Enquête crépusculaire dans le sud-ouest de l’Angleterre.
L’ambiance: Glauque, comme le fond des carrières submergées que sonde le sergent «Flea» Marley, chef de la brigade de recherche et d’intervention subaquatique de la police de l’Avon et du Somerset. Dans les collines pluvieuses de cette région, les gens semblent englués dans leurs secrets et leurs histoires personnelles sont plus sombres que l’âme d’un psychopathe.
Le scénar: Flea est un surnom qui veut dire puce, allusion au physique light de l’héroïne. Pour surmonter ce handicap, la minifliquette de 29 ans court quinze kilomètres par jour, s’épuise à soulever de la fonte dans une salle de sport et cultive une attitude de garçonne rebelle et revêche. Son job: plonger pour retrouver des cadavres putréfiés. Ça calme. Mais l’enquête sur ces homicides, c’est le commissaire adjoint Jack Caffery qui la mène, personnage récurrent des romans de Mo Hayder, tout comme Flea. Cette fois, la femme d’un célèbre joueur de football local a disparu. Un cadavre est retrouvé au bord d’une voie ferrée, mais ce n’est pas le bon. Meurtre, suicide, légiste et inspecteurs s’affrontent. Au final, c’est une histoire de peau qui permettra d’assembler toutes les pièces du puzzle comme une création monstrueuse du Dr Frankenstein.
L’auteure: C’est le sixième roman de la Londonienne Mo Hayder. Née en 1962, elle a mené une jeunesse plutôt rock’n’roll entre l’Angleterre, le Japon et les Etats-Unis. Elle y a exercé des métiers variés comme barmaid, éducatrice, prof d’anglais ou garde du corps, avant de suivre des études de cinéma. Ses films étant trop gore pour plaire au grand public, Mo s’est donc tournée vers l’écriture. Son premier roman sorti en 2000 l’a placée d’emblée aux côtés des reines du polar, Elizabeth George, P.D. James ou Patricia Cornwell. Les lectrices de Elle lui ont attribué le Grand prix littéraire catégorie policier en 2006 pour son roman Tokyo. Mais comment une femme peut-elle imaginer des histoires aussi sordides?
La phrase: «La plupart des hommes d’âge moyen, y compris ceux qui vivent seuls au fin fond du Somerset, n’auraient jamais l’idée de se demander à quoi pourrait bien ressembler une femme sans sa peau.»
Skin, Mo Hayder, Ed. Presses de la Cité, 369 p























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