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    Karl Lagerfeld nous a quittés à l'âge de 85 ans

    L'univers de la mode pleure la légende qu'elle avait élue empereur. Le célébrissime créateur allemand s'est éteint le mardi 19 février 2019, à l'âge de 85 ans, alors que le monde constatait avec inquiétude le déclin de sa santé. Les yeux éternellement cachés derrière leurs fidèles verres noirs se sont fermés à jamais. Mais comme toutes les légendes, le nom survivra.

    Publié le 
    19 Février 2019
     par 
    Ellen De Meester / Relaxnews

    Certains évoquent un cancer du pancréas, d'autres ne veulent pas encore y croire: le règne du Kaiser a pris fin ce mardi 19 février 2019. L'empereur de la mode, icône aux lunettes fumées, possédait sans doute la silhouette la plus reconnaissable de tous les temps. 

    Le monde attendait la nouvelle avec effroi: Karl Lagerfeld, absent d'un catwalk Chanel, cela ne pouvait qu'augurer le pire. À l'instar des oiseaux qui s'éloignent pour mourir, le styliste allemand s'était excusé du défilé «Printemps-Eté 2019», le 22 janvier 2019, en raison d'une grande fatigue. Depuis ce jour, le monde de la mode retenait son souffle. 

    Admis à l'hôpital américain de Paris le soir du 18 février 2019, il s'en est allé le lendemain, laissant derrière lui des foules de coeurs brisés, incrédules. Directeur artistique de la maison Chanel depuis 1983, il côtoyait déjà les étoiles durant son vivant: de nombreuses célébrités pleurent son départ, tandis qu'il laisse derrière lui ceux qu'il a élevés au sommet. 

    Il avait déclaré au magazine «Numéro» qu'il n'y aurait pas d'enterrement: «Plutôt mourir!» Une vie dont on devra se souvenir sans nostalgie, mais avec admiration et tendresse. 

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    «Fatigué», Karl Lagerfeld brille par son absence aux défilés Chanel

    La vie d'une légende

    Cheveux blancs tenus par un catogan, lunettes noires, hauts cols de chemise amidonnés, doigts couverts de bagues et débit de mitraillette: Karl Lagerfeld possédait une allure de marquis rock n'roll. Sa silhouette, reconnaissable entre tous, reste gravée dans les mémoires. 

    À la fois narcissique et champion de l'autodérision, loquace et mystérieux, cet habile communicant ne craignant jamais la controverse aimait jouer avec ce qu'il appelait lui-même son image de «marionnette». Quand il avait perdu 42 kilos en 2000, il affirmait que c'était pour être «un bon cintre» et entrer dans la garde-robe du styliste Hedi Slimane, alors chez Dior.

    Derrière ce personnage à la dent souvent dure se cachait un homme intuitif, sachant mieux que personne capter l'air du temps. Comme en 2004 quand il avait dessiné une collection pour le géant suédois du prêt-à-porter H&M, une démarche ensuite imitée par de nombreux créateurs.

    Né à Hambourg, Karl Lagerfeld aimait entretenir le mystère sur sa date de naissance. Pour plusieurs titres de la presse allemande, s'appuyant sur des documents officiels, il avait vu le jour le 10 septembre 1933. Il affirmait quant à lui être né en 1935, indiquant que sa «mère avait changé la date», dans une interview à Paris-Match en 2013.

    Il vit une enfance aisée mais ennuyeuse au fin fond de la campagne dans l'Allemagne nazie, entre un père industriel globe trotter, et une mère à forte personnalité, grande lectrice et peu maternelle, qui lui donne le goût de la mode. Il dessine des robes en rêvant de Paris, où il débarque à l'adolescence.

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    Le couturier «mercenaire»

    En 1954, il gagne le concours organisé par le Secrétariat de la Laine, ex-aequo avec Yves Saint Laurent, avec qui il se lie d'amitié puis se brouille irrémédiablement. Le couturier Pierre Balmain l'engage: Lagerfeld restera trois ans dans cette maison avant de devenir directeur artistique de Jean Patou.

    Au début des années 60, il entame une carrière de styliste indépendant, travaillant pour plusieurs maisons à la fois. «Je suis le premier qui s'est fait un nom avec un nom qui n'était pas le sien. Je dois avoir une mentalité de mercenaire», disait-il.

    De 1963 à 1984, il est aux manettes de la griffe parisienne Chloé. Depuis 1965, il était aussi le directeur artistique de la maison romaine Fendi, passée entre temps dans le giron du groupe de luxe LVMH.

    Pour le grand public, le nom de Lagerfeld reste indissociable de Chanel. Quand il entre en 1983 rue Cambon, la maison de couture est vieillissante. Avec lui, elle redevient jeune et désirable. Pendant plus de 30 ans, il réinvente la griffe à chaque saison, jouant avec ses codes, à commencer par le fameux tailleur.

    Homme de son temps, il signe des défilés aux mises en scène surprenantes et spectaculaires, reconstituant un supermarché, une galerie d'art, une rue... qui font un tabac sur les réseaux sociaux.

    Sa propre griffe, lancée en 1984, connaît des fortunes diverses. Redevenue florissante depuis quelques années, elle commercialise gadgets et accessoires à son effigie: il est devenu un logo. Le couturier s'illustre aussi par ses collaborations avec différentes marques (Wolford, Diesel, Volkswagen, Coca-Cola...).

    «Je n'ai jamais pensé à la retraite»

    Côté vie privée, un homme tient une place particulière dans le cœur du couturier: Jacques de Bascher, un dandy à la beauté redoutable, dont Saint Laurent tombe lui aussi amoureux. Sa mort - il est emporté par le sida en 1989 - jette une ombre dans la vie de Lagerfeld, qui restait très pudique sur ce sujet.

    Boulimique de travail («Je n'ai jamais pensé à la retraite», disait-il en février), enchaînant les collections, Karl Lagerfeld avait aussi la passion de la photographie. C'est lui qui signait les campagnes Chanel.

    Les livres occupaient également une place prépondérante dans sa vie: il possédait entre 250.000 et 350.000 ouvrages, selon des estimations parues dans la presse, répartis dans ses différentes demeures. Lui que sa mère forçait à apprendre chaque jour une page de dictionnaire était un amoureux de la littérature du XVIIIe notamment et du début du XXe.

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    Choupette pleure son père

    Le couturier laisse à l'en croire une riche héritière derrière lui: sa chatte adorée Choupette, qui compte plus de 48 000 abonnés sur Twitter: «Elle a sa propre petite fortune, déclarait-il. L'argent des pubs qu'elle a faites est mis de côté. Choupette est une fille riche». 

    Mais celle-ci s'en fiche probablement de l'argent, à l'heure qu'il est. Comme le reste du monde, elle cherche son père des yeux, se demandant comment il a pu disparaître. Karl Lagerfeld faisait partie de ceux que, très naïvement, nous pensions immortels. Espérons que les anges sont prêts pour un petit relooking, là-haut: ils viennent d'accueillir l'un des plus grands designers de tous les temps. 

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