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    La divine Marie Leuenberger se confie

    La comédienne illumine «L’ordre divin», de Petra Volpe, qui raconte avec humour et tendresse la lutte pour le droit de vote des femmes en Suisse.

    Publié le 
    1 Juin 2017
     par 
    Saskia Galitch

    Irradiante, chaleureuse, ouverte et engagée, la comédienne berlino-bâloise Marie Leuenberger illumine «L’ordre divin» - à voir en salles dès le 7 juin prochain. Avec un talent et un naturel épatants, elle y incarne Nora, une jeune mère de famille qui, en 1971, décide de prendre son destin en mains. Quitte à mettre le souk dans sa famille et à semer la pagaille dans le petit village d'Appenzell où elle vit.

    A quelques jours de la sortie en Suisse romande de cette délicieuse comédie de mœurs signée Petra Volpe, la jeune étoile du cinéma suisse a accepté de se livrer… un peu.

    FEMINA Marie Leuenberger, votre interprétation de Nora, dans «L’ordre divin», vous a valu le titre de «meilleure actrice 2017» au Festival de Tribeca, à New York, ainsi qu’un Quartz au Prix suisse du Cinéma. Ces récompenses sont-elles un rêve d’enfant qui s’est concrétisé?
    Marie Leuenberger Eh bien franchement non, en tout cas pas vraiment. Comme toutes les gamines, je voulais être danseuse, actrice ou toutes ces choses qu’on rêve de devenir quand on est une petite fille. Mais ce n’était pas sérieux du tout.

    Alors… quand et comment le déclic s’est-il produit?
    Mon envie de théâtre est née quand j’avais 13 ans, la première fois que je suis allée voir une pièce. C’était à l'ancienne Comédie, à Bâle, et je m’en souviens très, très bien! Les lumières se sont estompées, les gens murmuraient et quand le rideau de velours rouge s’est ouvert, j'ai été précipitée dans un nouveau monde qui m’a complètement fascinée. Mais le vrai déclic est arrivé un peu plus tard…

    C’est-à-dire?
    Vers 16 ans, j’ai intégré le Club de théâtre des jeunes, à Bâle. J’y allais tous les lundis et, avec mes copains, on y faisait toutes sortes d’activités. Pour marquer la fin de la saison, on avait préparé un spectacle dans lequel je tenais le rôle principal. Je trouvais ça très sympa et excitant, évidemment. Mais au moment où je suis montée sur scène et que j’ai joué pour la première fois de ma vie devant un public... J’ai senti comme un coup de foudre et ç’a été instantanément l’amour fou!  

    Depuis, vous n’avez plus arrêté!
    C’est vrai. Il se trouve qu’à la suite de ce premier spectacle, on m’a proposé un rôle dans une pièce régulière, ce qui m’a permis de gagner mes premiers sous! Ensuite, après avoir passé mon bac, je suis allée suivre des cours dans une école de théâtre à Munich - ce qui m’a permis d’être engagée dans toutes sortes de projets différents.

    Quand vous avez décidé de devenir actrice, vos parents n’ont pas tenté de vous en dissuader?
    Jamais! Et je n’ai pas eu à subir des phrases du genre: «Tu ne veux pas apprendre quelque chose de décent?» J’ai eu le grand bonheur qu’ils suivent et respectent mes décisions et de n’avoir pas eu à les convaincre!

    Ils étaient très portés sur la culture?
    Je dirais que mes parents sont normalement cultivés. Quand mes sœurset moi étions petites, ils nous emmenaient occasionnellement au musée, à l'opéra ou au ballet, mais sans plus. En fait, j’ai passé une enfance parfaitement standard: j’allais à l’école, je faisais pas mal de sport, du piano et de la danse classique et, autant que possible, j’allais jouer dehors avec mes copains. Rien que du normal, en somme!

     

     

    Votre maman était une jeune femme à l'époque où se déroule «L’ordre divin». Avez-vous parlé de cette période avec elle?
    Ma mère est allemande, elle est venue en Suisse en 1980, quand je suis née, et les choses avaient donc déjà légalement changé. Elle n’a jamais dû se battre pour le droit de vote (le suffrage féminin a été instauré dès 1918 en Allemagne, ndlr), pas plus qu’elle n’a dû demander à son mari le droit de signer un bail, d’ouvrir un compte bancaire ou de travailler! Cela dit, je constate quand même que l’égalité n’est toujours pas atteinte: les femmes gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes, les places en garderies sont tellement rares et chères que cela pousse beaucoup de jeunes mamans à rester chez elles, le congé de paternité est un concept totalement absent... Et puis la langue française est aussi très parlante à cet égard puisqu’un seul gars perdu dans une assemblée d’un million de filles justifie un «ils». Cette formulation masculine en dit long, non?!

    Vous semblez très sensible à cette problématique...
    En effet… Et je crois que pour pouvoir bouger les lignes, il faut être conscient des structures dans lesquelles nous évoluons. Cela dit, je suis convaincue que la libération des femmes est aussi la libération de l'homme puisqu'ils sont également pris au piège de leurs modèles ancestraux!

    C’est dans cette optique d'équité que vous vous êtes mise dans la peau de Nora?
    Nora a en effet un fort sens de la justice. Elle ne supporte plus de se sentir dépendante et à la merci de son mari et veut juste être en mesure de décider de sa vie pour et par elle-même - un point de vue que je partage. Pour moi, il est important de pouvoir «être soi», de s’assumer et d’assumer ses responsabilités tout en respectant son prochain!

     

     

     

     

    Partout où il a été projeté, «L’ordre divin» a reçu un accueil extrêmement positif. Il a même été primé, aussi bien en Suisse qu'aux Etats-Unis. Comment expliquer ce succès?
    Je pense que si ce film touche autant de gens, c’est parce qu’il parle de la vie, de la liberté, de la condition de la femme mais aussi de l’importance qu’il y a à s’engager. De fait, nous vivons dans une époque où les modèles de courage civil sont rares. Or, Nora fait justement preuve de cette qualité-là puisque, bouleversée par un sentiment d’injustice, elle décide de faire bouger les choses. Et elle le fait d’une manière que je trouve très encourageante!

    «L’ordre divin» se passe en 1971. Comment avez-vous abordé ce voyage dans le temps?
    J’ai regardé beaucoup de films d'archives pour bien m’imprégner de cette période. J’ai pu constater que mai 1968 n’avait pas encore eu d'impact partout: dans de nombreux documentaires que j’ai regardés, on voit bien à quel point la société d'alors était stricte, voire étouffante! Et puis j’ai remarqué que les gens gesticulaient moins qu'aujourd'hui et que les actions et les discours étaient beaucoup plus mesurés qu’ils ne le sont actuellement. Vus de maintenant, ils ont même un petit côté naïf! Quant à l’habillement… En enfilant mon costume de Nora (jupe-chemisier-foulard-gros-sac-à main, ndlr), je me sentais un peu raide, comme les femmes de l'époque pouvaient l'être: ce type d’habits, ça ne poussait vraiment pas à danser le rock’n’roll!

    Vous semblez «être» Nora. Comment vous êtes-vous préparée au rôle?
    Quand j’accepte un rôle, c’est parce que quelque chose m’a touché dans le script et dans le personnage. Du coup, je cherche à l’imaginer dans son entier, à le créer, à lui faire vivre sa vie mais avec mon visage. En fait, je me mets en empathie avec lui, j’essaie de comprendre ce qu’il ressent… C’est une méthode de travail en amont basée sur les techniques Actor’s Studio - et plus spécifiquement sur celles développées par la comédienne et coach américaine Susan Batson, une personnalité qui m’a énormément impressionnée. Dans ses livres, elle explique que quand on est bien préparé, on peut se mettre devant la caméra et jouer même si on est entouré... de vaches! Or, quand tu tournes un film, tu te retrouves en effet avec un troupeau de gens autour de toi et c’est donc potentiellement dur de te concentrer! En fait, selon Batson, si tu as bien construit ton histoire avant, que tu es prêt et que tu t’identifies à ton personnage, tu peux jouer dans n’importe quelles conditions! Susan Batson conseille aussi de se demander ce que le personnage que l’on incarne serait comme animal. J’avais beau me torturer les méninges, je ne voyais pas ce que Nora Ruckstuhl pourrait être. Et soudain, j’ai eu une illumination: elle n’est pas une bête, elle est une petite plante qui a l’air fragile mais pousse tout droit - comme ces fleurs qui sortent du bitume!

    Petra Volpe vous a donc laissé vous approprier Nora?
    Eh bien oui! Elle était là, à mes côtés, tout en me laissant être «ma» Nora car elle avait confiance en moi et moi en elle! Petra Volpe est une si belle personne… Avec elle, je me sentais à l’aise - ce qui n’est pas toujours le cas. C’était vraiment une très belle expérience!

    Après avoir brillé sur les planches, vous voilà désormais une étoile du cinéma. Le théâtre ne vous manque-t-il pas?
    Bizarrement, pas tant que ça! Il faut dire que quand je commence à jouer, j’oublie tout: la caméra, les techniciens, le public... J’ai juste le bonheur d’être une autre et c’est cette sensation que j’aime.

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