Dossiers
Nouvel accessoire de mode, l’ongle en dit presque autant sur nous qu’une coiffure ou des boucles d’oreilles. Les plus fashion osent l’assortir à la couleur de leur bague préférée ou de leur slim, les plus sages font confiance à la french pour son discret raffinement. Enquête sur ces nouveaux bijoux à portée de main.
Il suffit de recenser le nombre d’ongleries récentes pour se faire une raison: l’ongle naturel, incolore ou presque, est en perte de vitesse. Venue des Etats-Unis où, depuis longtemps, les femmes consacrent la même attention à leurs mains qu’à leurs cheveux, la tendance des ongles accessoires de beauté serait en passe de déferler sur nous. Le conditionnel reste toutefois de mise. Enquête faite, la french – fond transparent rosé, bord blanc – reste encore la grande favorite. Mais les choses bougent et même les plus raisonnables finissent par se laisser tenter!
Directrice de l’école d’esthétique et cosmétologie Vio Malherbe, Jocelyne Dinten analyse: «Les clientes restent fidèles à la french mais nous la réclament de plus en plus en couleur. Côté décor, les strass sont les plus demandés, juste avant les incrustations de fleurs séchées et les petites créations faites main par la technicienne.» A l’enseigne lausannoise Beauty Up, Suzanna, diplômée de l’école internationale ANI (Academy Nails International), est connue pour ses motifs originaux et son art des couleurs et des dessins. Pour Caroline, ravissante brune de 30 ans, aux ongles en amande, elle a improvisé une french bleu ciel juste soulignée d’un double trait ultrafin noir et argent. La même Caroline n’hésite pas à arborer un motif panthère et se dit tentée par tout ce qui en jette, à condition que cela ne soit ni trop kitsch ni vulgaire.
Impressions d’un soir
Tout récemment importée du Japon par deux jeunes entrepreneurs, l’imprimante Creative-Nail autorise toutes les folies. Aux 3000 dessins du catalogue – certains kitschissimes comme les adorent les jeunes Nippones qui les ont adoptés depuis cinq ans déjà – on peut ajouter des centaines de figures et de photos, y compris celle d’Arthur le jack russell ou de Cléopâtre, chartreuse de luxe. Et pourquoi pas aussi jouer les militantes en affichant le visage de Barack Obama? Du vrai sur mesure, en somme.
Déjà adoptée par deux ongleries, cette machine s’apprête à révolutionner le marché puisqu’elle réduit le temps de pose à dix minutes. Quant à la durée, elle est de trois semaines environ pour autant qu’on ait recouvert l’image d’un gel de finition et ce, sur tous les supports: ongles naturels, recouverts de gel ou de résine acrylique. On peut aussi s’offrir un motif extravagant pour une soirée ou un événement particulier et s’en débarrasser le lendemain matin à l’aide d’un dissolvant spécial.
Reliée à un ordinateur qui répertorie les motifs, l’imprimante agit seule après que la prothésiste ongulaire a placé les doigts sur des supports adéquats. Doigts que l’on glisse ensuite dans l’imprimante. Fun et évidemment indolore! En prime, contrairement au gel, ce système ne nécessite aucun temps de séchage. Coût: de 40 à 70 Sfr. et plus selon l’adresse, dont deux en Suisse romande, Beautiful Nails à Lausanne et London Studio à Gland.
Les vrais faux sur les ongles discos
Le gel vaut l’acryl: vrai et faux
L’acryl, ou résine, sèche à l’air libre et tient absolument sur tous les ongles sans distinction. En faveur du gel, le plus souvent utilisé: l’absence d’odeur, sa légèreté et sa souplesse, donc sa résistance aux chocs. En revanche, il faut nécessairement le faire sécher sous une rampe chauffante.
Les faux ongles finissent par abîmer l’ongle: souvent vrai
Même si Suzanna se veut rassurante: «En s’aidant d’un produit fortifiant, un mois suffit pour récupérer des ongles naturels corrects.» Il faut compter plusieurs mois pour récupérer la qualité d’avant la pose. D’où l’absolue nécessité de choisir une pro qui, très rapidement, repérera les faiblesses des ongles et dispensera les bons conseils. De toute façon, sauf exception, il est conseillé de ne pas enchaîner la pose de faux ongles des années durant.
Il y a onglerie et onglerie: vrai
En l’absence de véritables diplômes, on a vraiment intérêt à faire confiance au bouche à oreille. Exception faite pour la formation très complète (et coûteuse) dispensée par l’ANI, il n’y a pas vraiment de cursus obligatoire. Les cours sont souvent dispensés par les fournisseurs eux-mêmes. En quelques jours seulement. Comme le précise Jocelyne Dinten, les formations d’esthéticienne englobent la manicurie et la pédicurie, mais pas l’onglerie. «Le travail des faux ongles est spécifique et minutieux, il nécessite beaucoup de patience. Toutes les élèves n’aspirent pas à faire ce travail. Il faut être passionnée pour réussir.» Attention donc! Notre enquête révèle, en effet, quelques incidents assez déplaisants, style ongles très abîmés par un limage approximatif, présence de champignons entre le vrai et le faux ongle à cause d’une pose mal faite et autres mésaventures du style. Un indice: une bonne prothésiste ongulaire pourra rarement vous donner un rendez-vous d’un jour à l’autre. Son agenda est souvent bien rempli.
La durée est variable selon la qualité de l’ongle: faux
En principe, on compte environ trois semaines avant de procéder à un «remplissage», comprenez le raccord nécessaire puisque l’ongle, en dessous, continue à pousser. Première séance forcément longue: d’une heure et demie à deux heures, puis presque autant pour le remplissage si l’on veut un résultat impeccable qui ne révèle pas le raccord.
Le ponçage de l’ongle n’est pas douloureux: vrai
Vrai à condition de bien choisir sa prothésiste. Le travail à la ponceuse exige du savoir-faire. Il s’agit de ne jamais toucher l’ongle sous le gel ou l’acryl. Acryl que l’on peut aussi dissoudre à l’aide d’un produit spécial. Certaines techniciennes, à l’instar de l’institut Happy Hands à Genève, travaillent encore à la lime pour un résultat qu’elles jugent supérieur, mais c’est un peu plus long.
Merci à Suzanna de Beauty Up à Lausanne pour ses design originaux.





















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