Au cœur de la dépression. Les patients d’un psy dépassé développent de surprenantes ressources…
Tout se joue en un long week-end: le vendredi, les consultations du bon docteur Sturrock commencent à dérailler; samedi, tout le monde est au plus mal, lui inclus, et la chaîne de malaise ainsi engendrée bute sur son dénouement le lundi – pour le pire, mais aussi, parfois, pour le meilleur de ce que l’homme peut éveiller en son sein. Ce roman palpitant se lit comme un polar, et l’énigme se cache dans le cerveau humain. Trois raisons pour le dévorer sur-le-champ.
La dépression comme si vous y étiez. Rarement, la maladie a été décrite de manière aussi médicale et aussi sensible à la fois. A travers les récits du psychiatre et de ses patients, le lecteur découvre les diverses facettes de la douleur, éprouvant presque dans sa chair cet immobilisme terrifiant qui s’abat un jour sur quelqu’un qui, du coup, ne peut plus rien.
L’humour, toujours. Sur un ton délicatement sardonique, les scènes du quotidien défilent, plus cruelles, plus acérées, que dans la réalité. Grâce à ce sens de la tragicomédie, la femme violée, le secrétaire d’Etat alcoolique, le mari que sa femme croit accro au sexe, la grande brûlée sans visage… et le psy dépressif deviennent les personnages de la grande saga contemporaine. Mais n’en restent pas moins follement attachants.
Un auteur qui déménage. Alastair Campbell a longtemps été le directeur de communication de Tony Blair – le genre de type qui sait tout ce que personne ne doit connaître. Il a publié Les années Blair en 2006, un livre qui a beaucoup fait jaser. Il a aussi été journaliste à sensation et écrivain porno dans sa jeunesse… Il en connaît un rayon sur ce qu’il décrit dans le roman, puisqu’il a longtemps soigné sa dépendance à l’alcool et sa dépression. Aujourd’hui, il donne surtout dans les œuvres de charité, mais n’a rien perdu de son verbe incisif.
La phrase: «J’espère que cette morosité va se dissiper.» «Je ne vois rien, je ne sens rien qui permette de l’espérer.»
Tout est dans la tête, Alastair Campbell, traduit de l’anglais, Ed. Albin Michel, 363 p.













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