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Mystérieuse, sophisitiquée, l’orchidée inspire les labos. Rien d’étonnant à cela, cette belle plante n’est pas aussi fragile qu’il n’y paraît. Elle présente même une résistance qui ne pouvait que capter l’attention des pros de l’anti-âge.
«L’orchidée a quelque chose à nous apprendre, non seulement du règne végétal mais aussi de la création tout entière.» Lorsque le responsable du programme de recherche agronomique de Guerlain et ethnobotaniste François Gérard évoque l’orchidée, son enthousiasme se fait débordant. Normal, ce joyau végétal est son champ d’investigation et sa passion. Souvent qualifiée d’«impératrice» des fleurs, cette plante raffinée passe pour la plus évoluée du monde végétal. On en compte trente mille espèces disséminées un peu partout dans le monde.
Née dans la jungle, capable de se faire à tous les terrains, de s’adapter aux changements environnementaux et climatiques, elle a poussé plusieurs grandes marques à s’intéresser à ses mécanismes de défense. Alors que la Recherche Chanel, elle aussi sur les rangs depuis quelques années, vante les atouts d’une variété issue de Madagascar dont elle purifie un extrait ultrarégénérant, François Gérard célèbre un «triangle d’or» spécialement prolifique. Il recouvre la Birmanie, le Nord de la Thaïlande, le Laos et surtout la province de Yunnan, au sud-ouest de la Chine. La diversité des reliefs et des climats y a concentré une variété d’espèces végétales beaucoup plus riches qu’ailleurs. C’est là que Guerlain a choisi d’installer sa réserve naturelle d’orchidées et de créer des espaces de jungle cultivés afin de développer la culture de l’orchidée dans son milieu naturel. Le programme inclut aussi une aide à la reforestation tropicale qui consiste à replanter des arbres en zone irriguée. Plantations évidemment enrichies en orchidées. «A ce jour, cinq à six cent espèces ont été identifiées, précise l’ethnobotaniste. On vient encore d’en repérer une qui serait d’ailleurs moins coûteuse à produire parce qu’elle pousse aussi bien sur les arbres, que dans le sol ou au milieu de cailloux. Elle a donc une capacité d’adaptation extraordinaire. Mais le coût de la matière première n’est pas notre priorité. Ce qui compte ce sont ses actifs et leurs pouvoirs.»
Des actifs dont la qualité justifie le prix, celui-ci pouvant se voir multiplier par dix au gré des produits. Et François Gérard de faire remarquer qu’il n’existe pas, dans le monde, une orchidée à moins de 5 ou 6 euros (de 7 Sfr. 50 à 9 Sfr. environ). Très longues à produire, sept ans en moyenne, ces fleurs coûtent cher. «Un soin à quelques dizaines de francs ne peut contenir de l’orchidée de qualité supérieure. Il ne peut s’agir que d’un extrait de vanille», précise le chercheur. Or, celle-ci appartient à la famille des orchidées mais n’en possède pas du tout les pouvoirs régénérants.
Faire parler les molécules
Dans son unité de recherche, François Gérard et son équipe mènent toutes les expériences nécessaires à la compréhension de leur biologie. Une cinquantaine d’espèces sont l’objet de toutes les attentions, regroupées dans un biotope identique à celui de leur habitat originel, sous 500 m2 de serres. Le but est de sélectionner des échantillons des plantes les plus prometteuses, d’optimiser, voire d’augmenter, leurs principes actifs afin d’en tirer le meilleur parti dans des crèmes anti-âge. Dans une plante il y a des métabolites primaires, molécules communes à tous les végétaux qui les aident à vivre et puis les secondaires qui permettent à la plante de résister à un milieu ou un fonctionnement particulier: elles contribuent à la lutte contre les parasites, les agressions de tous genres. C’est elles qui intéressent les scientifiques.
Une sorte d’élixir
«Nous avons porté une attention toute particulière à la Vanda coerulea, précise le maître de l’orchidarium. «Elle pousse dans la cime des arbres, entre 60 et 70 m du sol, et nous nous demandions comment, quasi sans nourriture, elle survivait. On s’est donc dit qu’elle devait avoir une capacité de transmutation: transformer un élément chimique en un autre.» C’est alors qu’intervient un pôle phytochimie, laboratoire fondamental installé au cœur de la faculté de Pharmacie de Strasbourg, où, par des techniques sophistiquées d’extraction, de fractionnement, d’isolement, les molécules intéressantes sont répertoriées, puis testées sur des cellules cutanées afin d’en mesurer les propriétés. Vertus anti-âge globales comme c’est le cas dans la toute nouvelle crème Orchidée Impériale que Frédéric Bonté, docteur en sciences pharmaceutiques, à la tête de la Recherche Guerlain, qualifient d’exceptionnelles. Cet extrait dernière génération interviendrait, selon lui, sur les mécanismes fondamentaux de la longévité pour agir sur tous les signes de l’âge.
Petits soins à l'orchidée
Orchidée Vitale, extrait d’orchidée et protéines de soja,
spécial peaux matures, Garnier, 19 Sfr. 90 les 50 ml.
La question: que penser de l’extrait végétal?
Orchidée Impériale, soin complet
anti-âge, Guerlain, 530 Sfr. les 50 ml.
Le plus: toute la recherche et la matière première.
Sublimage, crème texture suprême pour densifier et
apporter de l’éclat, Chanel, 436 Sfr. les 50 ml.
Le plus: la texture, comme son nom l’indique.
L’expert
Ethnobotaniste de renommée mondiale, défenseur des plantes menacées, François Gérard étudie les orchidées au quotidien. En tant que responsable du programme de recherche agronomique lancé par Guerlain (première maison à s’intéresser à cette famille de plantes dès l’an 2000), il dirige l’orchidarium, un jardin expérimental installé en bordure de Genève. Plus précisément à Troinex, hébergeant l’entreprise Verdonnet-Bouchet. Détentrice du fameux label hollandais MPS (programme pour le milieu de l’horticulture ornementale) reconnu dans plus de vingt-cinq pays, cette entreprise s’est engagée à utiliser très peu de produits chimiques, à recycler l’eau, à économiser l’énergie. Une philosophie que partage la marque.
Bien plus que décoratives
Utilisés pour leurs vertus médicinales et diététiques dès l’antiquité, les extraits d’orchidées ont des vertus souvent méconnues. A la fin du XIXe siècle, des chimistes découvrent leur teneur en alcaloïdes, proches de la morphine. En Amérique latine, on s’en sert comme remède contre la goutte et les rhumatismes. En Chine, l’un de ses extraits a la réputation de combattre la fièvre, tandis que les Vietnamiens exploitent les feuilles broyées de la dendrobium pour soigner les maux d’oreilles. Très connue des Asiatiques et des Chinois, cette espèce a aussi la réputation d’être un formidable dispensateur d’énergie. En Roumanie, le bulbe d’une orchidée est exploité en macération pour ranimer les ardeurs masculines. Enfin François Gérard évoque même la capacité d’un extrait d’orchidée à ressouder les os.























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