Barococo, un roman japonais de Yu Nagashima

Adeptes de romans à rebondissements, fuyez ce bouquin tout en atmosphères et impressions!

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Brocante en délire. L'univers de Nagashima Yu, maître du mystère.

Pour qui c’est? Adeptes de romans à rebondissements, fuyez ce bouquin tout en atmosphères et impressions! Si le narrateur court après quelque chose, c’est après lui-même. Un livre qui ravira les fans de l’écrivain japonais Haruki Murakami.

Il se passe quoi? On suit le narrateur, un type qui flotte entre deux eaux. Il a accepté le poste un peu improbable d’employé temporaire dans une brocante, le Barococo, boutique spécialisée dans les antiquités européennes. Il est logé dans une pièce au premier étage, qui sert aussi de dépôt. Une situation provisoire qui dure… le temps d’une poignée de rencontres avec des personnages parfois un peu frappadingues, souvent à l’ouest mais toujours touchants. Il y a Mizue, la voisine qui roule en cyclomoteur et passe le plus clair de son temps affalée sur un divan vintage dans le magasin, repartant toujours sans rien acheter. Yuko, la petite voisine qui mène une vie un peu trouble. Sa sœur, Asako, étudiante en art, qui construit des boîtes en petite tenue au cœur de l’hiver dans la cour de la maison voisine. Françoise, une Française, amie (mais ne serait-ce pas plutôt une ex?) de l’antiquaire et fan de sumo. L’antiquaire lui-même, dont on se demande de quoi il vit, étant donné que les clients ne se pressent pas dans ses boutiques.

Qui parle? Mais le personnage central, celui par qui tout arrive, c’est le narrateur. Non parce qu’il s’agite plus qu’un autre, mais parce qu’il sait particulièrement bien être là, d’une totale disponibilité, l’œil à l’affût et l’oreille en alerte. De lui, on ne sait pas grand-chose: il vit la nuit, essaie de ne pas trop dormir car cela rend mélancolique, n’est pas du matin. On ne saura jamais son nom. Une fois, quelqu’un l’interpelle au détour d’une page. Le lecteur frémit: va-t-il enfin apprendre qui lui parle? Et puis non. En fin de compte, ça n’est pas si grave. Car lorsqu’il s’agit d’entrer dans un personnage, de décider si l’on n’y croit ou non, le regard qu’il porte sur ce qui l’entoure est plus déterminant que de savoir s’il s’appelle Pierre, Paul ou Haruki.

Barococo, Yu Nagashima, Ed. Philippe Picquier, 253 p.

 

«Je respecte l’idée qu’il faut privilégier les relations et les liens quelle que soit la situation, mais dans les faits, quand on me parle en grommelant, je finis par perdre courage.» (p. 86)

 

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