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    Sophia Loren, une légende venue de Naples

    Cataclysme naturel qui mit le cinéma, et bien plus encore, à ses pieds, cette bambina du golfe de Naples s’est construit une légende à la démesure de sa beauté.

    Publié le 
    26 Septembre 2012
     par 
    Nicolas Poinsot

    Mirettes de déesse égyptienne, chevelure telle une nuée ardente du Vésuve… En découvrant cette fille nominée aux Oscars, croquée par le peintre René Bouché en une du Time du 6 avril 1962, on croit avoir affaire à une muse surgie des siècles de l’Histoire de l’art. Mais en dépit de ses airs modiglianesques, Sophia Loren, 27 ans au moment du portrait, est bien réelle. Et quelle réalité! Les mâles des années 50 se remettent à peine de son irruption devant les caméras, la rétine brûlée par cette explosion de courbes qu’aucun corset ne peut dompter. Couronnée à Cannes en 1961, l’actrice est devenue un mythe transatlantique sur le point de détrôner Brigitte Bardot à la première place du classement des stars les plus populaires en France.

    A l’origine du séisme, son corps, plastique extraordinaire caramélisée sous le soleil napolitain. En compagnie de sa mère Romilda, sacrée, malicieux clin d’œil du destin, meilleur sosie de Greta Garbo en 1932, celle qui se nomme alors Sofia Scicolone écume les concours de beauté dès 14 ans, déstabilisant les juges par son physique hors norme. Une distinction spécialement créée pour elle lui ouvre les portes du cinéma. Avant de trouver son pseudonyme définitif, on songe à la rebaptiser Lazzaro, en référence au ressuscité de la Bible, car sa seule vision peut, paraît-il, ramener un mort à la vie… D’ailleurs avec ses formes à couper le souffle, il est tentant pour les réalisateurs de la déshabiller à l’écran. Chose qu’ils obtiendront, au début. Consciente d’avoir suffisamment allumé la mèche en Cléopâtre topless, la belle ne réitérera pas, se contentant de suggérer, comme dans ses poses lascives pour l’édition 2007 du calendrier Pirelli, à 71 ans! «Sophia Loren nue, justifie-t-elle, cela fait beaucoup de nudité…»

    Icône sexuelle refusant le statut de femme-objet, son jeu d’acteur à fleur de peau, sincère, irradiant, fait des ravages. Dès 1957, l’Amérique l’adopte. Elle gagne presque aussitôt un premier prix d’interprétation à la Mostra de Venise pour L’Orchidée Noire. Prestige assuré, lui valant la féroce rivalité de sa compatriote Gina Lollobrigida. Et surtout des centaines de propositions de mariage. Son mètre quatre-vingt ne décourage pas les soupirants. Cary Grant est prêt à divorcer sur-le-champ si elle consent à l’épouser, rendu fou par son magnétisme torride, mais aussi sa douceur virginale. Un cocktail à l’œuvre dans Hier, aujourd’hui et demain (1963) où, dans une scène de strip-tease devenue culte, l’actrice s’effeuille face à Marcello Mastroianni.

    Sage en amour

    Au quotidien, Sophia n’est pas cette prédatrice qui subjugue les ténébreux de Hollywood. A part quelques flirts très paparazzés, elle est la femme d’un seul homme, Carlo Ponti, producteur rencontré en 1951 et de vingt-deux ans son aîné. Amour absolu longtemps contrarié par une affaire d’état civil. En effet, sur le papier, monsieur est encore marié, donc bigame. Dans la très pieuse Italie de l’époque, Vatican et justice se donnent la main pour malmener les tourtereaux, «ces pécheurs publics», osant même annuler la cérémonie prévue à Rome pour fêter l’oscar obtenu par la star en 1962. A l’issue de neuf ans d’exil, le différend réglé, le couple pourra enfin s’unir officiellement.

    Vénérée pour son sex-appeal surnaturel durant trois décennies, Sophia aurait aussi pu l’être pour sa voix, dont la tessiture d’ambre fit des merveilles au micro. Le swing d’Americano ou de Zoo be zoo qu’elle enregistra au début des années 60, peuple la bande son des défilés d’aujourd’hui. Preuve qu’à 77 ans et quasi autant de films, la Loren, installée à Genève, n’a jamais cessé d’être un phare pour la féminité.

     

    Exploit

    En avril 1962, Sophia Loren est la première femme à recevoir l’oscar de la meilleure actrice pour un film tourné dans une langue étrangère: ici La Ciociara, inspiré par un roman d’Alberto Moravia. Il faudra attendre 2008 et la récompense de Marion Cotillard pour voir l’exploit renouvelé.

     

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