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    Handicap: les défis équestres de Celine van Till

    D’où vient la force et la passion de ces athlètes que nous admirons? Celine van Till, remontée à cheval après un terrible accident, doit beaucoup à sa mère et à sa coach mentale.

    Publié le 
    5 Décembre 2016
     par 
    Jacques Poget

    Elle arrive sur son splendide vélo à trois roues rapporté de Hollande, l’arrime à un poteau devant un bistro genevois qu’elle aime bien, commande un jus carotte-pomme-gingembre et raconte, avec enthousiasme. D’abord ses Jeux de Rio à elle, paralympiques et inoubliables, «forcément très différents des Jeux olympiques: davantage de solidarité et un tout autre rapport à la compétition». L’intensité du ressenti la fait vibrer de bonheur.

    Impressionnant contraste entre la Celine van Till 2016 et la jeune femme désespérée d’il y a quelques années. «J’ai voulu mettre un terme à ma vie, deux fois j’ai essayé.» La vie n’avait plus de sens pour l’ex-sportive, handicapée et déboussolée, qu’en 2008 la chute de son cheval sur elle durant un entraînement avait plongée dans le coma. Progressivement réveillée après un mois, l’adolescente de 17 ans avait dû tout réapprendre (elle saura plus tard qu’elle avait régressé au niveau d’un enfant de 3 ou 4 ans). Un calvaire pour elle, et pour sa mère.

    Celine – sans accent sur le e puisque la Genevoise est fille d’expatriés hollandais – a retrouvé toutes ses langues, néerlandais, allemand, anglais et bien sûr un français parfait, alors que c’était sa bête noire à l’école. Elle tient assidûment un site bilingue où elle se confie, en français et en anglais, avec un dynamisme communicatif.

    Mais pas question d’entamer les études auxquelles elle se destinait avant le drame; marquée par les problèmes cardiaques de son père, l’adolescente se vouait à la chirurgie du cœur. Ce muscle, dont on oublie souvent qu’il est aussi un cerveau, occupe malgré tout une grande place dans sa vie actuelle. Car Celine met du cœur dans tout ce qu’elle entreprend. «Transmettre, partager, aider, motiver» sont ses mots-clés. Et son message: «avec une volonté de fer, tout est possible». Comme par exemple renouer avec l’équitation, rétablir la relation avec le cheval, retrouver les sensations de la cavalière. Et passer de la polytraumatisée révoltée et acariâtre à la jeune femme épanouie, sûre d’elle et de son potentiel, qui, à peine rentrée de Rio, se concentre sur les Jeux de Tokyo 2020.

    Défis et mobilisation

    Des épreuves d’autant plus difficiles que, même si ses problèmes de vue, de concentration et d’équilibre ne s’estompent pas comme elle le voudrait, Celine a tenu à monter d’une catégorie dans le sport handicap. Malgré la difficulté accrue? Oui: la vérité passe avant tout, l’effort et la volonté sont ses moteurs, elle veut «décrocher la lune». Cohérente et entreprenante, elle s’associe à l’action du groupe «Je suis une Femme Femina» comme à la campagne «Décrochons la lune» en faveur de Just for Smiles (personnes polyhandicapées), de Cookie (aide à de jeunes athlètes) et d’ASAP, Association Savoir-Patient (cancer du sein). C’est pour toutes ces personnes qu’elle a couru en octobre 300 kilomètres – «un défi personnel et la volonté d’aider» – et qu’elle se mobilise à long terme. D’où viennent cette résolution et cette énergie? Qui est son modèle? Celine n’hésite pas: sa mère! Elle qui, après un divorce qui a beaucoup affecté sa fille, n’a pas flanché une seule fois dans son soutien à son adolescente en perdition. Elle qui l’a soignée comme un bébé, arrachant aux médecins la permission du week-end à la maison. Elle qui l’a accompagnée pas à pas durant toutes les années de sa rééducation, sans craquer face aux rebuffades, tout en gagnant sa vie.

    Une coach et des objectifs

    Si bien que la jeune femme se donne, depuis, les moyens de prendre en main la gestion de sa carrière. Un bachelor en management et marketing pour sportifs d’élite, «quasi jamais moins de 5,5 sur 6», un mémoire de 190 pages «Le réseautage est-il un facteur de succès?», un stage au Comité international olympique. En parallèle, elle gère tous les aspects de sa vie sportive, communication, médias, partenariats… Et elle écrit un livre, «Pas à pas: histoire d’un accident et d’une résurrection», publié par Slatkine en 2011. «Pour partager, inspirer des personnes dans la même situation – et tout le monde, finalement! Pour les pousser à aller de l’avant, à relever leurs défis personnels.»

    Autre influence capitale: «Ma coach mentale pour le sport, Esther Müller. Elle me suivait avant l’accident, elle connaît l’avant et l’après. Elle sait comment je me sens, ce qui bloque et ce qui va bien. Elle m’apporte beaucoup, afin de me préparer mentalement aux plus grandes compétitions, et de conditionner ma vie en fonction de mes objectifs.»

    Mais, élue Miss Handicap en 2012, Celine van Till a aussi appris par elle-même. «Une année de sensibilisation du public, de belles rencontres, la joie de contribuer à faire changer les choses.» Elle n’a pas toujours été ainsi, avoue-t-elle dans un sourire. «Avant mon accident, j’avais de la facilité à l’école, je plaisais aux garçons, j’avais du succès à cheval et j’ai souffert de terribles jalousies. Après l’accident et les débuts de la rééducation, j’ai fait un grand travail sur moi, trouvé une autre manière de voir le monde, d’analyser les choses. Et j’ai découvert une joie de vivre inédite. Maintenant, je veux aider, je recherche le partage: on avance ensemble.»

    Ce qui la dope Drôle de question à poser à une sportive… Mais elle n’hésite pas: «La joie de vivre, le bonheur.»

    Son don inattendu «J’arrive très bien à ressentir, très naturellement, les autres personnes. Qui elles sont, leur état d’esprit, comment elles se sentent…»

    Sur sa shamelist Avec un regard long, tranquille et appuyé: « La honte? Et pourquoi donc faudrait-il avoir honte? Assumer c’est apprendre».


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    Son buzz Les Jeux paralympiques de Rio de Janeiro, un buzz planétaire vécu de l’intérieur!


    ©NurPhoto/AFP

    Sa news Femme Charlotte Dujardin, championne olympique de dressage. Parce qu’elle a vécu une grosse commotion cérébrale. Elle m’inspire par sa personnalité et nous a fait rêver avec «Valegro»: avec lui elle dansait en osmose parfaite sur le carré olympique.


    ©AFP Photo/John MacDougall

    Son actu A part Tokyo 2020… une démonstration avec «Amanta»: vendredi 9 décembre 2016 à 21 h 30 au Concours international de Genève. Et, après mes 300 km pour «Décrochons la lune» et les 10 km de Lausanne, je me suis inscrite à la course de «l’Escalade»!

     

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