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    «A Star is Born»: l'incroyable transformation de Lady Gaga en Stefani

    Depuis qu’elle a tourné cette comédie (en salle le 3 octobre 2018) aux côtés de Bradley Cooper, présenté début septembre 2018 à la Mostra de Venise, la chanteuse se la joue plus nature.

     

    Publié le 
    10 Septembre 2018
     par 
    Saskia Galitch

    Côté face, le monstre sacré, Lady Gaga, superstar aussi belle qu’extravagante. Sortie des limbes vers 2008 et couronnée reine de la pop depuis 2009, elle est désormais aussi une actrice reconnue – comme le prouvent les éloges que lui a valu son premier grand rôle dans «A Star is Born», qu’elle vient de présenter à la Mostra de Venise.

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    Côté pile, la vraie Stefani Joanne Angelina Germanotta. Brunette au physique plutôt quelconque, elle naît à New York en mars 1986 dans une famille d’origine italienne aisée et aimante qui ne cherchera jamais à brider ni ses élans ni son ambition – fussent-ils mégalomaniaques.

    Entre les deux, 100 000 nuances de vérité, 100 000 facettes que cette étrange automutante dévoile au gré des circonstances, au fil de ses envies et de ses fantaisies: messages engagés sur le féminisme ou le body positive, prises de position politiques, soutien aux mouvements LGBT, participation anonyme à des actions caritatives (en 2015, elle a même nagé dans un lac à 0,5 degré pour récolter des fonds en faveur de sportifs handicapés).

    Lady Gaga (méconnaissable) chante avec Bradley Cooper dans le film «A Star is Born»

    Parallèlement, ça ne l’empêche pas de porter des tenues hypersexy ou provoc lors de ses apparitions publiques, comme sa minirobe en bulles transparentes, ou sa fameuse robe en viande crue en 2010, et de livrer des concerts à la limite du bon goût – dont le fameux spectacle de la tournée ArtPop, en 2014, durant lequel une peintre invitée sur scène lui régurgite de la peinture verte sur le corps… au nom de la liberté artistique.

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    Un style bien à elle

    Côté musique, cette auteure-compositrice de talent ne cesse d’enchaîner les tubes.

    Clairement influencée par le rock et le glam rock à la David Bowie ou Freddie Mercury ainsi que par des icônes pop, dont Britney Spears ou Michael Jackson, mais aussi par des jazzmen et crooners qu’elle révère, comme Tony Bennett, avec qui elle a d'ailleurs enregistré un fantastique album... et serait prête dit-on, à recommencer. En un mot comme en cent, donc: elle se joue et se moque des étiquettes, va où son coeur l'emporte.

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    Au final, elle crée un style pop-electro-dance bien à elle qui, dans le même temps, lui permet de faire passer ses messages paradoxaux: un soir, elle chante «The Fame», qui glorifie la réussite et la célébrité et, pour clore son concert suivant, entonne «Born That Way», qui raconte l’angoisse et le mal-être qu’elle ressentait ado. Bref.

    Dès 2010, elle alterne joyeusement les personnalités, brouille les pistes, entretient une «Perfect Illusion». Et s’amuse follement du trouble que sème son polymorphisme, expliquant tout tranquillement:

    «Ma vie est une pièce de théâtre… en art en général et en musique en particulier, il y a une grande part de vérité et puis à un moment se glisse un mensonge. Fondamentalement, une artiste crée pour faire de ce mensonge une vérité qu’elle cache parmi toutes les autres. Ce minuscule petit mensonge, c’est l’instant que je recherche. C’est l’instant où le public tombe amoureux!»

    Il n’empêche que, depuis le tournage de «A Star Is Born», en 2017, la Pygmalionne semble prendre le pas sur sa Galatée.

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    Peut-être rassurée par les récompenses reçues (environ 200 prix, dont des Grammys, des Diamond Awards ou encore des Golden Globes), par les quelque 130 millions de disques vendus, le milliard de vues sur YouTube et, surtout, par l’indéfectible fidélité de ses dizaines de millions de «petits monstres», comme elle surnomme ses fans, Gaga semble s’assumer de plus en plus régulièrement et sincèrement en Stefani.

    Angoisses assumées

    Autrement dit, elle se montre enfin au naturel. Sans falbalas ni (trop de) décorums, elle se raconte dans ses heurs et malheurs.

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    Des exemples? Sur les réseaux sociaux ou lors de rares interviews, elle évoque sans langue de bois ses angoisses existentielles, la dépression contre laquelle elle lutte depuis des années, les troubles alimentaires qui la bouffent depuis son adolescence, la fibromyalgie qui la fait tant souffrir, ses amours – dont la rupture avec l’acteur Taylor Kinney qui l’a «brisée», en 2016, ou ses fiançailles avec son agent artistique Christian Carino en 2017…

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    De même, interrogée à propos de «A Star Is Born», elle explique en toute transparence: «Lorsque Bradley Cooper est venu chez moi pour parler du film, il avait une lingette démaquillante à la main et m’a demandé de m’ôter tout ce que j’avais sur la figure parce qu’il voulait me voir complètement ouverte et sans artifice. Eh bien cela m’a mis dans un bon état d’esprit: j’étais vraiment moi. C’était d’autant plus fort que mon personnage se sent moche… un sentiment que je connais bien, car j’ai très peu confiance en moi!»

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    Sans en faire des tonnes, elle conclut:

    «J’ai toujours aimé me transformer, changer de peau, de personnages, ça fait partie de mon art, de ma musique… cela dit, je suis sûre que tout le monde peut faire ce que j’ai fait. Chacun peut exploiter ce qu’il a de meilleur en lui. Après tout, je ne suis qu’une fille de New York qui a choisi de réussir. Qui a choisi de dominer le monde!» Et a réussi…

    «A Star is Born» de Bradley Cooper, en salle le 3 octobre 2018.

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