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    Amandine de The Voice, celle qui a fait fondre Mika

    Quelles figures ont inspiré Amandine, la jeune Vaudoise qui a laissé sans voix le jury de The Voice 2016? Bien avant son coach Florent Pagny, c’est Laurent Voulzy qui a rythmé son premier frisson musical, à 12 ans, puis Amy Winehouse.

    Publié le 
    21 Novembre 2016
     par 
    Saskia Galitch

    Samedi 13 février 2016. La soirée ronronne tranquillement sur le plateau de «The Voice», sur TF1, quand soudain une jeune lionne entre dans l’arène. La crinière flamboyante, l’énergie brûlante, le regard conquérant et la voix chaude, Amandine Rapin entonne «Habits», de Tove Lo.

     

     

    Elle n’a pas passé la troisième mesure que le public présent est en transe. Les jurés aussi. Et c’est ainsi qu’en une chanson et moins de deux minutes, la jeune auteure-compositrice-interprète vaudoise de 24 ans devient, dans les magazines, celle qui «met le jury à ses pieds», «bluffe les coaches» et «fait fondre Mika». Rien que ça.

    Hilare, la jeune femme se souvient: «C’était fou… Franchement, j’y suis allée à la fraîche en me disant «après tout, pourquoi pas?» Et voilà, les choses se sont passées…» Des «choses», comme elle dit, qui lui permettent d’atteindre la demi-finale de la compétition, conseillée par Florent Pagny en personne.

    Une rencontre riche d’enseignements, d’ailleurs: «Le côtoyer m’a permis d’apprendre à le connaître au-delà des simples apparences. Pour le coup, j’ai pu constater que quelqu’un qui a une aussi belle réussite que lui peut rester absolument normal, naturel, drôle, tranquille… C’est peut-être un peu bête mais ça m’a beaucoup rassurée de voir que le succès ne fait pas nécessairement perdre la tête.»

    La chanteuse secoue ses boucles et reprend: «Et puis il m’a aussi aidée à prendre de l’assurance. Même quand je n’étais pas très à l’aise avec une chanson, il me disait: «Lance-toi, donne juste le meilleur de toi-même. Tant que tu fais de ton mieux, tu ne peux pas t’en vouloir de quoi que ce soit.» Ça m’a permis de me rappeler que, dans un métier aussi subjectif que l’est la musique, qu’on plaise ou pas, il faut toujours faire et donner le maximum.»

    Un credo finalement assez complémentaire de celui que lui ont inculqué ses parents et sa grand-mère maternelle, et qui la guide aujourd’hui encore: être honnête avec soi et avec les autres. «En même temps, complète l’artiste, ils m’ont montré qu’il faut être heureux et reconnaissant de ce que l’on a. Bien sûr, il peut toujours y avoir mieux. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’il peut également y avoir nettement pire!» relève cette joyeuse feu follette qui vient d’enregistrer un album arrangé, d’un bout à l’autre, avec son guitariste et complice Sacha Unger.

    Replongée dans son enfance passée à Chavornay (VD), elle se souvient aussi des nombreux voyages en famille: «Grâce à mon père et à ma mère, j’ai découvert toutes sortes d’autres réalités. A Madagascar, par exemple, j’ai vu des enfants issus de villages de pêcheurs jouer avec presque rien mais rire et s’amuser comme des fous. Cela permet de relativiser ce qu’on vit ici…»

    Les yeux tendres, Amandine évoque maintenant sa «grand mam’s», femme généreuse et pleine d’amour à qui elle pouvait «tout dire» et qui lui a inspiré une chanson. «Elle n’a pas eu une enfance facile, notamment à cause de son père qui ne l’a jamais acceptée. Pourtant, même si elle a manqué de tendresse quand elle était jeune, elle a su en donner sans compter et je suis imprégnée de sa manière toujours positive d’envisager la vie.»

    Le déclic, c’était dans le public

    Et le goût de la musique? «A vrai dire, je ne sais pas trop. J’aime ça depuis que je suis toute petite. Cela dit, je me rappelle bien le déclic. J’avais une douzaine d’années et j’étais au Paléo pour écouter Laurent Voulzy, que j’adore. Il y avait un monde évidemment terrible et, tout à coup, la foule s’est mise à chanter en chœur le refrain du «Pouvoir des Fleurs». C’était si beau et fort que je me suis dit qu’il fallait que je fasse ça! Je voulais, moi aussi, procurer aux gens de tels moments d’émotion.»

    Sitôt dit, sitôt fait! Soutenue par des parents qui ont toujours su l’encourager dans ses projets, la demoiselle prend des cours de chant. Elle passe ensuite deux ans au sein de la Fondation Little Dreams d’Orianne et Phil Collins, un chemin qui lui permet non seulement d’apprendre «tout ce qui tourne autour du spectacle» mais aussi de prendre confiance en elle.

    Après son gymnase, mené tambour battant, elle part pour Londres, y décroche un bachelor en chant. Déjà gorgée de disco et de variétés francophones – «je connais tout Donna Summer et tout Pierre Perret» – elle s’y abreuve de musique anglophone et développe une passion pour Amy Winehouse. Une source d’inspiration infinie: «Elle a su rester qui elle était et chante avec ses tripes. Amy, c’est de l’émotion pure. En deux notes, elle m’envoie ailleurs. Et c’est fondamentalement ce que je voudrais réussir à faire: transmettre du plaisir et des frissons, happer et embarquer ceux qui m’écoutent afin qu’ils se sentent transportés!»

    Confortée dans son envie de vivre de sa voix par son expérience dans «The Voice», Amandine est en train de sauter le pas. Cet été, via une campagne de financement participatif, elle a obtenu en quelques semaines les 40 000 francs nécessaires à l’enregistrement et à la production de son disque. L’album réunit et entre-tisse toutes les musiques qui la nourrissent et l’influencent – du disco au funk en passant par le new boogie, un genre assez récent et qu’elle adore, «comme tout ce qui déménage.» Quant aux paroles, elles sont principalement en anglais, langue qui chante mieux à ses oreilles: «Ecrire en français, c’est nettement plus complexe: les mots ne groovent pas naturellement, il faut donc faire attention à leur rythme, mais aussi à leur signification, dans la mesure où je veux que mes textes aient du sens. Dans ce compartiment de jeu, j’adore Gainsbourg ou Aznavour. Ils sont fabuleux mais… je ne suis pas eux!»

    Et la jeune femme de conclure: «Je ne sais pas comment tout cela sera reçu, mais c’est très excitant… C’est comme si je lançais ma petite entreprise, avec pour but: rendre les gens heureux!»

     

     

    Ce qui la dope Une phrase que me répétait ma grand-maman et que j’ai faite mienne: «On aura assez le temps de tirer la g… quand on sera mort.»

    Son don inattendu Je sais faire des chiens avec des ballons et, niveau bricolage, je suis plutôt pas mal. Ah! et puis je connais par cœur la liste des prépositions.

    Sur sa shamelist J’adore la Compagnie Créole! Bon, moi j’assume assez bien, mais dans mon entourage c’est moyennement reçu.

    Son dernier fou rire Je ris souvent donc ce n’est pas simple, mais… Oui: un de mes potes en train d’imiter un candidat de «Fort Boyard» à l’accent complètement improbable.


    ©Sebastien Anex/Le Matin

    Son buzz Récemment, un automobiliste arrêté sur l’autoroute, près de Neuchâtel, a dû courir après sa voiture pour essayer de la rattraper car elle était repartie et roulait toute seule. L’histoire est si énorme qu’elle a été reprise par CNN, il paraît. Ce type est un génie, il faut qu’il me donne des cours de marketing!

    Sa news Femme Santa, de Hyphen Hyphen. Elle est extraordinaire. En concert, elle dégage une énergie folle et donne un tel bonheur aux gens! Le groupe est actuellement en tournée, alors je recommande à ceux qui en ont l’occasion d’aller l’écouter.

     

     

    Son actu Un album autoproduit, enregistré cet automne à Lausanne, et dont la sortie est prévue en décembre 2016.


    ©Instagram

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