«Le temps des vacances, nous accueillons une fillette»

Maryline, 35 ans, et son mari Fabrice, 37 ans, ont fait la connaissance de Marie-Marcelle en juillet 2006. Depuis, chaque été, ce couple de Fribourgeois ouvre la porte de son cœur…

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Par Jennifer Segui / Photo: (C) Christophe Chaummartin, www.rezo.ch

 

Maryline, 35 ans, et son mari Fabrice, 37 ans, ont fait la connaissance de Marie-Marcelle en juillet 2006. Depuis, chaque été, ce couple de Fribourgeois ouvre la porte de son cœur et de son foyer à cette petite Française qui quitte la banlieue parisienne pour prendre la clé des champs…

 

Accueillir un enfant pour les vacances d’été...

...c’est en quelque sorte une histoire de famille. Celle de mes beaux-parents, qui en ont l’habitude depuis 25 ans. Pour mon mari Fabrice, qui est fils unique, l’arrivée de la belle saison était synonyme de jeux avec un «petit frère» ou une «petite sœur» pour la durée des vacances. Donc s’engager au travers de l’association Kovive, ça n’était que du positif à nos yeux!

Comme avec Fabrice on est ensemble depuis très longtemps, j’ai moi-même connu beaucoup d’enfants que ses parents ont reçus chez eux. J’ai pu tisser des liens et me rendre compte de l’enrichissement réciproque qu’on pouvait tirer de cette expérience. Via les nouveaux réseaux sociaux, j’ai d’ailleurs repris contact avec des enfants qui avaient séjourné dans sa famille. Je sais ce qu’ils sont devenus, ce qu’ils font de leur vie. Et je sais aussi qu’ils n’ont pas oublié leurs vacances en Suisse!

C’est en 2006 que Fabrice et moi avons décidé de nous inscrire

On s’est dit: c’est notre tour! J’étais enceinte et je ne travaillais pas, c’était le moment idéal. Mais attention! Dès le départ, cet engagement était une histoire de couple. Même si Fabrice, qui est ferblantier, avait des obligations professionnelles, il était clair qu’il devait s’impliquer. De toute façon, on était aussi motivés l’un que l’autre. Nous avons donc exprimé, auprès de l’association Kovive, notre souhait de recevoir un enfant l’été. Nous avons dû fournir un extrait de casier judiciaire, un certificat de bonnes mœurs délivré par la commune. Ensuite, une personne de l’association est venue chez nous, histoire de se rendre compte de l’environnement dans lequel évoluerait l’enfant. J’ai émis le souhait d’héberger plutôt une petite fille, entre 4 et 6 ans, pour deux raisons: en tant que femme, une fille me paraissait plus simple, et ma belle-mère, qui habite près de chez nous, accueillait elle aussi une petite fille. Je me disais qu’elles pourraient jouer ensemble.

La personne de l’association nous a donné quelques conseils et des consignes aussi. Dans les grandes lignes, nous n’étions pas là pour éduquer, mais pour permettre à un enfant de prendre du bon temps. Nul besoin pour cela d’habiter un palace ou de les trimballer aux quatre coins du pays. Du temps et de la bonne humeur suffisaient!

En juin, nous avons reçu une lettre qui nous présentait Marie-Marcelle. Elle avait 4 ans et demi et venait de la région parisienne. Il y avait une photo, elle était toute chou, on craquait déjà! On nous a juste précisé qu’elle était douce et calme.

Nous sommes allés la chercher en gare de Fribourg début juillet

Elle arrivait en même temps que trente-cinq autres enfants. C’était très émouvant de voir ces petits, tout épuisés après presque douze heures de train. Je suis très émotive et j’ai versé quelques larmes... Marie-Marcelle portait une robe bleue et un chapeau rose, elle avait de petites tresses et de grands yeux. Au début, elle ne parlait pas beaucoup. Nous l’avons installée dans la chambre de notre futur bébé. On y avait mis des crayons, du papier. On lui avait aussi acheté un petit vélo. On lui a d’abord fichu la paix, elle s’est habituée à nous à son rythme, à coups de petites choses du quotidien. Un petit-déjeuner, une balade... Dans sa valise, il y avait un cadeau de la part de ses parents, originaires de la Côte d’Ivoire: deux jolis boubous. Et une lettre dans laquelle son papa nous précisait que, pendant ces trois semaines et demie, Marie-Marcelle était notre fille.

Tout de suite, elle a adoré la fondue, les balades en montagne et les macaronis de chalet. C’était drôle de voir son émerveillement pour chaque chose nouvelle qu’elle rencontrait: les vaches, une sauterelle. Et puis elle a profité de l’espace car nous habitons en pleine campagne. Elle s’est mise à courir partout, tout le temps, et très vite. Si vite que nous avons d’ailleurs signalé à ses parents ce don pour la vitesse. Depuis, Marie-Marcelle est inscrite dans un club d’athlétisme là où elle vit et remporte de nombreuses courses.

Bien sûr, il y a aussi eu quelques moments difficiles

Elle s’ennuyait de sa maman, de sa petite sœur, dont elle est très proche. Moi, je comprenais tout à fait ça. Quatre ans et demi, c’est si petit. Alors, on passait un petit coup de fil, on faisait un bisou. C’est une petite fille très câline. Son séjour a duré trois semaines et demie et, quand elle est partie, nous avions le cœur gros. Mais j’espérais qu’elle reviendrait l’année suivante. Tout dépendrait de la façon dont se passerait ma maternité ainsi que de ma disponibilité professionnelle.

L’été suivant, Marie-Marcelle était de retour. A la gare, elle nous a reconnus tout de suite. Il faut dire que, durant l’année, ses parents lui avaient régulièrement montré les photos d’un album que j’avais confectionné pour elle et qu’elle avait emporté. Immédiatement, elle a repris ses marques, retrouvé ses habitudes.

Depuis, elle revient chaque été, tout le quartier l’a adoptée et les voisins se réjouissent dès que la date approche

Elle grandit, change mais reste toujours aussi agréable. Elle joue beaucoup avec notre fils Lenny, 3 ans et demi, qui l’adore. Cette année, elle a 9 ans, et l’on sent qu’elle apprécie beaucoup le fait d’avoir sa propre chambre, son espace privé, car chez elle ce n’est pas le cas. Cet été, pour la première fois, elle reste six semaines. Au mois de mai dernier, nous sommes allés à Disneyland Paris et l’avons invitée. Ses parents nous ont reçus chez eux, pour un grand repas de fête ivoirien. On sent que, grâce à elle, on a vraiment tissé des liens.

Quand on nous dit que ce qu’on fait, c’est bien, moi, je réponds que je n’ai pas l’impression de faire la charité. C’est Marie-Marcelle qui nous apporte de l’amour. Et puis c’est notre vie, c’est naturel. Chaque été, notre famille compte simplement une personne de plus!»

Devenir famille d’accueil pour offrir des vacances à un enfant vous intéresse? Renseignez-vous sur www.kovive.ch ou au 041 249 20 80.


Marie-Marcelle s’est habituée à nous à son rythme, à coups de petites choses du quotidien. Un petit-déjeuner, une balade…

 

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