. J’étais contente d’être avec des grands et que quelqu’un s’intéresse à moi… Puis j’ai commencé mon apprentissage de coiffeuse, Sylvain son école de police, j’avais 16 ans et lui 18. De plus en plus, nous faisions des activités rien que les deux, sans mon frère.

Sylvain m’a proposé de sortir avec lui

Je continuais de penser que, si quelqu’un s’intéressait à moi, ça ne pouvait être qu’une bonne chose. Je n’ai pas osé dire non parce que j’avais peur de ne plus l’avoir comme ami. Mais je me rappelle que je n’avais qu’une envie: prendre ma voiture et fuir à l’autre bout de la Suisse.

La semaine je restais chez mes parents, et le week-end j’allais chez Sylvain. Un jour il m’a annoncé par écrit qu’il me quitterait si je ne m’investissais pas davantage dans notre relation. J’étais abandonnique et j’ai décidé d’emménager chez lui, même si, profondément, je n’en avais pas envie. Je ne savais quoi penser de notre couple, si ce n’est qu’il correspondait au schéma traditionnel que m’avaient inculqué mes parents. L’homme décide, la femme suit. Nous avons couché ensemble pour la première fois pendant un voyage à Berlin. Ce n’était pas le moment fabuleux auquel je m’attendais, celui qu’on voit dans les films. C’était aussi extraordinaire que d’aller faire les commissions au supermarché! Ce rapprochement physique n’a pas amélioré notre relation: nous n’avions ni complicité ni tendresse l’un envers l’autre.

Très vite, nous sommes entrés dans la routine que Sylvain avait mise en place

Je faisais le ménage et la cuisine. Le soir, nous regardions la télévision; c’était lui qui décidait du programme. J’aurais préféré d’autres activités, comme du sport, mais c’était hors de question.

Je devais m’adapter à ses horaires irréguliers pour être à la maison quand il rentrait. Je n’avais pas le droit non plus de m’habiller de manière sexy, sauf lorsque nous sortions tous les deux. En public, il aimait m’exhiber, tout en me rabaissant d’ailleurs. Si on me demandait mon avis, il lâchait: «Luisa, elle ne pense pas, elle est coiffeuse.» Il m’est arrivé de partir pleurer aux toilettes, tellement il était blessant.

Sylvain aimait me raconter comme il se défoulait avec ses collègues policiers

Quand ils arrêtaient une personne louche, susceptible d’être violente, il faisait exprès de l’allumer verbalement pour qu’il donne le premier coup. Dès ce moment-là, ils avaient le droit de «se défendre» et de rendre les coups. Ils avaient carte blanche. Je trouvais ça ignoble. Sylvain gardait aussi un pistolet chargé à la maison, prétextant qu’il pouvait servir s’il y avait une effraction quand j’étais seule à la maison. Il m’avait expliqué qu’il gardait aussi une balle spéciale pour le jour où il «se l’enverrait dans la tête», comme il disait. Il m’expliquait les meilleures manières de se suicider, et tenait des propos qui tombaient comme un cheveu sur la soupe: «La principale cause de suicide chez les hommes, c’est la déception amoureuse.» Inconsciemment, je ne me donnais pas le droit de partir pour ne pas le rendre malheureux ni déclencher de catastrophe.

J’ai commencé à me faire des amis en dehors du travail, dont une apprentie de quatrième année, ma seule amie, avec qui je sortais parfois. Elle m’a présenté un couple très sympathique. J’ai eu un choc en les voyant rire tous les deux, en harmonie… Un soir, mes nouveaux amis m’ont proposé une partie de billard. J’ai demandé à Sylvain s’il me laissait sortir avec eux. Il m’a répondu oui. Je me suis bien amusée, mais en rentrant j’ai trouvé un post-it: «Ce soir, tu as fait ton choix, tu en assumeras les conséquences.» Je n’ai pas compris ce que j’avais fait de mal et j’appréhendais ce qui allait me tomber sur la tête. Les jours suivants pourtant, rien n’a changé dans le comportement de Sylvain. Je n’ai pas été punie. Cet épisode m’a fait prendre conscience que je devais partir. Mais il avait réussi à me faire croire que je n’étais bonne à rien sans lui. Que je n’étais qu’une pauvre petite chose.

J’ai commencé à désobéir pour le provoquer

Il m’interdisait de sortir sans lui habillée de manière sexy? Un jour, j’ai mis en cachette de jolis habits dans mon sac de sport, pour me changer hors de la maison. Le lendemain, j’ai dû lui rendre des comptes. Il fouillait mes armoires pour savoir avec quels habits je sortais. Il surveillait aussi mes déplacements. Au lieu de faire des rondes de nuit en ville avec sa moto de police, il tournait autour de notre immeuble. Je reconnaissais très bien le bruit de sa moto dans la rue. Je ne lui en parlais pas, notre communication était toujours nulle. Puis il m’a fait sa demande en mariage. Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’ai dit oui, par peur d’un refus. Comme j’étais très perturbée les jours suivants, il m’a dit: «Je vois bien que tu n’as pas envie de m’épouser» et j’ai répondu: «C’est trop tôt». Il m’a fait la tête pendant trois semaines. Un matin, je suis allée le réveiller et il m’a lancé le réveille-matin à la figure. J’avais la lèvre ouverte et saignante.

J’ai négligé le ménage et j’ai commencé à voler dans les magasins pour provoquer une réaction, n’importe laquelle. Un jour il m’a trouvé un air bizarre et il m’a fait les poches à la sortie d’une boutique de souvenirs. J’étais comme une petite fille coupable. Résultat: j’avais volé un porte-clés. Il était miné, il m’a dit que j’étais malade et qu’il fallait me faire soigner. Nous avons convenu que j’irais voir un psy. C’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. J’ai pu parler à quelqu’un qui me voulait du bien. J’ai appris à me connaître, réalisé que je ne me sentais pas vivante avec Sylvain, mais plutôt comme une prisonnière.

Un hiver, mes nouveaux amis m’ont invitée à faire du surf avec eux à la montagne

Etonnamment, Sylvain m’a autorisée à y aller, même si le séjour durait deux semaines. Ces vacances étaient magnifiques. Le rêve! Sylvain m’a téléphoné, il était très vexé de voir que je m’amusais sans lui. Il m’a fait savoir par SMS qu’à mon retour je trouverais mes affaires personnelles déposées chez mes amis. Il me signifiait mon congé immédiat après cinq ans de vie commune.

Les premiers mois de séparation, il me suivait, m’attendait le soir dans mon parking. Il disait qu’il était là par hasard. Il espérait que j’allais revenir, mais j’étais trop contente qu’il m’ait mise dehors. Heureusement, il a rapidement trouvé une autre copine et il s’est marié. Depuis, il m’a laissée tranquille. Sans lui, j’ai découvert la joie de vivre, j’ai vu que je pouvais me débrouiller et prendre soin de moi. Je me rends compte aujourd’hui que, par lâcheté, je n’ai pas osé le quitter moi-même. Qu’à aucun moment je ne lui ai clairement dit que je n’avais pas envie de vivre avec lui. Par peur et parce que je n’imaginais pas qu’une autre vie serait possible. Peut-être parce qu’au moins j’avais l’impression d’exister aux yeux de quelqu’un.

 

3 commentaires

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Anonymous | le 15 oct. 2009 à 04:58

Bonsoir, Très émouvant votre histoire ! Il y a 2 mois j'ai quitté un homme (artiste comique...), après 2.5 ans de vie commune. C'était un jaloux maladif, il n'avait pas de confiance en moi, il fouillait dans mes affaires régulièrement (y compris ordinateur), il contrôlait mes tenues vestimentaires, mes conversations téléphoniques. Souvent il me disait que je lui disais des mensonges, et ce n'était pas le cas, au contraire. Il pouvait toujours compter sur moi, vu que j'étais tout le temps à la maison, je sortais qu'en journée, très très rarement. C'était plutôt lui qui sortait souvent, même en soirée, et rentrait tard la nuit, injoignable au téléphone la plupart des cas, et je ne pu que rarement compter sur lui. Il a rompu avec moi pas mal des fois, mais toujours il revenait en s'excusant, en disant qu'il m'aimait, et j'ai pardonné à chaque fois, car j'ai l'aimée profondément. Des longues discussions ont suivis chaque rupture...L'année passé j'ai trouvé même un joli appartement, et lorsque je lui ai montré la clef, il m'a supplié de rester. Il m'a promis qu'il allait changer...qu'il va se soigner, qu'il est conscient d'être colérique, qu'il fera tout pour s'améliorer. J'ai cédé...je ne savait pas que j'allais droit en enfer ! Le bonheur a duré 1 mois...il a recommencé ses crises de folies, insultes, il a recommencé de me dire qu'il en a marre de vivre avec une femme qui a 1 enfant (mon fils a 9 ans presque, et aimait beaucoup mon ex-ami), car il a 52 ans et il ne veux pas élever l'enfant qui n'est pas le sien... Il m'a avoué ça au bout de presque 2 ans de vie commune. Il ne voyait pas non plus la vie avec une femme qui a une vie calme, bien structurée, il a besoin de s'éclater dans sa vie. J'en suis tombé du haut ! Je sais, qu'il me trompait régulièrement...même en ma présence il a dragué des femmes, en me disant, que c'est dans le cadre de son métier d'artiste (il est clown professionnel...), il m'a fait vivre des cauchemars pas possibles ! En fait, 4 fois j'ai dû appeler la police, car il a voulu me tuer lors des certaines de ces crises de folies. J'avais de plus en plus peur de lui...Après ça dernière crise de folie, fin juin j'ai décidé de partir. Pourquoi ? Un dimanche matin, fin juin, il est parti ce promener, soit disant il avait un rdv avec un copain, (qq jours plus tard j'ai retrouvé dans son agenda les initiales PM et trois points...), j’ai l’attendais avec le dîner, il est arrivé avec 1 heure de retard, et déjà au table j’ai vu que qq chose n’allait pas…Un instant après il me dit qu’il veux rompre avec moi, sérieusement. C’était dure, même que j’étais prête à ça (il m’a quitté pas mal des fois, pour presque rien). Plus tard, j’ai entendu une conversation de mon copain (au 1er étage de la maison) très gai avec quelqu’un…J’ai senti que c’était une femme…En fait, le lendemain il avait rdv soit disant professionnel avec une femme qu’il a dragué au téléphone, il a invité chez nous à la maison au 1er étage (pendant que j’étais au 2ème !), il ne me l’a pas présenté, il a préféré invité au café à côté ! Jour après avoir rompu avec moi, il est allé chez elle justement pour des « raisons professionnelles », elle lui a fait aussi à manger…mais avant qu’il part de la maison, j’ai entendu comment mon ex a parlé à cette femme au téléphone…J’ai pleuré, j’étais dans tous mes états…Je le appelé vers la soirée, et la il a été tout froid avec moi, il m’a dis qu’il va rentrer et m’expliquera plus…Il a rentré très tard de la nuit, en portant sur lui l’odeur féminin (et ce n’était pas la 1ère fois…), il m’a dis qu’il en a marre de tout, surtout de la vie, et que je dois vite l’oublier, et que par contre il n’a personne dans sa vie. J’étais trop mal, j’avais le cœur qui se déchiré, j’ai pleuré… J’ai envoyé un message à cette femme, pour qu’elle m’explique qu’est-ce qu’il y a réellement entre elle et lui. Elle m’a répondu que ce n’était pas mon problème, alors là je m’étais fâché, j’ai appelé la femme, et j’avais une conversation hard avec elle…Ensuite, mon copain m’a dis qu’il ne voulait plus jamais me voir, ni me connaître. Et à nouveau je me suis fais agressée physiquement…et verbalement.
Rapidement, j'ai trouvé un joli appartement, mais dans le même village (à cause d'école de mon fils). Mon ex m'a dit : "Si tu quitte cette maison", je ne t'adresserai plus jamais la parole ! A cause de toi je vais perdre la maison !" (Puisque c'était moi qui a payé le loyer, la nourriture, la plupart des factures, restos, ciné, etc.) C'était moi qui tenait le ménage, s'occupait de lui, ces besoins, j'étais comme sur "un plateau", pendant que lui a mené sa vie, comme un "célibataire"...Un mois après mon départ, il a déjà une autre femme (pas la même) qui habite chez lui ! Parfois, je lui avait écris des sms, jamais il ne m’a répondu, par contre mes amis ce sont faits menacé, harcelé par lui a plusieurs reprises. Et je reçois des appels anonymes tous les jours (même la nuit). Je sais que c’est lui… Puisque jamais je ne vécu des choses pareils, avant lui. En plus, plusieurs fois il a déjà frappé a ma porte, je ne veux pas lui ouvrir, car il m’a trompé, trahi et vit avec une autre femme, si vite après mon départ ! Ignoble ! Tout simplement, je voudrais qu’il me laisse en paix, je ne sais plus quoi faire. Je sais, qu’il est malade dans la tête, je peur de lui, je crois que je vais déménager du village, s’il continu à me nuire. Voilà, où ça peut nous emmener trop de gentillesse, trop d’amour…
Bon courage à vous, dites-vous, que la vie est belle, et qu’il n’y a pas seulement les « méchants », mais les bonnes personnes que nous pouvons rencontrer, au bon moment et endroit. Meilleures salutations. YB

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Anonymous | le 24 juin 2009 à 21:06

j'ai vecu avec un algerien, Toufik, pendant 7 ans. De plus il se comporté comme un vrai gigolo, à part qu'il été possessif, mechant, et me trompait sans moindre hésitation. Votre histoire me rappele mon cochemare, pire que vous croiez..Heureusement, je l'ai quitté définitivement.

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tristesse | le 21 juin 2009 à 12:48

j ai lue ton message se genre de mec s apelle des pervers narcissiques pleins de femmes en sont victimes il y a des forums pour discuter fait le

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