Youpi, le nouvel homme débarque!

Le masculin existe désormais sous sa meilleure forme. C’est le mâle réconcilié. Avec sa virilité, ses émotions et…

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Par Sylviane Pittet

 

 

 

Patrick Dempsey, Johnny Deep, Jude Law, David Servan-Schreiber,
Eric Dane, George Clooney, Jake Gyllenhaal, Hugh Jackman
(de gauche à droite et de haut en bas).

 

Le masculin existe désormais sous sa meilleure forme. C’est le mâle réconcilié. Avec sa virilité, ses émotions et… avec nous, pardi! Portrait chinois en sept qualités. Et autant de raisons de se réjouir.

En empoignant Masculins singuliers, l’enquête menée par le journaliste suisse Paul Ackermann, on imagine de quoi il va parler, non? Que l’homme nouveau laisse éclore sa féminité et s’épile tout en cultivant des brindilles de virilité. Raté! Ça, c’était le métrosexuel, qui est déjà has been. L’homme made in 2009, c’est un mix de Guillaume Canet et de Sébastien Chabal, un type à l’aise avec ses poils et bien dans ses baskets, y compris quand il lâche une larme. Dixit Paul Ackermann, 31 printemps au compteur, qui a fouillé le sujet sur un mode perso «parce que j’en avais marre de lire des essais de sexagénaires consacrés à la virilité perdue». Cet homme nouveau, nous, il nous plaît bien. On vous dit pourquoi.

1. Il n’est pas macho

Vous avez vu Eddy Mitchell filer une baffe à Sabine Azéma dans Le Bonheur est dans le pré? Le macho, c’est ça. Et ce genre-là, le nouvel homme n’en veut pas. Pas plus que les «c’était mieux avant» des déçus de la modernisation et de l’émancipation.

Ce qu’on y perd: pas grand-chose. A peine quelques invitations au resto.

2. Il ne se sent pas coupable

Mai 68 a sonné le glas de la femme soumise. Génial, on ne va pas dire le contraire. Le hic, c’est que Monsieur a eu tendance à s’en vouloir d’être un homme, que sa femme gagne moins que lui, qu’elle doive enfanter et j’en passe. Bref, à vouloir «payer» pour toutes ces années de phallocratie.

Ce qu’on y perd: pas grand-chose. L’homme culpabilisé, c’était assez chou, mais somme toute peu sexy.

3. Il est responsable

De sa vie, de ses émotions, de ses choix. S’il ne culpabilise plus pour des ères de machisme, il milite pour qu’on le reconnaisse dans sa nouvelle masculinité et ses ambivalences. Il a compris qu’on ne naît pas homme, on le devient.

Ce qu’on y perd: rien. Cet homme-là a les tripes pour enterrer la guerre des sexes. Et un alter ego qui veut s’occuper des enfants et travailler à temps partiel, ça ne se refuse pas, non?

4. Il n’est plus glabre

Le jules qui passe une heure à la salle de bains à s’épiler le poitrail a vécu. Le dandy moderne, lisse et manucuré, ne rendait, paraît-il, pas les femmes très heureuses. Ni les hommes d’ailleurs qui ne se reconnaissent plus dans ce profil d’«emo boy» tendance pétasse.

Ce qu’on y perd: rien. On gagne même pas mal de temps dans la salle de bains le matin.

5. Il est viril

Nous y voilà. Sa testostérone, le nouvel homme ne la laisse pas au vestiaire. Et ça plaît, l’élan suscité par le joueur de rugby Sébastien Chabal, barbe et cheveux longs, n’est pas là pour prouver le contraire. Il renoue avec le mâle ancestral, mais pas celui qui domine les femmes.

Ce qu’on y perd: rien. L’altérité booste la libido. On ne se plaindra même pas des griffures style papier de verre au petit matin, promis.

6. Il est tendre

Comme le Dr Mamour de Grey’s Anatomy, il est doux, compréhensif et émotif. Oh, ce n’est pas Dr Glamour, bien sûr, les créateurs de la série ont pigé en créant deux rôles distincts (Patrick Dempsey et Eric Dane) pour incarner tant de qualités impossibles à dénicher dans un seul homme.

Ce qu’on y perd: la solidité. Un homme qui se questionne autant que nous, ça rassure peu mais qu’est-ce que c’est empathique.

7. Il est en paix

D’abord avec lui-même et ensuite avec nous. Depuis cinquante ans qu’on lui colle des rôles clichés sur le dos, y’en avait marre, paraît-il. Notre homme a compris que le conflit se trouve à l’intérieur de lui plutôt que dans son couple. Ben voilà! on dit.

Ce qu’on y perd: rien. Même on prend patience: il y a des restes

 

Ni macho ni mauviette

Le temps d'un essai très documenté, Paul Ackermann, 31 ans, ex-collaborateur de L'Hebdo et journaliste à la rédaction de 20 Minutes, prend le pouls de l'homme d'aujourd'hui. Son constat: n'en déplaise aux féministes et machos, la guerre des sexes entre Mars et Vénus est terminée. Face à des femmes qui ne veulent lâcher aucun de leurs acquis, les hommes, en réalité, assurent.

Masculins singuliers, Paul Ackermann, Ed. Robert Laffont, 162 p.

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