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    Rencontre avec Sophie Rossier, directrice de maison d’édition

    Quelles sont les sources d’inspiration de Sophie Rossier, directrice des éditions Favre? Les livres bien sûr, la musique classique et son mentor Pierre-Marcel Favre.

    Publié le 
    13 Décembre 2016
     par 
    Isabelle Bratschi

    Sophie Rossier est multiple. Elle puise autour d’elle les inspirations, cherche dans certains livres, comme «Les quatre accords toltèques», les clés du bonheur; dans d’autres, celles de l’évasion. Les livres, forcément, comptent énormément pour elle. Depuis toujours. «Enfant, après l’extinction des feux, je lisais en cachette dans mon lit. J’allumais une minilampe de poche et, discrètement, je me plongeais dans «Sans famille» d’Hector Malot.»

    Une histoire plutôt triste que celle de cet orphelin recueilli par un saltimbanque avec qui il part sur les routes de France et d’Angleterre en exerçant différents métiers pour survivre. «J’imaginais ce garçon qui va d’espoirs en désillusions. Ce qui me fascinait, c’était cette sorte d’incertitude de la vie au jour le jour. Je ressentais une émotion, belle à vivre, même si elle était empreinte de tragique. Je n’arrivais plus à m’arrêter de lire. Forcément, avec le temps, j’ai un peu embelli le récit: je n’ai pas le sentiment que c’était si dramatique. Après, toujours dans le même esprit, il y a eu «Oliver Twist», avec ce passage obligé par une succession d’épreuves avant de connaître une fin plus heureuse. Il y avait une forme de morale, d’apprentissage, de mérite.»

    Elle n’aime pas les histoires trop sucrées. Elle les préfère plus amères. «Je me souviens du «Grand Claus et petit Claus» d’Andersen, cette légende d’un pauvre et d’un riche qui rivalisent d’ingéniosité. Le premier fait croire au second qu’il obtient plus de résultats grâce à des subterfuges. Le riche veut alors l’imiter, mais il interprète mal ses propos et échoue.

    J’ai toujours aimé les contes ou les nouvelles. En peu de mots, en peu de lignes, on va à l’essentiel. J’apprécie aussi les polars, quand ils revêtent une dimension historique ou scientifique.»

    Transmettre, partager

    Pour Sophie Rossier le livre c’est transmettre, partager. Sa mère lui a inculqué l’amour de la littérature et celui du théâtre. «C’est une grande lectrice et amatrice de culture en général. Encore aujourd’hui, elle me fait une sélection de ce qui lui a plu et me conseille de lire, ou des pièces qu’il ne faudrait pas manquer.»

    Côté paternel, c’est une autre source d’inspiration: la musique classique. «Je me suis toujours demandé ce que serait ma vie sans musique. Quand j’étais jeune, je faisais peu de shopping, mais je lisais et m’achetais des disques. Je les écoutais avec attention et émerveillement, pour m’évader ou me défouler, selon les styles. Le classique me touche plus maintenant qu’avant, car je réalise ce que cela signifie de traverser les âges. Assister à un concert et se dire que l’on écoute de la musique qui a été transmise à plusieurs générations avant la nôtre, ça me transporte. Ce sont des moments qui permettent d’avoir du recul sur le quotidien, de prendre de la hauteur et de rétablir un peu son équilibre.»

    Les compositeurs qui lui ont ouvert la voie… «J’aime particulièrement Chopin, sans doute parce que mon père en a beaucoup joué. J’admire Schumann et Beethoven, qui ont composé des merveilles tout en étant atteint dans leur santé, folie et surdité. Quel défi de composer dans ces conditions! Mais ils avaient sans doute une forme de grâce et une grande exigence envers eux-mêmes. Je ressens une forme de reconnaissance pour les artistes dont la musique accompagne mon existence.»

    Se laisser surprendre

    Exigence, défi, équilibre, Sophie Rossier est tout cela à la fois. Chaque jour, elle doit lire des manuscrits, suivre les étapes de fabrication d’un livre, relire, corriger, vérifier, peaufiner la rime. Elle est dans son univers. «J’ai toujours voulu faire de l’édition. Quand j’ai fini mes études, répondant à une annonce, je me suis présentée à Pierre-Marcel Favre. Il m’a reçue, nous avons eu une discussion de quelques minutes qu’il a conclue par un laconique: «C’est bon pour moi». «Je commence quand?» «Demain». Plus tard, il m’a avoué n’avoir rencontré personne d’autre. Et cela fait vingt ans que ça dure.»

    Sophie Rossier a su faire sa place. S’imposer. En mars 2012, elle accède au poste de directrice de cette grande maison d’édition qui publie chaque année quelque soixante ouvrages. Forcément, son président et fondateur a été pour elle un mentor. «C’est quelqu’un qui stimule l’autonomie des autres. Il est instinctif, généreux, exigent. Il a des connaissances très vastes, une vision de l’éditeur qui offre un panel de points de vue différents.»

    Curieuse, intelligente, pertinente dans ses jugements, Sophie Rossier sait reconnaître les talents, écouter l’autre. Elle fonctionne par coup de cœur, au gré des rencontres. «Ce qui est beau dans la vie, c’est de se laisser surprendre. Pierre-Marcel Favre a ce côté aventurier que j’admire et qui donne un peu de chair à l’existence. Cela a été une source d’inspiration. Quand on a cet état d’esprit, aucun jour ne ressemble à l’autre, il n’y a pas de routine.»


    ©Francesca Palazzi

    Ce qui la dope La vie est un miracle et il faut profiter de chaque instant. Ce qui me fait avancer, c’est ce credo et l’envie d’apprendre. de faire des rencontres et des expériences qui m’enrichissent.

    Son don inattendu Petits, mes enfants me disaient que j’avais un don pour leur inventer des histoires. Cela me faisait plaisir. L’imagination, c’est précieux.


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    Sur sa shamelist Je n’ai jamais été sur Facebook et je n’en ai même pas honte!

    Son dernier fou rire Difficile à dire, je ris très souvent. Le dernier en date… avec une amie, lors de la projection du film «Ma Loute» au cinéma: du grand guignol à l’état pur!

    Son buzz Les Polonaises qui manifestent contre le durcissement de la loi visant à une interdiction quasi totale de l’avortement. Interrompre une grossesse, c’est de toute façon difficile, mais c’est parfois nécessaire ou vraiment préférable. Si cela doit se faire dans l’illégalité, avec les risques que cela implique: quelle cause sert-on? Celle de l’enfant à naître, vraiment?


    ©Picture-Alliance/AFP

    Sa news Femme Annick Jeanmairet, pour son nouveau livre: «Sans chichi sans gaspi». A l’heure où l’on jette un tiers de ce que l’on produit, elle répond par cette belle source d’inspiration gourmande. Avec conseils sur la conservation des aliments, pour éviter de jeter ce qui n’est pas périmé.

    Son actu Pas une actu perso, un livre encore: la cinquantaine de Top 5 tirés de l’émission «Pentagruel», de Lucas Thorens, sur la RTS La Première. Une vision franchement drôle de la culture générale.


    ©RTS

     

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