Les vrais & faux de la cosmétique

Entre les idées reçues et les promesses de certaines marques prêtes à tout pour vous appâter, vous ne savez plus à quel soin vous vouer. Check-up en neuf points.

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Par Marie-France Rigataux

 

 

 

Entre les idées reçues et les promesses de certaines marques prêtes à tout pour vous appâter,
vous ne savez plus à quel soin vous vouer. Check-up en neuf points.

 

Scène de la vie cosmétique ordinaire: deux copines devant un comptoir. «Tu crois vraiment qu’on peut éviter le Botox? Ce serait génial moi qui ai horreur des piqûres…» La vendeuse s’approche: «Oui, oui. Vous verrez. C’est formidable. La concentration de 10% argilerine a un effet incroyable sur les rides». Argilerine quoi? les filles sont perplexes, la vendeuse peine à expliquer que c’est un peptide qui aurait une influence sur les contractions musculaires. Cinq minutes plus tard, l’affaire est dans le sac. Le point sur quelques contre-vérités avec deux pros, Lucien Aubert et Lionel De Benetti, responsables de la Recherche chez Biotherm et Clarins.

Certains soins cosmétiques peuvent se substituer au Botox. Faux

Ce que l’on cherche en cosmétique ce n’est pas de paralyser le muscle – on n’y arriverait pas! - mais d’atteindre une certaine décontraction. On tente de redonner de l’élasticité aux traits pour que les tissus qui bougent suite à telle ou telle expression retrouvent le plus possible leur position initiale, sans former trop vite une ridule. Ne l’oublions jamais: un soin appliqué en surface n’aura jamais les effets d’une injection.

Une crème de nuit c’est comme une crème de jour sans filtre. Faux

L’une et l’autre n’ont absolument pas la même fonction et se complètent parfaitement. La nuit, la peau se renouvelle: elle a donc besoin de substances nutritives, énergétiques, régénérantes. Le jour, elle doit se protéger des aggressions. A elle les actifs hydratants et protecteurs comme les antiradicaux libres. Côté texture, aucun dénomminateur commun non plus: une crème de jour qui contribue à fixer le maquillage se doit d’être légère. Le soir, la texture peut davantage cibler la nutrition.

Le prix est toujours synonyme de qualité. Parfois faux

Deux éléments interviennent dans le calcul d’un prix: la qualité de la recherche, donc des actifs et de leur concentration notamment, et le circuit de distribution, sélectif (parfumeries, pharmacies…) ou grande distribution. Bien sûr, il y a fort à parier qu’un produit à 30 Sfr. sera moins qualitatif qu’un autre à 90 Sfr., mais, dans certains cas, il y a aussi un positionnement luxe qui ne tient pas aux performances mais à une volonté d’être classé «haut de gamme». Dire qu’un soin vendu 400 Sfr. est nécessairement quatre fois supérieur à un autre aux alentours de 100 Sfr. est donc inexact.

Une crème qui peluche est une «mauvaise» crème. Faux

C’est qu’elle est mal utilisée ou que sa formulation est imparfaite. Si on a l’habitude de superposer deux produits, sérum et soin de jour, cela peut arriver. En général, il s’agira d’une crème très légère, dotée de peu de corps gras et contenant des gélifiants pour donner de la consistance. Quand l’eau s’est évaporée, que le peu de corps gras a pénétré, il ne reste que le gel et ce type de réaction peut survenir.

Si on ne change pas de soin la peau s’habitue et le soin perd de son efficacité. Faux

La peau c’est comme le corps: si on mange toujours le même plat on manque de variété. Mais un soin efficace n’est pas composé que d’un seul actif mais d’une multitude d’éléments dont la peau a besoin: oligo-éléments, vitamines, agents hydratants, protecteurs, etc. On peut parler alors de repas complet et affirmer que le phénomène d’accoutumance n’existe pas… Cela dit, le choix se fera en fonction de l’âge et de l’état général. On n’utilisera plus à 40 ans la crème de ses 20 ans.

La vente en pharmacies est une caution supplémentaire. Faux

Aussi excellents soient-ils, les cosmétiques vendus en pharmacies ne sont pas supérieurs à ceux disponibles en parfumeries. La réglementation en termes de contrôle, de sécurité est la même. Sinon, on parle de médicaments.

Une crème hydratante apporte de l’eau à la peau. Plutôt faux

Elle sert avant tout à retenir l’eau qui y est présente. Soit 70% environ dans le bas de l’épiderme, aux alentours de 13-15% dans la couche cornée. La crème à l’aide de micro-éponges va renforcer la couche hydrolipidique pour empêcher que l’eau ne s’évapore en excès.

Il vaut toujours mieux qu’une crème de jour contienne un filtre. Faux

Porte-t-on des lunettes solaires quand il n’y a pas de soleil? Prend-on une aspirine à titre préventif? Evidemment non. Les filtres, aussi savents soient-ils, sont des substances chimiques qui ont tendance à plomber légèrement la texture. Si l’on ne met quasiment pas le nez dehors, il n’est pas nécessaire de choisir un soin avec un SPF, d’autant qu’un fond de teint constitue à lui seul une protection équivalente à un indice de 6 – 7. Largement suffisant. Sous le soleil, préférez de véritables produits solaires.

Les anticellulites, c’est du pipeau. Souvent faux

Le tout est de faire la différence entre des promesses excessives du style - 3 cm en un mois, et d’autres raisonnables qui évoquent tonicité ou diminution de la rétention d’eau. La caféine, combinée à d’autres molécules, peut agir sur la surface, parfois diminuer le volume des cellules graisseuses, mais il ne faut pas en attendre de miracle même si des tests sophistiqués permettent aux cosméticiens de revendiquer des résultats très satisfaisants. Il va aussi de soi que l’efficacité est variable selon l’âge et le moment du cycle. A la ménopause, la masse musculaire diminuant, on observe un relâchement de la peau qui augmente l’impression de peau d’orange.

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