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    Le vêtement, arme de communication massive

    Afficher ses idées politiques, son féminisme voire son homosexualité avec son T-shirt. Porter ses convictions sur le dos, c’est le militantisme 3.0, celui qui déborde des réseaux sociaux pour (ré)investir la rue.

    Publié le 
    3 Avril 2017
     par 
    Julien Pidoux

    Merci Donald. Il faut bien reconnaître cette qualité à l’actuel locataire de la Maison blanche: il est très fort pour mobiliser… contre lui. C’est «grâce» au président des USA et à ses sorties sexistes (c’est un euphémisme) qu’un nouveau genre de militantisme a pris une ampleur sans précédent, sur le continent nord-américain, et au-delà. Face à ses «grab her by the pussy» et autres propos élégants, les femmes - et tous ceux qui se sont sentis offensés - ont réagi, avant comme après l’élection. A coups de réseaux sociaux ou de chroniques dans les journaux, certes, mais aussi d’une manière nouvelle: en arborant leur point de vue à même leur vêtement. Un genre de néo-militantisme (néo-féminisme dans le cas précis), véritablement 3.0 car débordant au-delà du web pour s’afficher dans la rue.

    Pussyhats et femmes en colère

    Il y a eu les «pussyhats» d’abord, ces bonnets roses avec oreilles de chat, devenus symboles de la marche de Washington du 21 janvier 2017, soit le lendemain de l’investiture trumpienne. Sur les 440 000 personnes qui défilaient, environ 60 000 en portaient. Jayna Zweiman, cofondatrice du projet (pussyhatproject), expliquait sobrement que ces couvre-chefs étaient «une façon pour les femmes de refuser d’être effacées des discussions politiques».

     

     

    Mais bien au-delà de cet événement ponctuel, le «vêtement contestataire» s’est répandu comme une traînée de poudre. Car la mode a toujours reflété, d’une manière ou d’une autre (parfois avec des prismes déformants, certes), le contexte économique, politique ou social de l’époque.

    Une actualité qui incite à se révolter

    Et autant dire que les actualités ont incité nombre de personnes à se réveiller: entre les incessants faits divers liés au harcèlement dans la rue, dans les transports publics ou dans le cadre du travail, les affaires de viol dans les campus américains, les projets de loi visant à restreindre l’accès à l’avortement, à la pilule ou au planning familial, il n’y a que l’embarras du choix, hélas. Et les T-shirts à message ont connu parallèlement un essor fulgurant.

     

     

    #istandwithpp 20% of the proceeds being donated to @plannedparenthood, link in the bio! ( via @teenage.jezebel )

    Une publication partagée par FEMALE COLLECTIVE (@femalecollective) le

     

    «Les femmes sont puissantes quand elles sont seules, mais elles ne peuvent pas être arrêtées quand elles s’unissent», résumait une étudiante interrogée dans la rue lors de la dernière... fashion week parisienne. Car si les T-shirts pseudo DIY aux messages sans ambiguïtés ont fleuri (du genre «mind your own uterus», «Feminist badass», «fuck misogyny»...), les grandes maisons du prêt-à-porter et même de la haute couture s’y sont mises. Marc Jacobs, Tory Burch, DKNY… Jusqu’à Dior, avec un défilé labellisé «féministe», où chaque invité recevait un bandana portant la définition du terme «féministe» («une personne qui croit en l’égalité sociale, politique et économique entre les sexes», donc).

    We should all be feminist

    En deux temps-trois mouvements, le t-shirt «We should all be feminist» de Dior, dont les bénéfices sont reversés à une fondation travaillant pour l’égalité (la Clara Lionel Foundation, fondée par une certaine… Rihanna) devenait une it-pièce, portée par de nombreuses célébrités et quidams.

     

     

    Problème? Peut-être, si ce militantisme de bon aloi prôné par la fashionsphère faisait long feu. Certains chroniqueurs mode n’y voient en effet qu’un épiphénomène: «Le féminisme a été le plus gros trend de la saison (...) Encore une autre bonne raison d’être féministe», notait ainsi superficiellement le journaliste du Hollywood Reporter à l’issue des dernières fashion weeks.

    Say it loud, say it proud

    Reste que si certains noms de la mode ne font évidemment que surfer sur la tendance, d’autres croient sincèrement en leur rôle de porte-voix et continueront le combat. A l’instar de Vivienne Westwood et d’un autre genre d’engagement, contre le réchauffement climatique.

    Je suis toujours fidèle aux mêmes idéaux politiques, même si cela est subversif aujourd’hui (...) Mes vêtements sont plus anti-establishment que jamais», affirme-elle, interviewée sur stylist.co.uk.

    Comme le proclame le proverbe anglais, «Say it loud, say it proud» («Dis-le haut et fort, dis-le avec fierté», plus ou moins) est plus que jamais d’actualité. Un dicton que Jennifer Lawrence a fait sien, en apparaissant en couverture du Vogue allemand de février avec le fameux t-shirt. La Katniss Everdeen de Hunger Games fait partie de cet aréopage de stars qui ont osé prendre la parole.

    Lorsque j'ai appris à quel point j'avais été moins payée que les heureux possesseurs de pénis, je n'ai pas été fâchée contre Sony, racontait-elle dans une lettre ouverte après le scandale des Sonyleaks. J'ai été fâchée contre moi-même. J'ai échoué en tant que négociatrice parce que je ne voulais pas que l'on me voie comme difficile ou gâtée (...) J'en ai marre d'essayer de m'exprimer d'une façon qui ne froisse personne, quand clairement aucun homme ne se pose ce genre de limite. Nous sommes conditionnées pour ne pas faire de vagues.


    © Otherwild

    Outre la défense de l’environnement, pour Vivienne Westwood, et le féminisme, pour Jennifer Lawrence (et bien d’autres), ce moyen «vestimentaire» de faire passer un message s’est répandu loin à la ronde. Avec les affaires de violences policières sur des personnes afro-américaines, le slogan «Black Lives Matter» s’est retrouvé lui aussi sur la poitrine de toute une communauté, mais pas seulement. Autre combat: les droits des personnes LGBT. Là encore, la couleur arc-en-ciel et les slogans se sont retrouvés imprimés sur de nombreux vêtements.


    © Etsy

    Ouvrir son armoire, enfiler son t-shirt ou un sweat, voire accrocher une maxi-broche: désormais, plus besoin de grimper sur une estrade et de saisir un porte-voix, ni de publier une lettre ouverte dans un grand quotidien pour faire savoir autour de soi (et pas seulement par écran interposé) que l’on a un avis, et qu’on a envie de le défendre. Demain, nous serons tous militants.


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