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    Marilou Berry, la digne fille de sa mère

    Pas facile d’être «la fille de…». Surtout quand on tient de sa mère, Josiane Balasko, un caractère bien trempé. De cet héritage, la jeune actrice a su faire un atout majeur.

    Publié le 
    7 Février 2016
     par 
    Eva Grau

    T’es la fille de Balasko?» S’il y a une phrase qu’on lui a serinée, c’est bien celle-là. En boucle, comme le refrain d’un disque rayé. «A l’école, c’était continuel. Certains élèves allaient jusqu’à me poser la question plusieurs fois par jour. Je n’ai jamais compris.» Dans la voix de Marilou Berry, la lassitude est encore vivace. A l’entendre évoquer son adolescence, on devine aisément que composer avec la célébrité d’une maman star de cinéma n’a pas toujours été simple. «Cela a compliqué mes rapports avec les autres», reconnaît pudiquement l’actrice française qui vient de fêter ses 33 ans. Mais elle ne s’en plaint pas, balayant le souvenir des railleries entendues à la sortie de «Gazon maudit» (ndlr: film dans lequel Josiane Balasko joue le rôle d’une lesbienne) d’un: «Ça ne m’atteignait pas vraiment.» Et enchaînant: «Je ne pense pas qu’avoir une mère connue m’ait lésée. Au contraire, cela a contribué à faire de moi celle que je suis aujourd’hui, à me construire.»

    La jeune femme se rappelle avoir été une enfant joueuse qui adorait se déguiser. Une manuelle, aussi, qui passait des heures dans l’atelier de son père, le sculpteur Philippe Berry (ndlr: frère de l’acteur Richard Berry), à travailler la terre et à couler du plomb dans des moules pour en faire des petits soldats.

    Rebelle en silence

    Ses premières classes, Marilou Berry les a faites dans une école Montessori, avant d’intégrer, vers 9 ans, un établissement conventionnel. «Le choc!, lâche-t-elle d’un ton sans réplique. Je n’ai rien contre les règles, pour autant qu’elles soient intelligentes et, surtout, expliquées. Mais là, le système éducatif était aberrant. Je ne comprenais pas le principe de notation, l’esprit de compétition, ni pourquoi on parlait aussi mal aux élèves. Tout était très négatif. Vraiment, j’ai détesté l’école. Et j’ai détesté apprendre.»

    Plutôt que de se révolter, elle passe ses journées à bouquiner dans le fond de la classe, ou sèche les cours pour aller au cinéma. Et quand Marilou Berry ne fait pas ses devoirs, au lieu de copier sur ses camarades, elle assume: «Le prof me met zéro? Très bien!» Cette rebelle passive exaspère ses enseignants. «Ils ne m’appréciaient pas car ils n’avaient pas prise sur moi. Je n’étais pas un élément perturbateur, je n’empêchais pas les autres de travailler. Simplement, je ne faisais rien en classe. En plus, j’étais la fille d’une personne connue. Je me souviens d’un prof d’espagnol qui, un jour, m’a demandé si je comptais vivre toute ma vie sur l’argent de mes parents. Je lui ai répondu: «Je vous en supplie, notez ça sur mon carnet, j’ai très envie de le faire signer à mes parents!» Evidemment, il ne l’a pas fait.»

    Auprès de ses camarades, Marilou n’est pas populaire. «J’étais une ado très renfermée, avec peu d’amis de mon âge. Il m’arrivait de partir le matin à l’école puis de rentrer en fin d’après-midi sans avoir prononcé un seul mot de la journée.» La nourriture devient son refuge. «J’ai commencé à grossir vers 11 ans. C’était sans doute une forme de protection.»

    C’est aussi à ce moment-là que sa famille adopte Rudy. «Mes parents m’ont écrit une lettre pour m’annoncer que j’allais avoir un frère. J’étais supercontente.» Mais le petit garçon a alors 4 ans et Marilou, six de plus. Leur différence d’âge les sépare. «A l’époque, on a été plus dans le conflit que dans la complicité.»

    Enfin à sa place

    C’est durant les vacances scolaires qu’enfin Marilou Berry se libère. Dans un club équestre situé près de la maison de vacances de ses parents, dans le sud de la France. La jeune fille y passe ses journées. «Mes parents m’y déposaient à 10 heures du matin et revenaient me chercher à 9 heures du soir. J’adorais l’équitation. Mariette, la patronne du centre, m’a beaucoup appris. Elle m’a bousculée, débourrée comme on débourre un cheval.» Mais ces parenthèses estivales ne durent pas. A la rentrée, il lui faut retrouver Paris et les bancs d’école qu’elle abhorre. «J’étais malheureuse.»

    Jusqu’à ce qu’à 16 ans (ndlr: âge où la scolarité cesse d’être obligatoire) elle décide de tout arrêter. «Je suis rentrée et j’ai dit à ma mère: «Je n’en peux plus.» Heureusement que j’ai des parents compréhensifs et intelligents, qui m’ont toujours soutenue!» Marilou entre au Conservatoire quelques mois plus tard, le temps de finir son année scolaire dans un autre établissement. «J’ai redécouvert le plaisir d’apprendre, de m’intéresser à ce qu’on m’enseignait. Sur scène, je me suis sentie profondément à ma place. J’ai réalisé que c’était ça que je voulais vraiment faire. Je l’ai su assez tôt, en vérité. Mais pour moi, comédien, c’était un métier d’adulte. Je ne voulais pas être une actrice enfant ou adolescente. Alors je gardais cette envie pour moi, sans la partager, surtout quand on me demandait si je voulais faire comme ma maman plus tard.»

    Elle qui, toute petite, disait rêver d’être boulangère, ou archéologue pour «trouver des secrets enfouis dans la terre», ne regrette pas d’avoir suivi les traces maternelles. Etre la «fille de…» a aussi ses bons côtés. Surtout quand sa mère s’appelle Josiane Balasko. «Je pense que le capital sympathie dont elle bénéficie a déteint sur moi. Du coup, on est aussi bienveillant à mon égard qu’on l’est envers ma mère. Ça doit être plus difficile d’être la fille de Jean-Marie Le Pen quand on ne partage pas ses opinions…»

    «Joséphine s’arrondit», film de et avec Marilou Berry, sort en salle le 10 février 2016.


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    Questions d’enfance

    Une odeur d’enfance Celle du crottin. J’aime beaucoup aussi l’odeur du cuir de la sellerie, et de l’onguent pour chevaux.

    Ses premières vacances Dans le sud de la France. Notre maison de vacances se trouvait à côté d’un petit canyon orange dont on tire des pigments pour la peinture. On y allait en culotte, pour ne pas tacher nos vêtements, et on se maquillait avec la terre.

    Son dessert préféré Ma mère faisait un dessert très simple: elle préparait un caramel et le versait sur des clémentines, pelées, bien sûr. On laissait durcir avant de manger. J’adorais ça.

    Son héros Tom Hanks dans «Big». Son personnage de petit garçon qui se trouve trop petit et fait le vœu d’être grand. Je conseille à tous les parents de montrer ce film à leurs enfants.

    La phrase qu’on lui répétait et qui l’agaçait «Berry, au tableau!»

    Son premier amour Il s’appelait Guillaume. Je devais avoir 7 ans. On s’est embrassés dans les toilettes et, autant lui que moi, on a trouvé ça dégueulasse. Aucun intérêt.

    Son livre d’enfant favori La série des «Mariette et Soupir». Et les livres «Comme tu voudras», dont l’histoire change en fonction des réponses que l’on donne.

    «J’ai eu une enfance heureuse. Mais j’étais un peu caractérielle.»
    En 2007, avec Josiane Balasko. «J’étais fière quand on reconnaissait ma mère dans la rue.»
    «Petite, j’adorais me déguiser.»
    Marilou avait 16 ans quand ses parents (ici en 1986) se sont séparés. «J’étais déjà grande.»

     

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