Joujou story

Les jouets Fisher-Price ont 80 ans. Retour sur l’histoire et les secrets de cette marque dont le nom ravive nos souvenirs d’enfance...

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Par Marlyse Tschui

 

Les jouets Fisher-Price ont 80 ans. Retour sur l’histoire et les secrets de cette marque dont le nom ravive nos souvenirs d’enfance.


Que celle qui ne s’est jamais amusée avec un jouet Fisher-Price lève la main. Personne? Rien d’étonnant. Gais, colorés, inusables et quasi incassables, ces joujoux passent souvent d’une génération à l’autre. Et cela dure depuis quatre-vingt ans!

Petit sondage à la rédaction. Enfant, ma collègue Fabienne possédait la collection des Little People, avec l’école et l’aéroport. Les filles de Stéphanie ont hérité du garage et de la ferme avec lesquels jouait leur maman. Loyse a offert à sa petite-fille la pyramide arc-en-ciel qui faisait déjà la joie de ses enfants. Quant à Adelita, elle se souvient avec une grimace du bruit (kling-kling) de la caisse enregistreuse avec laquelle ses filles s’amusaient des journées entières. Comme les Lego ou les Barbie, les objets Fisher-Price sont indissociables des souvenirs d’enfance, qui ressurgissent à chaque fois qu’on traverse le rayon jouets d’un grand magasin.

Un canard qui fait coin-coin

En 1930, quand ils fondent leur modeste entreprise à East Aurora, dans l’Etat de New York, Herman Fisher et Irving Price misent sur la qualité. Les premiers jouets sont fabriqués dans un bois de pin très solide, réputé pour ne pas faire d’échardes. Avec un credo qui n’a pas changé en huit décennies: «Les enfants aiment les jouets qui stimulent leur imagination, les divertissent et les surprennent.» Le succès est immédiat. Dr Doodle, le canard qui ouvre le bec et fait coin-coin quand on le tire, fait un malheur. Même réussite avec le chien Snoopy. Posé sur des roues qui font bouger ses pattes, il donne l’impression de marcher. Ces deux best-sellers sont devenus des collectors qui valent plus de mille  dollars sur les sites de vente aux enchères. Nostalgie, quand tu nous tiens…

Le verdict des gosses

Le duo Fisher-Price, qui vise exclusivement le créneau des gosses en âge préscolaire, a un secret. Il ne met pas un jouet sur le marché avant d’être sûr qu’il plaira aux tout-petits. Au début, les employés de la compagnie emportent les prototypes à la maison pour les faire tester par leur progéniture. Puis l’idée fait son chemin. En 1961, la firme crée un laboratoire de recherche, premier du genre. Il s’agit d’une grande salle de jeux où les enfants, observés discrètement par les concepteurs de jouets, s’amusent librement avec les objets de leur choix. Plus de 50 000 gosses ont déjà aidé la marque à cibler les bons produits. Chaque année, 3500 bambins âgés de quelques mois à six ans participent à ces expériences. Détail intéressant, les mères sont les premières à donner leur avis sur les nouvelles créations. Après tout, ce sont elles qui achètent les jouets! Quand elles ont fait le tri, les joujoux sont testés par les enfants. Ceux qui ne les intéressent pas ne seront pas produits.

Ce qui plaît aux petits? Tout d’abord les jouets qui bougent et font du bruit. Jusqu’à l’âge de cinq mois, ils préfèrent les teintes pastel, rose et bleu ciel. Ensuite ils sont davantage attirés par les couleurs primaires comme le rouge vif, le jaune et le bleu pétant. Depuis les années 1950, grâce à ce matériau révolutionnaire qu’est le plastique, Fisher-Price produit des jouets plus légers, plus colorés et plus inventifs. Derniers-nés de la cuvée 2010: un lecteur MP3 et une caméra vidéo spécialement conçus pour être utilisés par des petites mains inexpérimentées. Entre-temps, la firme a changé de propriétaires, mais en gardant à la fois son nom et la philosophie qui a assuré sa réussite: stimuler l’imagination de l’enfant, son plaisir, et ses capacités de développement. Le champion des jouets toutes catégories confondues, et dont le succès ne se dément pas au fil des ans, c’est l’un des plus simples: la pyramide arc-en-ciel. Avec ses anneaux colorés empilables de tailles différentes, elle permet au tout-petit de développer son sens de l’observation et son adresse manuelle.

Un marché planétaire

Acquise par la société Mattel dans les années 1990, la marque Fisher-Price reste leader mondial dans le créneau des jouets destinés aux enfants de moins de 6 ans. A East Aurora, lieu de naissance de toute cette aventure, le laboratoire de recherche poursuit ses activités. En assurant des emplois à un millier de personnes, il contribue à la prospérité de la région. Mais la fabrication ne se fait plus sur place: 80% de la production est assurée dans les pays asiatiques. Globalisation oblige...

La ferme et ses animaux, la caisse enregistreuse,
la pyramide à anneaux sont des classiques.
Quant au téléphone à roulettes, il est devenu
une star de cinéma, puisqu'il apparaît dans
Toy Story 3.

 

 

 

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