Dossiers
Jamais Saskia n’aurait imaginé qu’en commentant une recette de cuisine sur le fameux site de socialisation, elle tomberait raide dingue d’un inconnu.
J’ai du mal à croire à ce qui m’arrive
J’ai toujours méprisé les sites de rencontre et n’aurais pour rien au monde cherché à engager une relation amoureuse sur la Toile. Et surtout pas au moment où je profitais à fond de ma vie de célibataire, après m’être séparée du compagnon avec qui je vivais depuis de nombreuses années. Mais le hasard en a décidé autrement. Il y a deux mois, je commentais une recette de cuisine sur le mur Facebook d’un ami quand la discussion est partie sur un autre sujet. J’ai écrit que j’organisais une soirée chez moi et un gars m’a répondu: «Je devrais prendre l’avion pour participer à ta soirée.» C’était Lionel. Je lui ai envoyé un message: «Tu es le bienvenu!» Mais c’était un gag plus qu’autre chose. J’ai appris qu’il habitait Londres, et je suis allée voir son profil.
En voyant sa photo, j’ai fait: «Ouah!»
Il est beau et il a des yeux extraordinaires. Sa tête me disait quelque chose. Je lui ai demandé si on ne s’était pas déjà rencontrés quelque part. C’est ainsi que nous avons commencé à discuter. En fait, Lionel habite en Grande-Bretagne, mais il a passé toute sa jeunesse à Genève. Nous avons découvert que nous avions des amis communs. Plus jeunes, nous fréquentions les mêmes bistrots, les mêmes boîtes, et nous nous sommes probablement souvent croisés de loin. En creusant un peu, nous avons aussi constaté que dans notre enfance, nous avions fréquenté le même camp de vacances au fond du Jura français. Du coup, j’ai accepté qu’il soit mon ami sur Facebook, alors que d’habitude je n’accepte jamais les inconnus. Je lui ai envoyé un petit mot sympa. Puis nous nous sommes mis à chatter, à déconner un peu. Au début c’était superficiel. On s’amusait beaucoup. C’était comme un petit flirt innocent. Peu à peu, la correspondance est devenue plus sérieuse, intime. De fil en aiguille, je suis devenue accro à ses messages. Lionel est inculte, son orthographe est déplorable, mais je m’en fiche. Pendant deux semaines, on s’est écrit des lettres sur Facebook, dans lesquelles chacun répondait aux questions de l’autre. Je trouvais Lionel de plus en plus charmant, de plus en plus intéressant. J’étais déjà folle amoureuse, mais en même temps je me disais: «Oublie. Il est trop beau. Il n’a pas une gueule à être fidèle.» Fidèle, pourtant, il l’est. Ses amis me l’ont confirmé. Comme moi, il a vécu en couple pendant plusieurs années et sort tout juste d’une rupture. Au bout de deux semaines, j’ai eu envie d’entendre sa voix. On s’est téléphoné. Puis j’ai voulu le voir. On s’est mis à la webcam.
C’est devenu de la folie
Depuis, on passe la moitié de la nuit à se raconter, à parler de tout et de rien, et à rire. On a même passé toute une nuit à jouer au pendu! Il nous arrive d’emporter l’iPhone aux toilettes pour ne pas couper la communication. Notre record, c’est douze heures d’affilée, sans compter une pause pour une douche et la bouffe. C’est incroyable, on a toujours quelque chose à se dire. Je manque de sommeil, je suis dans un état terrible et je vais au boulot complètement ravagée.
J’aime l’humour de Lionel, sa simplicité, son côté tendre. Dans notre façon de penser, de nous exprimer, nous sommes sur la même longueur d’onde. Avec nos cerveaux d’artistes, nous partons dans les mêmes délires. Contrairement à mon ex, qui a toujours mené une vie très rangée, Lionel a le courage de vivre ses rêves. Sa passion, c’est la musique. Il est batteur, fréquente une école de musique et envisage d’aller se perfectionner aux Etats-Unis. Il aime le hard rock, le jazz, le blues, mais surtout le metal. J’adore la musique, moi aussi.
Parfois je me demande dans quelle histoire je me suis encore fichue
J’ai les boules. En même temps, je me dis que nous nous connaissons bien mieux que si nous avions fait connaissance de manière classique. Lors d’une première rencontre en chair et en os, ce sont les phéromones qui déclenchent le flash amoureux: tu craques d’abord, et tu poses les questions après. Alors que dans notre cas, c’est l’inverse. Cela fait deux mois que nous discutons, que nous nous faisons des confidences et que nous en savons toujours plus l’un sur l’autre. N’empêche. Quand on se verra, j’ai peur de le décevoir, peur qu’il ne me trouve pas assez jolie, peur de ne pas aimer son odeur. Je le saurai dans deux semaines. Je profiterai d’un séjour professionnel que j’effectuerai à Paris pour prendre l’Eurostar et passer le week-end avec lui.
Il viendra me chercher à la gare
Je lui ai dit: «Quand on se verra, est-ce que tu me serreras la main, est-ce que tu m’embrasseras, est-ce que tu me prendras dans tes bras ou est-ce que tu me remettras dans le train si je ne te plais pas?» Il a répondu qu’il me prendrait dans ses bras. Moi, la première chose que j’aurai envie de faire, c’est de sentir son odeur dans son cou. Et j’essayerai de ne pas tomber dans les pommes! Je me réjouis de passer derrière l’écran, de voir ses yeux en vrai, d’entendre sa voix en vrai. J’essaie de rester réaliste, d’imaginer le pire pour éviter la déception, mais je suis tellement amoureuse... Ce qui m’ennuie un peu, c’est que j’aurais préféré un endroit neutre pour notre première rencontre. A Londres, je vais chez lui. Or il vit en colocation avec six autres personnes. Ce n’est pas l’idéal. Plus tard, nous passerons nos vacances d’été ensemble au bord de la mer. C’est lui qui me l’a proposé. Cela me semblait risqué. Je lui ai demandé ce qui se passerait si notre premier week-end n’était pas concluant. Est-ce qu’on annulerait nos vacances? Il m’a dit: «Non, ne t’en fais pas. De toute façon, on s’entend bien. Dans le pire des cas, on ira en vacances comme deux potes, et on boira des bières sur la plage.
























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