Toute fille sexuellement active a croisé ou croisera une fois dans sa vie un «mauvais coup». Témoignages et débriefing.

Les grandes amoureuses le reconnaissent: c’est le contexte plus que la technique qui rend une aventure torride. Ou pas. Eh oui, personne n’est à l’abri d’un mauvais coup. Certaines rencontres prometteuses tournent au ridicule et laissent un souvenir (pour ne pas dire un goût) amer. Mieux vaut en rire: à moins de s’être retrouvé enchaînée à un radiateur plusieurs jours, ces situations sont rarement dramatiques. D’ailleurs les filles entre elles ne sont pas avares de détails pour se raconter le désastre et clore l’affaire dans un fou rire.
Si certains épisodes sont cocasses, une première nuit désastreuse n’est pas forcément fatale. Beaucoup de couples de longue durée avouent que leur première fois n’était pas génialissime! Encore faut-il qu’il y en ait une deuxième! De même, les bons coups ne font pas forcément de bons époux. Dans Le sexe vu par les femmes , recueil de nouvelles érotiques chapeauté par Lucia Etxebarria, l’histoire de Sonia l’illustre bien. Après une longue relation assez ennuyeuse, cette trentenaire rencontre un homme plutôt aventurier et redécouvre avec lui les joies d’une sexualité décomplexée. Le couple s’ébat joyeusement au bureau, en plein air. Mais après trois mois, Esteban quitte Sonia en lui disant qu’il ne peut «s’engager dans une relation sérieuse avec quelqu’un qui baise partout».
Prenant le parti d’en rire, Femina a collecté quelques confidences féminines qui auraient plu aux scénaristes de Sex & the City et les a soumises à l’analyse de la sexologue vaudoise Laurence Dispaux.
Le quickie involontaire
vécu par Marie, 36 ans, femme d’un seul homme tout bien réfléchi!
«Dans ma vie, je n’ai eu que deux partenaires: mon mari et… ce ratage total. J’aurais dû me méfier, car j’avais déjà plus ou moins flirté avec ce garçon et, à mon grand étonnement, il ne sortait jamais la langue quand il m’embrassait. Un soir, on a décidé de conclure, c’était l’été, il m’a amené sur le voilier de son père amarré dans un port, dans deux mètres carrés, l’acte a duré deux minutes. Et s’il n’avait pas eu de mains, cela aurait été pareil: il ne s’en est jamais servi! Sans les mains, sans la langue, autant vous dire que c’était sans orgasme non plus et sans lendemain…»
L’avis de la sexologue: C’était mal parti si elle n’appréciait déjà pas les préliminaires… Je conseillerais de ne «décider de conclure» comme elle le dit, que si les baisers, les caresses et attouchements permettent qu’une bonne excitation s’installe… et prendre le temps de construire un minimum de complicité, qui aidera à surmonter avec humour une première fois rapide et maladroite, pardonnable si le garçon manque d’expérience ou est pressé par les circonstances.
La version courte
vécue par Joséphine, 32 ans, femmes d’affaires, ex-globe-trotteuse, en couple depuis 5 ans
«J’étais en vacances en Jamaïque, j’avais ramené ce joli garçon rencontré sur la plage. Son organe était si petit que je ne sentais rien, et le pauvre s’acharnait… J’ai commencé à rire, je ne pouvais plus m’arrêter. J’ai pris ses vêtements et je l’ai jeté dehors. Le lendemain, je l’ai vu flirter avec une autre fille, je riais intérieurement en pensant à la mauvaise surprise qu’elle n’allait pas tarder à découvrir…»
L’avis de la sexologue: Si l’excitation de base est bonne et que la femme joue avec les muscles de son creux vaginal et avec les mouvements de son bassin, la taille de l’organe ne devrait pas avoir beaucoup d’importance au niveau des sensations… Tout comme on espère qu’il puisse s’exciter avec nous, quelles que soient nos mensurations!
Le syndrome Sue Ellen
vécu par Elodie, 28 ans, oiseau de nuit habitué aux rencontres du 3e type
«Le mauvais coup, en général, c’est moi! Je bois beaucoup pour me désinhiber, pratique pour draguer et surtout conclure, mais il m’arrive souvent de m’endormir la tête à peine posée sur l’oreiller! Ma pauvre conquête se trouve alors toute désemparée. Certains s’en vont discrètement. Le dernier est resté et partage mon lit depuis bientôt deux ans!»
L’avis de la sexologue: Pourquoi ne pas imaginer d’autres manières de se désinhiber (relaxation, respiration, humour…) ou simplement prendre le temps de connaître la personne, se sentir en confiance et se laisser griser par le biais d’attouchements enivrants?
Le 5 à 7
vécu par Cristina, 39 ans, agent de voyages, mariée avec un besoin de se rassurer
«Ça a commencé par un échange de SMS de plus en plus hot avec un camarade d’école retrouvé au hasard d’une fête. Un jour, nous avons décidé de réserver une chambre d’hôtel pour assouvir notre désir. J’étais complètement tétanisée, je trouvais ça tellement étrange, partir du travail à 15 heures, et l’hôtel en lui-même était glauque. On a essayé mais pas pu. En plus j’ai découvert en lui un pervers narcissique qui se regardait faisant l’amour et qui sentait très mauvais. J’ai pris une douche d’une demi-heure mais cette odeur m’a poursuivie trois jours. Plus jamais!»
L’avis de la sexologue: Se regarder faire l’amour n’implique pas forcément une perversion… et on peut proposer une douche, à deux ou pas, avec humour, non? Mais si dès le départ on se sent trop mal à l’aise, si l’excitation n’a pas de place dans le contexte donné… mieux vaut partir en courant (en tenant la main de l’homme si on a envie d’essayer ailleurs avec lui)!
Le cas Dr Ruth
vécu par Tania, 30 ans, chargée de communication, qui aimerait emballer plutôt que conseiller
«Visiblement, mon épaule a l’air d’attirer les garçons bien plus que mon décolleté, mes lèvres glossées ou mon popotin moulé dans une jupe sexy. A chaque fois que l’un d’entre eux s’approche, me propose un verre et me regarde profondément dans les yeux en me frôlant la main, il se met à me parler… des problèmes qu’il connaît avec sa copine. Il se confesse et reste à distance respectable des miennes. Alors je fais la gentille copine au lieu de lui proposer une solution radicale à tous ses maux: moi!»
L’avis de la sexologue: Que fait-elle pour inspirer ce comportement, si ce schéma est systématique? Incite-t-elle les confidences en posant des questions qui y amènent? Encourage-t-elle le déballage avec un brin trop d’empathie? Elle doit y couper court, soit en lançant la conversation sur quelque chose de plus sexy, soit en proposant à l’homme de danser avec elle, en posant sur lui un regard parlant. Bref, se positionner comme une femme sexuée, désirante et désirable!
La vengeance ratée
vécue par Alexia, 36 ans, femme multifonctions, maman et épouse
«Je sortais avec un gars depuis un moment et un jour, il m’a trompé. J’en ai souffert mais j’étais jeune et amoureuse alors je suis restée… en attendant mon heure!!! Un gars de notre bande d’amis me plaisait et c’était apparemment réciproque. Un soir, je dormais chez une amie et il est venu passer la soirée avec nous. L’heure de la vengeance avait sonné. Après un plan drague à deux balles, on s’est retrouvés au lit. Je jubilais, mais intérieurement seulement car physiquement, c’était une autre affaire. Je lui ai dit d’y aller, il m’a dit qu’il arrivait! Pathétique comme vengeance, je n’ai ressenti aucun plaisir…»
L’avis de la sexologue: Si elle voulait se venger et éventuellement se rassurer sur ses capacités de séduction, c’est une chose. Mais cela ne suffit pas pour désirer une personne… Difficile d’être à l’écoute de soi et de l’autre, et avoir envie de partager du plaisir, si on est encore en train de penser à celui qui nous a blessées!
Le mauvais casting
vécu par Carine, 38 ans, pharmacienne, mariée et maman d’un petit garçon.
«J’ai retrouvé un de mes petits amoureux d’enfance lorsque j’avais 19 ans. Il m’a tout de suite branchée quand je l’ai vu sur sa grosse moto, tout bronzé et bien musclé. Après quelques sorties plus ou moins romantiques sur sa moto, on est passé aux choses sérieuses. C’est là que je me suis sentie supermal à l’aise. Comment dire à un ami d’enfance qui vous parle des couettes que vous portiez quand vous aviez 8 ans que vous le trouvez nul au lit? Il y mettait du sien, mais c’était vraiment la cata. J’avais l’impression qu’il moulinait dans le vide. Je me suis dit que c’était sûrement le stress de la première fois, mais au deuxième essai, c’était encore pire, la transpiration en plus! Je lui ai dit qu’on était vraiment trop différents… On ne s’est jamais revu.»
L’avis de la sexologue: Elle doit lui faire comprendre clairement ce dont elle a besoin pour être excitée et ressentir du plaisir, mais c’est vrai que si la deuxième fois ne s’est pas mieux passée, il vaut mieux communiquer (hors du lit), justement sur comment se dire les choses. Pourquoi a-t-elle si peur de lui exprimer ses besoins franchement, afin d’éventuellement faire évoluer la situation? A moins de ne pas tenir à cet homme, bien sûr… et parfois, on n’a tout simplement pas de points communs sur le plan sexuel; le fait d’avoir des souvenirs d’enfance ne suffit pas.
L’ennui total
vécu par Marie-Chantal, 25 ans, ex-nymphomane abonnée au club des losers
Une soirée entre filles classiques. Avec ma copine, on tombe sur deux gars, pas vraiment des beaux gosses, mais ils sont drôles. On enchaîne la soirée, bars, clubs, after. Au petit matin, je lâche mon équipière pour rentrer avec l’un des deux. La température monte et on n’a même pas le temps d’arriver chez lui, on se jette l’un sur l’autre dans le parking. Et là, je me rends compte qu’il n’a vraiment rien d’un trophée de dessus de cheminée. Je passe de l’Amazonie à l’Antarctique en deux secondes. Deux options s’offraient à moi: fuir, mais je ne savais pas vraiment où j’étais ou rester et attendre que ça passe. J’ai bien essayé d’y mettre du mien, mais sans succès. Je me suis retournée, je l’ai laissé faire. Je ne me suis jamais autant ennuyée.
L’avis de la sexologue: Impossible de ressentir du plaisir si l’on n’est pas active ou en tout cas partie prenante dans l’acte. On peut espérer qu’il puisse entendre et respecter un refus poli d’aller au-delà de tel stade dans les attouchements, et la ramener chez elle ou en ville…
Mais encore
- Celui qui pense à sa mère au moment crucial (et vous l’avoue ensuite)
- Celui qui s’est oublié dans vos draps (sous l’emprise de la drogue?)
- Celui qui réclame une fellation (cela ne se demande pas)
- Celui qui vous dit n’aimer que les petites poitrines alors que vous faites un 80D
- Celui qui exige que vous vous douchiez avant chaque rapport
- Celui qui évoque les qualités de ses partenaires précédentes ou sort des bêtises du style «toutes les filles aiment ça»
- Celui qui n’a pas d’imagination
- Celui qui a des pannes à répétition, même à 19 ans
- Celui qui ne pense pas au plaisir de sa partenaire

























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