Portrait de quatre femmes qui ont pris leur destin en main et créé leur entreprise avec l’aide de Microcrédit Solidaire Suisse. Et de lancer, par la même occasion, le deuxième Prix Femina de la micro-entrepreneuse. Comme ces quatre femmes, vous pouvez réaliser votre rêve d’indépendance!
N’avez-vous jamais songé à fonder votre entreprise? Comme un rêve, le soir venu, la tête sur l’oreiller ou au bureau, regardant au loin par la fenêtre… N’avez-vous pas rêvé, ne serait-ce qu’une fois, d’être votre propre patron? Un patron au service d’un métier qui vous ressemble. Nombre de Suissesses ont d’ores et déjà décidé que cela n’était pas de la science-fiction. Pour y arriver, nul besoin d’un grand bond dans l’inconnu, genre Neil Armstrong sur la lune.
Microcrédit Solidaire Suisse (MSS) œuvre concrètement afin que les entrepreneurs en herbe lancent entreprises à leur pied, quand les banques classiques rechignent à financer ces desseins portés à bout de bras et d’âme. Un gage d’épanouissement personnel, mais aussi d’indépendance et d’affirmation de soi. Croyant en ces valeurs, Femina est partenaire de MSS et organise pour la deuxième année consécutive le Prix de la micro-entrepreneuse, destiné à couronner la création d’une entreprise au féminin. En 2011, c’est Véronique Burket, vigneronne valaisanne tombée amoureuse de ses cépages après plusieurs années passées dans la banque, qui a remporté ce prix. Comme elle, vous pouvez devenir une ambassadrice Femina. Vous serez alors exemptée, une année durant, des intérêts du prêt qui vous sera consenti par MSS pour vous lancer. Vous hésitez? Voici l’histoire de quatre Romandes qui ont osé. Un, deux, trois… entreprenez!
Marianne Schneeberger
- Entreprise: Boutique-atelier Aquarelle à la carte
- Spécialités: Cours d’aquarelle, vente de livres pour enfants et café-pâtisserie
- Création: Décembre 2010
- Lieu: Cressier (NE)
- Site web: A venir
- Situation: 45 ans, mariée, trois enfants
- Prêt de départ: 4000 Sfr.
Sa passion
C’est aux Pays-Bas, où elle et son mari résidèrent pendant cinq ans, qu’elle découvre l’aquarelle. Et de se lancer dans une formation d’illustratrice. A son retour en Suisse, en 1992, elle suit des cours à l’Ecole d’art de La Chaux-de-Fonds. Le temps passant, ses expériences plastiques se diversifient: cours de peinture, cartes postales qu’elle vend à domicile et livres pour enfants entièrement composés de sa main. Si l’inspiration ne lâche jamais Marianne, l’espace vient à lui manquer. «Je cherchais un local où concentrer toutes mes activités pour plus de cohérence.»
Son projet
Récemment, la famille est amenée à déménager. «Pour des raisons affectives, nous voulions rester à Cressier, et puis j’ai eu un coup de foudre pour un ancien restaurant, une très vieille bâtisse de 1560.» Elle s’imagine déjà y créer son atelier-boutique. Reste un détail: l’emprunt consacré à l’achat de la maison ne permet aucun extra de ce genre. Pourtant rien ne l’arrête. «Je voulais que cette démarche soit mienne, à mon nom. Mais les banquiers ne me prenaient pas au sérieux. Et puis j’ai lu un article de Femina parlant du microcrédit.» Après un mois de démarches, MSS lui donne son feu vert pour Aquarelle à la carte. Elle peut désormais accueillir des groupes pour ses cours de peinture, et vient même de fonder un petit café-pâtisserie «pour régaler les clients et garder un lien avec le restaurant qui se trouvait là».
Ses impressions
Bien que le dossier pour obtenir le microcrédit soit exigeant, Marianne reconnaît que tout est fait pour épauler les candidats. «Ils proposent l’aide de comptables et d’analystes bénévoles, c’est un encadrement très rassurant. Sans oublier que ma famille m’a soutenue.» Aujourd’hui, elle pense exposer régulièrement les œuvres de ses élèves, et pourquoi pas, mettre sur pied des après-midi lecture pour les enfants.
Anne Freymond
Entreprise: Nouschine and Sons
Spécialité: Boutique en ligne de jouets et d’habits pour enfants
Création: Novembre 2010
Lieu: Grandson (VD)
Site web: www.nouschineandsons.com
Situation: 40 ans, mariée, deux enfants
Prêt de départ: 17 000 Sfr.
Sa passion
Professeure d’histoire de l’art et photographe talentueuse, Anne n’est pourtant pas une rêveuse. C’est une femme plutôt à la pointe, connectée avec la planète entière et qui a su organiser tout son univers personnel autour d’internet. Elle a découvert les blogs lors de son Master réalisé à Berne. Et elle a évidemment créé le sien. Elle y parle de créateurs étrangers, évoquant ses coups de cœur en matière de mode, ou de son expérience de jeune maman. «Après mon accouchement j’ai réduit mon taux d’activité à 50%. En dégageant du temps, j’ai pu retrouver ma fibre créative. La petite communauté qui s’était créée autour de mon blog m’a d’ailleurs encouragée à poursuivre l’aventure.»
Son projet
La suite, ce fut cette idée de boutique en ligne. Anne désirait proposer à la vente les productions qu’elle affectionnait déjà sur son blog: des vêtements pour petits anges, des objets design simples et poétiques. Sauf qu’à ce stade du projet, les banques s’avèrent frileuses. «Elles ne voulaient pas s’embêter avec un crédit si bas. Des amis nous ont parlé du microcrédit. Ils y avaient eu recours et en disaient beaucoup de bien.» MSS est séduit par l’univers de la jeune femme. En quelques mois, la boutique online devient réalité. «Je privilégie la qualité à la quantité, le côté authentique, car ce n’est pas qu’un business. Mon but est surtout de faire connaître les créations de gens talentueux que j’ai repérés sur le Net.» Et la démarche semble beaucoup plaire. Récemment, Anne a même envoyé des paquets à Hongkong et au Canada.
Ses impressions
A l’instar d’autres demandeurs d’un microcrédit, Anne avoue que la partie chiffrée du dossier n’est pas la plus facile à réaliser. «Il faut montrer patte blanche, mais c’est tout à fait normal. De mon point de vue, l’œuvre de cette fondation est un acte généreux.» Et lorsqu’on l’interroge sur l’éventualité d’un magasin logé dans des murs solides, elle hésite: «Une vraie boutique serait plus difficile à gérer. Je ne sais pas si je sauterais le pas, car je suis toujours enseignante, et j’ai trouvé un certain équilibre ainsi.»
Emilia Keller
Entreprise: Boutique Anne-Flore
Spécialités: Fleuriste et vente d’accessoires de déco
Création: Juin 2006
Lieu: Bulle
Site web: à venir
Situation: 49 ans, mariée, trois enfants
Prêt de départ: 25 000 Sfr.
Sa passion
Entre Emilia et les fleurs, c’est une romance de longue date. Plus qu’un art de vivre, un besoin vital de transformer chaque pièce de la maison en serre tropicale ou en jardin suspendu... «Je réalisais beaucoup d’arrangements floraux pour des fêtes. C’était une manière de décorer des espaces intérieurs, mais surtout un grand plaisir pour moi. Je recherchais vraiment ce contact avec les plantes.» Au travail pourtant, les féeries végétales ne sont pas au programme. Pendant de longues années, Emilia a un emploi de vendeuse. Après différentes expériences sans fleurs dans son quotidien, elle réalise que cela lui manque.
Son projet
Le truc avec les passions, c’est que souvent, elles sont hautement contagieuses. Et que si l’on est parent, les enfants finissent par attraper le virus. «Ma fille a passé un CFC de fleuriste. Je crois que j’ai su lui transmettre cet amour des plantes très tôt.» Le parcours de sa progéniture réveille des envies enfouies trop longtemps. «Créer ma propre boutique, c’était le rêve absolu pour moi. Du coup j’ai décidé de me lancer, enfin.» Elle prend une trentaine de cours pour parfaire son art. Mais en dépit de l’euphorie, les choses ne sont pas si simples. Notamment en ce qui concerne les finances. «J’avais 44 ans à l’époque et je reprenais tout de zéro. Dans ces conditions, ce n’est pas facile d’aller demander de l’argent.» Mais des amis lui parlent du microcrédit. Un an plus tard, Emilia se retrouve à la tête de son propre magasin. Elle a même pu embaucher deux employées, dont sa fille. La boucle est bouclée!
Ses impressions
Aujourd’hui, elle a terminé de rembourser le microcrédit. Et autant dire qu’elle ne regrette pas une seconde. «Après avoir travaillé depuis l’âge de 16 ans pour quelqu’un d’autre, je me sens épanouie avec ma boutique. Je pourrais faire 150?heures par semaine! Lorsqu’on bosse pour soi, on ne compte pas... Et avec le recul, je trouve que je me suis pas mal débrouillée.»
Marie-Christine Aubert
Entreprise: Boutique-galerie Différemment
Spécialité: Vente d’objets d’art et d’artisanat
Création: Décembre 2006
Lieu: Orbe
Site web: www.entrecieletterre.org
Situation: 49 ans, mariée, 3 enfants
Prêt de départ: 10 000 Sfr.
Sa passion
Tout part d’un coup de cœur pour un local. En découvrant qu’il est en vente, Marie-Christine envisage tout de suite d’y recréer son univers, elle l’artiste dans l’âme qui sculpte et présente parfois ses œuvres. Mais là, pas question de monter une boutique autour de sa propre personne. Ce qu’elle veut, c’est proposer les créations d’artisans et d’artistes régionaux. Une sorte de galerie conviviale, accessible à tous les clients, pour laquelle un portefeuille garni et un costume ajusté ne seraient pas les traditionnels prérequis. Confortée dans sa fougue par l’une de ses filles, elle fonde Différemment avec ses deniers à elle. Des débuts moyennement concluants: «Nous avions pas mal de journées blanches, sans aucun client.»
Son projet
Elle cherche alors à emprunter de l’argent pour une plus grande souplesse financière. C’est une copine qui lui donne l’idée du microcrédit. Son dossier sera validé au bout de six semaines. «MSS a fait une exception pour moi, car d’habitude, ils n’interviennent que sur des projets en gestation. Ce fut un grand chambardement, une fête pour moi. J’ai reçu cette acceptation comme la reconnaissance de tout ce que j’avais mis sur pied.» Aujourd’hui, Marie-Christine expose une trentaine d’artistes, organisant des vernissages régulièrement. Elle et sa fille ont même suivi une formation de vente, dans la foulée. «Cela nous a aidées à être plus sûres de nous.» Et puis, il y a son apprentie, pour laquelle elle s’investit tant: «Sa réussite est mon objectif principal en ce moment.»
Ses impressions
«J’ai appris à ramer dans le sable et les cailloux, maintenant je suis rodée! Même si à l’heure actuelle, je ne me dégage aucun salaire, le risque d’avoir à fermer dans l’année s’est dissipé, et j’ai des achats quotidiens dans ma boutique. Les gens qui choisissent cette voie savent qu’ils doivent être en mesure de sacrifier certaines choses.»
Participez!
Vous aussi êtes prête à vous mettre à votre compte en créant une micro-entreprise? Si vous le faites cette année et que vous obtenez un prêt auprès de Microcrédit Solidaire Suisse, alors vous pourrez vous porter candidate pour le
PRIX FEMINA 2012 DE LA MICRO-ENTREPRENEUSE ROMANDE
La remise de cette deuxième édition du Prix aura lieu au printemps 2012. En janvier 2012, une présélection de cinq candidates aura été présentée dans nos pages et ce sont les lectrices de Femina qui éliront le projet d’entreprise qui leur paraîtra le plus intéressant. L’élue fera l’objet d’un grand article dans le magazine, et les lectrices pourront ensuite suivre au fil des mois l’évolution de sa petite entreprise.
En outre, la lauréate bénéficiera:
- d’une remise de l’intérêt du prêt pour la première année.
- d’un espace promotionnel pour son entreprise dans le magazine Femina.
Conditions de participation: être résidente en Suisse romande et y lancer sa micro-entreprise; avoir obtenu un prêt auprès de MSS avant le 31 décembre 2011.
Tous les renseignements pratiques et formulaires à remplir sont à disposition sur le site www.microcredit-solidaire.ch


























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