Loving Frank, un roman de Nancy Horan

Au départ, il y avait les lettres. Mamah les écrivait à la chaîne, adressées à ses enfants, à sa sœur...

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Au départ, il y avait les lettres. Mamah les écrivait à la chaîne, adressées à ses enfants, à sa sœur. Elle y racontait son voyage en Europe et aussi les raisons pour lesquelles elle avait quitté son époux et sa famille pour vivre librement son amour pour l’architecte visionnaire Frank Lloyd Wright. A partir de ce matériau brut – et aussi de quelques reconstitutions historiques – la journaliste américaine Nancy Horan a romancé la passion amoureuse qui a fait scandale dans le Chicago du début du siècle dernier.

Le livre se dévore d’une traite, tant est intimiste, passionnante, la plongée dans cette relation qui aspirait au sublime. Elle, Mamah Borthwick, intellectuelle engagée dans la cause féministe, voulait se prouver qu’une femme pouvait s’accomplir en dehors de la maternité. «Etre mère ne suffit pas: même une huître peut être mère», citait-elle une Charlotte Perkins Gilman. Elle a payé ses aspirations au prix fort, traînée dans la boue par la presse à scandale et éloignée de ses enfants. Lui, c’était l’architecte du futur, qui réinventait le rapport entre la nature et le construit – mais ambitionnait aussi de faire souffler un vent neuf dans l’esprit des gens.

Leur quête s’est avérée narcissique et destructrice, mais ce sont des gens passionnés comme eux qui font tourner (un peu) le monde.

Loving Frank, de Nancy Horan. Traduit de l’américain, Ed. Buchet-Chastel, 539 p.

 

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