Dossiers
Le maquillage permanent en a fait son credo. Mais gare aux bavures!
Enquête sur une technique durable qui intrigue autant qu’elle séduit.
Une bouche parfaitement ourlée, des sourcils fournis, un œil de biche à faire pâlir d’envie les Indiennes elles-mêmes... Autant de jolies promesses qui riment avec maquillage permanent. Une technique fiable, apparentée au tatouage qui, à l’aide de très fines aiguilles distillant des pigments, redessine certains traits ou débarrasse les récalcitrantes à la corvée de mise en beauté matinale. Les myopes pour qui le tracé parfait d’eyeliner relève de l’exploit lui disent merci. Toutes les filles qui regrettent la pauvreté de leurs sourcils ou le manque de définition de leurs lèvres aussi. Alternative à la teinture de cils et sourcils qui met en valeur mais n’étoffe en aucun cas, cette technique, longtemps prisée par les plus de 45-50 ans, séduit aussi les jeunes femmes. On les comprend. A condition de bien choisir le technicien, c’est la parade aisée aux petits défauts qui nous pourrissent la vie! Exerçant à Genève, Lausanne et en Valais, tout en dirigeant l’Académie lausannoise Nouveau Contour, Sandra Viglino, pigmentologue, détaille ce qui fait la qualité du travail.
Le matériel: De plus en plus sophistiqué, il garantit des tracés parfaits dans une très vaste gamme de coloris, grâce à des pigments sous contrôle strict. La finesse des aiguilles rend la pose moins douloureuse. Leader mondial en la matière, la marque Nouveau Contour, a renoncé à leur stérilisation, préférant les changer et les jeter après chaque traitement.
Le savoir-faire: On ne s’improvise pas pigmentologue. Outre l’enseignement de base dispensé en cours privés et par les fournisseurs d’appareils, la technicienne est censée suivre régulièrement des stages de perfectionnement. Bien que le coût de ces stages pratiques soit dissuasif pour certaines, il s’agit, selon Sandra Viglino, d’un réel un investissement à long terme. Aller voir ailleurs – dans des pays de référence comme les Etats-Unis ou certains pays de l’Est – semble indispensable pour évoluer.
La caution d’un dermatologue: Prendre l’avis d’un dermatologue qui saura vous aiguiller vers un pigmentologue de confiance. D’autant que c’est vers le spécialiste que les femmes déçues se tourneront pour se débarrasser d’un maquillage mal fait.
Un maximum de précautions: Une première consultation est vivement recommandée. En vue de vous informer mais aussi de préciser vos souhaits, de décider du dessin. Une praticienne sérieuse vous proposera aussi un dossier détaillé! Vous y trouverez, notamment, un maximum d’indications sur les pigments utilisés. Des infos qui s’avéreront utiles si, un jour ou l’autre, vous voulez vous débarrasser du tatouage. A noter que certaines couleurs comme le vert ou certains rouges s’effacent difficilement, même à l’aide d’un laser Q-Switch, l’appareil de référence pour cet usage.
Les sourcils
Pour qui? Les soixante-huitardes qui, suivant la mode de l’époque, n’ont pas hésité à massacrer leurs sourcils. Et toutes celles qui en ont ras-le-bol de s’essayer chaque matin à combler les vides d’une ligne de poils par trop modeste.
Niveau de douleur: Supportable.
Coût: Aux alentours de 750 Sfr.
Le contour de l’œil
Pour qui? Les myopes, les porteuses de lunettes en général, et celles qui vouent à Amy Winehouse une admiration sans borne.
Niveau de douleur: Variable individuellement. Certaines parlent d’un picotement, d’autres avouent avoir eu les larmes aux yeux ou carrément souffert.
Coût: Aux alentours de 250 Sfr. en bas, entre 400 et 550 Sfr. en haut.
Les lèvres
Pour qui? Les peaux matures qui n’échappent pas à un manque de définition du contour des lèvres et toutes les filles pour qui l’indice de beauté maximal revient à avoir une bouche parfaite.
Niveau de douleur: Bien plus élevé que pour les sourcils, même si la douleur dépend de la technique utilisée, de la sensibilité personnelle et de la surface de pigmentation (simple contour ou toute la bouche).
Coût: Aux environs de 750 Sfr., 1350 Sfr. pour un dégradé.
Les retouches!
Elles sont indispensables car les couleurs finissent toujours par virer. Spécialement sur les sourcils pour lesquels on utilise des tons plutôt chauds. Un peu de jaune ou d’orangé peut finir par «ressortir». Idéalement annuelle ou au bout de deux ans maximum.
Coût: 225 Sfr. chaque année ou 375 Sfr. après un an et demi à deux ans.
Rien n’est définitif
Et si on change d’avis? Si, lassée du côté artificiel de la technique, on veut revenir au «naturel»? L’éclairage, point par point, du Docteur Ney, spécialiste en médecine esthétique.
Sourcils: A l’aide d’un laser Q-Switch, c’est plutôt «facile», juge le docteur Roland Ney, car les couleurs généralement utilisées (gris, brun, ardoise, etc.) ne virent pas au détatouage. Comptez quand même plusieurs séances.
Contour de l’œil: Délicat. Il faut protéger la cornée, anesthésier, placer une coque entre la cornée et la paupière. Celle-ci va gonfler. Réfléchir donc avant d’agir! Savoir aussi que plus une couleur est foncée et plus elle tient et qu’un dégradé est toujours préférable à une ligne épaisse qui durcit les traits.
Lèvres: Pas évident. Selon la composition des pigments, il peut arriver que le rouge vire au bleu au moment du passage du laser. Compter plusieurs passages, et un laps de temps de deux à trois mois pour estomper le trait.
Plus d’infos
Tout savoir sur le maquillage permanent,
Eleonora Habnit,
Editions Favre
et
www.nouveaucontour.ch
Réclamez le label!
Si une ordonnance fédérale réglemente désormais les pigments, qu’il s’agisse d’instituts de maquillage permanent ou de tatouage, elle ne porte pas sur la pratique elle-même ou sur les conditions d’hygiène des salons. L’Office fédéral de la santé publique a donc mandaté une professionnelle, Natalie Garcia, responsable de Eyeco, dont le Q-label vient sanctionner la «bonne pratique de travail dans le domaine du tatouage, maquillage permanent, piercing et pratiques associées.» Pour l’obtenir, l’établissement doit se soumettre à une visite annuelle approfondie, et le (la) dermopigmentologue doit suivre, une fois l’an, des cours d’hygiène. Le nombre d’instituts arborant ce label est encore limité. Dommage!





















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